jeudi 7 février 2019

Les psycho-rigides

3 commentaires:

  1. Bonjour Christophe,

    L’essentiel de ce que vous exposez là est tristement exact au niveau du tableau clinique. Il en est de même du comportement de ces gens lorsqu’ils sont confrontés à une dégradation majeure de leurs conditions de vie ou à une nouvelle donne qui les dépasse : ils se liquéfient et sont incapables de prendre les décisions conservatoires qui s’imposent. Je ne dis pas moi-même cela en m’érigeant en correcteur de votre copie, non, sûrement pas, mais simplement en témoin quotidien endolori d’un demi-siècle de ce genre de phénomène (qui potest capere capiat). C’est pourquoi je pense pouvoir être en mesure d’apporter quelques compléments.
    On ne peut y parvenir que si l’on s’échappe du carcan de la psychologie moderne dont vous faites ici usage, jusque dans le terme « psycho-rigide », de la cécité du comportementalisme, qui ignore délibérément le bien et le mal, pour ne voir que des phénomènes que l’on modifiera éventuellement avec d’autres phénomènes comme lorsque l’on règle une mécanique.
    Ces pauvres gens – et il faut cependant les aimer, i. e. vouloir leur bien : c’est ça l’amour des ennemis enseigné par Jésus – s’adonnent à ce que la théologie catholique traditionnelle appelle « l’amour désordonné de soi-même », et, comme leurs limitations d’êtres contingents (que nous sommes tous) s’y oppose, au lieu de les accepter et de courageusement et humblement faire pour le mieux avec, ils les refoulent (!) et se construisent un petit monde fictif dont ils seront les maîtres et dont ils défendront bec et ongles la façade. Parfois jusqu’au crime. Ce sont souvent les mêmes que l’on retrouve sous l’appellation de « pervers narcissiques » dans la taxinomie du matérialisme athée.
    En effet, il a un bon amour de soi-même, légitime et qui est même un devoir, et par lequel on cherche par exemple à se maintenir en bonne santé. C’est un amour qui est ordonné, car conforme à l’ordre des choses voulu le Créateur. L’amour de soi-même devient désordonné lorsqu’il tend à sa glorification propre. La racine, comme celle de tout mal en est évidente : c’est l’orgueil. Mais ce terme est banni aujourd’hui, on parle d’égo, c’est purement anatomique.
    A cet égard, il n’est pas niable que l’hérédité joue un rôle important dans sa transmission d’une génération à l’autre. Il en est de même pour les autres traits de caractère. Alors, que faire ?
    La réponse semble inconnue de nos modernes « psy » qui ne connaissent très logiquement que les produits chimiques et la coaction plus ou moins violente … en attendant l’élimination pure et simple. Il y en a pourtant une, de réponse, qui s’apprenait naguère au catéchisme. Dès l’âge de raison, vers 7 ans, on expliquait aux enfants que tous, nous naissons avec des tendances bonnes et d’autres mauvaises. Par exemple, être courageux mais enclin à la gourmandise. Eh bien, les petits hommes bonae voluntatis, de bonne volonté, mettaient tout leur cœur pour combattre ce mauvais penchant en mettant leurs qualités à contribution. Bien-sûr il peut y avoir, il y a, des ratées, mais on ne s’avoue pas vaincu pour autant et on persévère. Hélas, cette éducation authentique n’est plus guère possible passé un certain âge car l’orgueil de la vie (saint Jean) a trop endurci les coeurs. Il avait fallu des siècles pour christianiser les peuples païens. D’un simple point de vue social – et ce n’était pas le but, seulement une conséquence -, la perte est inestimable.
    Fussions-nous les derniers, il faut cependant continuer vaille que vaille à faire le bien et éviter le mal ; nous ne serons pas jugés sur le résultat, mais sur les seuls moyens.

    κύριε ελέησον

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    1. Bonsoir.Je partage entierement vos 2 analyses. Aimer l'autre mais lui apprendre aussi a aimer ? Non?

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