lundi 22 octobre 2018

Robert Faurisson et la liberté



Le négationniste, le révisionniste, l’auteur de thèses nauséabondes, le faussaire de l’histoire est mort, titrent en chœur les journaux de France. Sonnez trompettes, Robert Faurisson est mort, hatons-nous de cracher sur sa tombe ! Et de reprendre les mêmes arguments éculés, entre la leçon moralisatrice et le témoignage les yeux emplis de larmes des parents et grands parents défunts morts à Dachau.

Reprenons. De quoi parle t-on. D’un historien. Qui a laissé derrière lui une œuvre d’historien, c’est-à-dire une somme de travaux factuels – et non une thèse – hyper documentée, au sujet d’un épisode majeur, absolument bouleversant, du XXème siècle. Ces travaux existent, on peut les lire, les étudier, les contester actuellement, leur opposer des contre-travaux, le faire avec toute la rigueur qui doit être celle de tout travail d’historien. Si les travaux de Faurisson sont une absolue aberration historique, alors pourquoi font-ils à ce point scandale, pourquoi les interdire, pourquoi cet acharnement judiciaire, pourquoi à l’annonce de sa mort se réjouir, bref pourquoi autant de bruit pour une œuvre censée être historiquement remplie d’erreurs et donc vouée à retourner à l’anonymat. Pourquoi !

La loi Gayssot, en réalité la loi Fabius de 1985, fut en France une première. Elle posa un interdit à la liberté d’étudier et de dire l’Histoire. Elle judiciarisa donc la discipline au nom de présupposées valeurs. C’est-à-dire qu’elle imposa une doxa et posa une limite. On n’a pas le droit de remettre en cause l’existence des chambres à gaz, point. Ceci EST la vérité, dit l’Etat. Quiconque enfreindra la Loi Gayssot se verra poursuivi. Ce qui arriva à Faurisson à compter du vote de la loi, lequel depuis fut traité en France comme un pestiféré. On parle d’un historien. Qui commence ses travaux en disant combien il partage l’immense peine du peuple juif pour l’abject sort qui lui fut fait sous Hitler.

Or l’Histoire, ce sont les puissants qui l’écrivent. En France c’est patent. La royauté et l’ancien régime furent mauvais pour la France, point. Les révolutionnaires étaient des libérateurs humanistes travaillant pour le petit peuple. On ne parle pas du génocide des jacobins envers les vendéens – un million trois cent mille morts, excusez du peu. Et ce sont ces gens-là qui jugent un historien et le condamnent et interdisent ses ouvrages. A t-on le droit d’être sérieux cinq minutes.

Shoah, le terme est apparu en 1984 avec le splendide film de Claude Lanzman. Avant on parlait de génocide. Le terme SHOAH est d’essence sacrée, il sacralisa donc le génocide atroce des juifs sur tous les autres génocides, il le plaça au-dessus. Au nom de quoi – il suffit de suivre la carrière de Claude Lanzman pour le comprendre.

Excellent documentariste, Lanzman, contrairement à Faurisson, n’est pas historien, pas même journaliste, mais lobbyiste. Pro Israël. Pro politique de l’Etat Hébreu. Il ne s’en est jamais caché, son combat est là, pas un combat pour les victimes des camps, ca ce fut le sujet d’un et un seul film, mais un combat pour un Israël conquérant sur son sol et autour. Lanzman défend ce qu’on appelle le Grand Israël. C’est-a-dire un Etat colon qui a du sang sur les mains. Donc Lanzman, contrairement à ce Faurisson qu’il voue aux gémonies, est un idéologue pur qui fait de la politique et est un défenseur acharné d’Israël, état qui a du sang palestinien sur les mains. Si on veut vraiment mieux connaître Israël, ses racines, son histoire, autant lire Tom Segev, journaliste et historien israélien, lequel ne fait pas de politique.

Lanzman ne fut pas persécuté mais honoré, il reçut moult prix pour Shoah – un grand film, indéniablement, mais aussi et surtout un objet politique - dont l’oscar du meilleur film étranger. Dans un prétoire, Lanzman est du bon coté, Faurisson non. Le premier est avec ceux qui sont puissants et qui ont le pouvoir de dicter l’Histoire, Faurisson, dont on peut apprécier ou non le travail, est sur la ligne strictement opposée. Celui qu’on qualifie de révisionniste en tant qu’historien se contente sur un sujet épineux de faire son travail, que chacun peut ou plutôt devrait pouvoir juger sur pièces. Par essence l’histoire peut et doit pourvoir être révisée. La seule négation que je vois c’est celle qu’on oppose à la liberté d’un historien indépendant qui a payé sa liberté de faire son travail extrêmement cher. La moitié de sa vie fut, reconnaissons a minima cela le lendemain de sa mort, gâchée.

Le sujet qui nous occupe, ce n’est pas à mon sens la question des chambres à gaz, ont-elles ou non existé, ont-elles été à l’origine d’une épuration. Mais la liberté d’étudier le sujet comme tout autre. Et la dénégation aux pouvoirs politiques, médiatiques, judiciaires et d’affaires de se mêler d’Histoire, de notre Histoire. Leur job ce n’est pas, ce ne devrait jamais être cela. Leur job ce n’est pas de dicter le passé mais de construire le présent. Notre présent. Dont ils s’occupent extrêmement mal. Qu’ils replient leur catalogue bienpensant, qu’ils stoppent cette novlangue moralisatrice, qu’ils redéployent leurs procureurs sur des affaires plus courantes. Et qu’ils nous laissent, nous français adultes, nous faire nous-mêmes notre propre opinion tout seuls comme des grands.



8 commentaires:

  1. les lobbies sionistes aux pouvoirs comme toujours

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  2. Très beau texte, merci Christophe. La seule liberté qui vaille la peine, c'est celle de penser par soi-même, de le faire chacun à la mesure de l'étendue de sa propre connaissance, toujours avec conscience et sans omettre, en tout, d'avancer sur ce chemin avec sagesse.
    L'intelligence du cœur nous protège des mensonges, des manipulations, de la pensée unique, du formatage idéologique, de tous les ismes dans lesquels l'Ennemi cherche à nous enfermer.
    Comprenne qui le voudra bien.
    Que le Ciel t'accorde une place à la mesure de ton courage cher Robert. La liberté et la vérité finiront bien par trouver leur chemin... Finalement !

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  3. Rien à ajouter, une grande perte....

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  4. Très beau texte, merci Christophe je comprend mieux après vous avoir lu merci .

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  5. La loi no 90-615 du 13 juillet 1990 tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe, dite loi Gayssot (du nom de son initiateur le député communiste Jean-Claude Gayssot) est une loi française. Elle est la première des quatre lois mémorielles françaises.

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  6. http://ungraindesable.the-savoisien.com/index.php?post/Dites-la-v%C3%A9rit%C3%A9-et-vous-humilierez-le-diable

    ... et vous en saurez encore plus sur ...

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  7. lorsqu'on a besoin de lois pour fixer l 'Histoire c'est que l'on ment ...la vérité n'a besoin d'aucune loi.

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