mercredi 17 octobre 2018

Perquisition à la FI ou la nouvelle pantalonade de l’ami Mélenchon



Rabelaiserie gauloise en mode gaudriole dans la France républicaine ou lincursion de la Zizanie si chère à Uderzo et Goscinny. Les locaux de la France Insoumise ont été perquisitionnés sur ordre de la justice suite à une action dune députée européenne du Rassemblement National de Marine Le Pen, une blague avouera t-elle, faite pour contre-équilibrer les déboires judiciaires récents de sa cheftaine.

Une perquisition, quoi de plus banal, oh certes rien dagréable à vivre, mais cest le lot hélas de bien des groupements, associations, individus, bref, français devant se conformer à la loi. Une perquisition ne vaut pas accusation, simplement le déclenchement dune enquête, laquelle peut évidemment déboucher sur un non-lieu. En loccurrence, la perquisition visait lexamen des comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon, comptes validés post élection, plus que probablement nickels de chez nickel. On peut reprocher bien des choses au leader de la FI, le haïr, mais sil y a bien à mon sens une chose qu’on ne peut pas mettre à son débit cest le fait de copier ses camarades opposants et truander. Bygmalion à la FI, pas pour demain.

Sauf que, et cest là qu’une simple opération de justice probablement vouée à limpasse devient un épisode croustillant digne de Guignol et de Gnafron, Mélenchon et ses sbires ont décidé de mettre en scène avec moult grosses ficelles ce déni de démocratie supposé qu’on leur fait. Puisque selon leur définition de la république perquisitionner le siège de la FI, oser faire cela cest injurier la République, rien de moins.

Lon vit donc et lon filma le tonitruant Jean-Luc débouler comme une furie sur le lieu perquisitionné, se lancer tel un lion dans les escaliers en hurlant, venir nez-à-nez vociférer dans les oreilles dun agent des forces de l ordre en charge de protéger les lieux, le menacer, laccuser de mettre la main sur lui – les images, elles, montrent un agent stoïque et un Mélenchon prêt à lui mettre la main dessus, entouré par quelques camarades aussi fous de rage que lui -, puis littéralement enfoncer la porte pourtant condamnée par décision de justice.

Cest-à-dire violer la loi. Faire ce que chacun dentre nous ne peut faire ni ne ferait jamais, faute dêtre mis en examen pour violation caractérisée. Ce qui narriva point bien sur à Mélenchon ou Corbière et les autres, lesquels, drapés dans leur superbe – et Mélenchon dans une écharpe tricolore brandie avec un sens de la théâtralité assez stupéfiant de ridicule – descendirent tels de grands résistants en carton-pâte répondre sur le trottoir den bas à une armée de micros tendus, avec autour des tas de supporters de la FI hurlant au despotisme, à lacharnement, au déni de démocratie, pourquoi pas au complot judéo-maconnique et ou une attaque de clones reptiliens.

La diatribe de Mélenchon, ainsi que les appendices de son bras droit Alexis Corbière valent vraiment le détour. Tant sur le fond que sur la forme. Sur la forme, voir ce député qui candidat se vendait comme un grand sage enfin apaisé tout de bruit et de fureur éructer comme si on venait de lui couper les vivres et linterdire dassemblée, bref en faire dix tonnes pour pas grand chose – vu que son parti sera lavé de ce mini épisode très vite – a de quoi faire sourire. Y aurait-il eu en 2017 tromperie sur la marchandise, le bon Jean-Luc aurait-il interprété un rôle, se serait-il crée un avatar ou un hologramme de lui-même.

Sur le fond. La République cest moi, voilà littéralement ce que Sa Majesté au-dessus des lois, Robespierre en mousse pour gogos, va jusqu’à dire, en montrant bien en avant son écharpe. Donc puisqu’il EST à lécouter la République il serait au-dessus des lois. Drôle de conception républicaine, monsieur le député, digne des années, je ne dirais pas de terreur mais presque. Car tant ses actes que ses mots sont un appel à la violation de la loi et une validation de cela assumée, à usage exclusivement personnel. Voilà donc la conception de Frère Jean-Luc de ce que cest la République. En clair, stricto sensu la même que celle de son pseudo grand ennemi Emmanuel Macron. Je suis la Loi donc je ne la respecte pas, syndrome Benalla.

Cette séquence absolument surréaliste ou lon voit des militants vent debout valider avec ardeur cette proposition absolument intenable sur le plan éthique devrait suffire à ouvrir les yeux à ceux qui, à la France Insoumise par conviction mais capables encore de réfléchir par eux-mêmes, nourrissent quelques doutes à propos du chef et de sa capacité non seulement à tenir le job mais à un jour remporter les élections. Comment, sérieusement, croire encore, au-delà de laction judiciaire intentée contre la FI dont on peut bien entendu remettre en cause utilité et bien fondé, que Mélenchon, avec de pareilles méthodes et une personnalité aussi éruptive, aussi clivante et aussi outrancière, parviendra t-il à rassembler sur son nom un bulletin sur deux plus une voix. Comment peut-on dignement croire encore à ca, après cette séquence devenue virale qui je le pense fera un tort considérable à son parti. Songez à ce pauvre Fillon, à ses supporters qui séchinaient à convaincre la terre entière que leur héros était innocent – à part se faire plaisir, on a vu ce vers quoi leurs mantras ont débouché.

La FI avec lui cest mort. Certes ca cause, ca vote, ca fait du bruit et – de son propre aveu – ca sert le monarque, ravi davoir pareil opposant aussi éruptif en public que charmant à son encontre en privé. Une fausse opposition, un faux nez du fait du chef qui a une stratégie toute personnelle tournant autour de son nombril et de son nombril seul. Mélenchon ou lart de la mise en scène autocratique à des fins personnelles. Les gens, comme il les appelle, attendront.


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