lundi 5 novembre 2018

Affaire Khashoggi, un roman de John Le Carré




L’affaire Khashoggi, ce journaliste saoudien du Washington Post, celui qu’on nous présente comme un ami des démocraties, pro Frères Musulmans, partisan et propagandiste d’un islam politique radical, n’en finit pas de délivrer quotidiennement de nouveaux épisodes. 

Tandis que de concert, Washington, Londres, Paris et Berlin tonnent de la voix et brandissent des menaces en carton contre leur allié MBS, on nous raconte que des nettoyeurs à la Léon de nationalité saoudienne avaient été dépêchés quelques jours après l’assassinat à Istanbul afin d’effacer les preuves. L’information est de source turque, précisons.

L’Arabie Saoudite est dans le pétrin devant cette affaire Skripal à la puissance dix qui occupe le devant de la scène diplomatique actuelle. Empêtrés jusqu’au cou, les Saoud, notamment dans leurs contradictions ! On nie l’implication puis on la reconnaît, on parle d’erreur de service lourde – en l’occurrence des services secrets saoudiens. On arrête sur son propre sol des suspects en nombre, on met un genou à terre devant Ankara, on se dit tout à fait prêt à collaborer à l’enquête ouverte par les turcs. Bref, on est dans ce qui s’appelle le mode réactif. On réagit à des évènements dont on subit les conséquences sur plusieurs fronts.

Que l’Arabie Saoudite soit une dictature épouvantable, que MBS et les siens aient du sang sur les mains – ne serait-ce qu’au Yémen ou les crimes contre l’humanité se multiplient sans qu’on en arrive au centième du scandale déclenché par l’assassinat atroce d’un et un seul individu -, cela ne pose pas question, les faits sont là. Et ces faits gravissimes, prouvés, eux, n’ont jamais empêché Paris, Berlin, Washington et Londres d’être de fidèles alliés, de dérouler le tapis rouge à MBS, de lui faire ouvrir rien que pour lui les boutiques Avenue Montaigne lors de ses visites, de faire livrer des armes à ses armées pour tuer du yéménite.

Toutes les preuves, pardon, tous les indices concordent de manière excessive à accuser MBS. Au point ou ces dix signatures sur la scène de crime permettent de douter, une fois n’est pas coutume, de l’identité du coupable. Lequel n’est pas bête au point de signer son crime aussi grossièrement. Car il n’a, en l’occurrence, en la matière, que des coups à prendre.

Ce crime, et la publicité qui en est faite dans nos médias, massacrent tous les efforts du dirigeant saoudien en termes d’image, un an et quelques de communication bousillée, tout ce qui fut fait depuis son accession au trône, tout ceci est parti en fumée. Qu’instructions aient été données à ses services secrets de filer une bonne correction à ce journaliste qui tranquillement planqué à NYC tapait à bras raccourcis sur MBS, ca c’est plus que plausible. Que lesdits services aient été infiltrés par d’autres – ca s’est déjà vu, et pas que chez John Le Carré.

Bref, toute cette agitation pour que nos entreprises, françaises, anglaises, allemandes et américaines, aillent quelles que soient les déclarations de nos Pinocchio étatiques faire la pute au Davos du Désert. 500 milliards de dollars, des sous, des sous, des sous ! Le plus gros chantier mondial, on va pas s’arrêter au cas d’un scribouillard basané pro Frères Musulmans qui a commis la bêtise de se livrer dans la gueule du loup du Consulat saoudien à Istanbul !

Je serais MBS, face à cette tentative de chantage occidental, je filerais 90% des contrats aux russes et aux chinois. Lesquels, vous le remarquerez, dans cette tempête médiatique, lui fichent une paix royale, au prince héritier !


1 commentaire:

  1. il est utile de rappeler qui était J khashoggi : neveu de Adnan khashoggi grand marchand d'armes devant l'éternel décédé l'année dernière et célèbre autant pour son style de vie jet setteur que pour son cynisme affairistes...

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