samedi 25 janvier 2020

Chefs d’œuvre du 7ème art - La couleur pourpre



En 1908, dans une communauté noire de Georgie, deux soeurs, Celie (quatorze ans) et sa cadette, Nettie, vivent avec « Pa », leur beau-père. Celui-ci a engrossé Celie deux fois et l'a privée de ses enfants. Albert, un veuf père de trois gosses, voudrait épouser Nettie mais « Pa » lui offre Celie, laide, soumise et désormais stérile. Au printemps 1909, Nettie fuit son beau-père trop entreprenant et s'installe chez Celie et Albert. Elle incite sa soeur à s'opposer à la tyrannie de son mari, lui apprend à lire. Albert, furieux, chasse Nettie et cache les lettres qu'elle écrit à Celie. Les deux soeurs ne se reverront qu'à l'automne 1937.

Adaptation du roman éponyme d'Alice Walker récompensé par le prix Pulitzer, La couleur pourpre marque la première incursion de Steven Spielberg, juste après un second Indiana Jones qui ne lui apporta pas toute satisfaction, dans un cinéma adulte dépourvu de tout effet spécial. En quête d'une forme de reconnaissance de ses pairs, cherchant à se prouver qu’il était également capable de réussir de grands films classiques et se défaire progressivement d'une étiquette de spécialiste de l'entertainment pur, Spielberg ancra La couleur pourpre au sein de la communauté noire du sud des Etats Unis dans le premier tiers du XXème siècle. Son film, très apprécié par le public, connut des avis critiques contrastées, et échoua à remporter le moindre oscar à la surprise générale.

Victime d'un beau-père violent puis d'un époux infidèle qui l'utilise comme une bonne à tout faire et l'humilie en permanence, Celie va progressivement apprendre à s'affranchir de l'étouffant carcan dans lequel les hommes de sa communauté régie par le patriarcat l'auront enfermée, reproduisant sur elle le processus esclavagiste duquel ils avaient été affranchis.

Confondue dans un premier temps avec un authentique chemin de croix sans issue– victime de viols, enlèvement de ses enfants, séparation d'avec sa sœur adorée, soumission à son époux, violences conjugales etc. … -, la vie de Celie va progressivement se transformer de fond en comble grâce à deux rencontres décisives avec deux femmes afro-américaines ayant conquis leur liberté de haute lutte, qui l'une comme l'autre vont lui apprendre et lencourager à se défaire des chaines de servitude qu’on lui a mises depuis l'enfance de force aux pieds. Dans la seconde partie de ces 2h50 bouleversantes, Celie découvrira le plaisir sexuel et le féminisme chez chacune d’entre elles, s’affirmera, se rebellera, pour enfin devenir une femme libre.

Mélodrame aussi flamboyant que poignant, magnifiquement éclairé par de superbes plans de couchers de soleil et par une partition musicale inspirée signée Quincy Jones, La couleur pourpre doit énormément à son interprétation, à commencer par la toute jeune Woopi Goldberg, jeuneactrice comique ici révélée dans un rôle on ne peut plus tragique, et dont l'humanité frémissante et les regards éclairés bouleversent. Au fil de l'ouverture de Celie à la vie et au plaisir, le film devient un manifeste humaniste universel pour la liberté et la dignité de vivre et un plaidoyer pour la solidarité entre toutes les femmes.


1 commentaire:

  1. Merci beaucoup pour nous faire partager vos chefs d'oeuvre du 7ème art, je ne demande qu'à les découvrir car j'aime les beaux films. J"espère que vous allez bien ainsi que votre chère Light, bonne continuation à vous deux, recevez toute mon amitié.

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