lundi 20 janvier 2020

Chefs d’œuvre du 7ème art - La ligne verte



Paul Edgecomb, un ancien gardien-chef du pénitencier de Cold Mountain, chargé des détenus condamnés à la peine capitale, se souvient, depuis sa maison de retraite, de l’époque où il fit la connaissance du colosse John Coffey. Incarcéré, car jugé coupable du meurtre de deux petites filles, John Coffey n’est pourtant pas un détenu comme les autres. Très doux, il détient un pouvoir extraordinaire dont il ne tarde pas à faire la démonstration à Paul et à ses collègues. L’arrivée de John Coffey et les évènements qui vont suivre vont changer leurs existences à jamais.

Seconde réalisation de Franck Darabont, dont le premier film, Les évadés, également interprété par Tom Hanks, avait créé la surprise, La ligne verte est ladaptation dun roman-feuilleton du maitre de lépouvante Stephen King, lequel roman est à mettre à part dans son œuvre. Ni revenants, ni zombies, ni cascade de séquences dhorreur ici mais une incursion dans un récit très classique dune dimension surnaturelle voire mystique, aux frontières du religieux, avec le personnage extraordinaire de ce géant à la peau débène capable de faire des miracles. Dont larrivée, au début du récit, dans ce triste couloir de la mort, va produire sur le plan narratif une succession de séquences étonnantes, et pour certaines inoubliables.

La figure de John Coffey, innocent accusé à tort portant sur ses épaules toute la misère du monde, et qui ressent dans sa chair le mal autour de lui, nest pas sans évoquer la figure dun autre condamné, un certain Jésus Christ. Capable de soigner les maladies et de ressusciter les morts, John Coffey va, par sa seule présence, apaiser latmosphère lourde qui règne dans le bloc E. Son aptitude à prendre sur lui tous les péchés et les malheurs du monde va humainement et spirituellement marquer à vie le personnage magnifiquement interprété par Tom Hanks, et le faire grandir dans lamour de son prochain. Et c’est bien cet épisode de son lointain passé qu’il fera surgir de sa mémoire comme étant l’instant le plus inoubliable et le plus bouleversant de sa très longue vie.

Superbe plaidoyer contre le racisme et contre la peine de mort, contre laquelle le film s’érige discrètement en humanisant les figures des condamnés suppliciés, La ligne verte est aussi un huis-clos intimiste sur un univers carcéral magistralement recréé autour de valeurs humanistes puissantes. Assumant le manichéisme de ses personnages, le film fut à sa sortie taxé de démagogique par certains critiques toujours prompts à railler les gouts du public pour le sentimentalisme tire-larmes d’un certain cinéma américain n’aimant rien tant que faire triompher le bien du mal. Qu’importent ces haussements d’épaules ! Avec vingt ans de recul, on peut de soi-même faire à nouveau l’expérience de la réelle efficacité de ces trois heures gorgées d’émotion qui filent à toute allure, portées par un casting haut de gamme et une histoire profondément originale qui n’a avec le temps rien perdu de sa force et de sa beauté.




Aucun commentaire:

Publier un commentaire