lundi 8 octobre 2018

Onfray chez Orwell



Tollé bienpensant contre la satire, fort drôle, de Michel Onfray, suite à l’épisode Macron à Saint Martin. On dézingue le philosophe, on l’accuse d homophobie, on rappelle qu’il était contre le mariage gay – en soi il a le droit sans être homophobe pour autant, perso je suis pas contre, je trouve ca tarte de copier le voisin -, on le déprogramme, bref on le débranche.

ON, c’est le microcosme pro Macron, ceux qui tiennent le manche, ceux qui pataugent dans les avantages liés a la soumission à l’oligarchie et au politiquement correct. ON c’est Claude Weill et bien d’autres, des plumitifs de salons, des qui vont au Siècle, des qui font la queue pour être reçus à l’Elysée, des qui à longueur d’articles vantent la chanson de geste de l’Elu.

Ceux-là que Coluche de son vivant étrillait sont devenus le thermomètre du convenable et ont décrété qu’Onfray avait franchi la ligne jaune, la leur, ces plaisanteries drolatiques sur Macron et sur ce que lui-même met en avant, lui a le droit de transgresser mais Onfray non, dénoncer ca, railler, aller fouiller de ce coté-là, tout de suite l accusation d homophobie, comme on exclue à coups d’antisémitisme à la serpe celui qui ne pense pas comme nous. Pour plaisanter sur les juifs tu dois être juif, pour plaisanter sur les gays tu dois être gay. Expliquez-moi alors comment on aurait pu jouer La cage aux folles avec ce manque d’humour confondant de certains !

Donc on voit des éditorialistes idéologues sortir du bois pour faire la leçon à un philosophe de talent, sous ordre ou sous influence de BHL. BHL pour ceux-là c’est un philosophe, et Onfray lui non. Tout est KO comme chantait Mylène Farmer.

Le droit à la satire et à l’humour, oui mais non, Coluche et Desproges morts et enterrés, enterrons les vrais humoristes de type poil à gratter de leur vivant, chassons les des antennes, coupons leur le micro, mettons-les à la porte de nos salles de spectacles, obligeons-les à jouer dehors. Et judiciarisons tout ca tant qu’à faire.

La liberté d’expression en France est sous contrôle, c’est-à-dire qu’elle est en voie de mourir, Fahrenheit 451 on y va, Zemmour et ses crachats on peut, Onfray qui tape avec du poil à gratter Macron ca non. Cherchez l’erreur. La haine et la division, autorisées, l’insolence rebelle, verbotten.

Pour demeurer dans l’enclos, l’honnête citoyen à son tour a intégré la doxa de ses maitres, et plutôt que penser par lui-même à son tour fait de la morale et lance ses anathèmes, ceux-là même qu’on lui a mis dans le crane. Reflexes pavloviens, feu sur les philosophes, sur les humoristes et les libres penseurs. Feu et pas de quartier. Rappelons-nous Orwell et ce qu’il disait d’une dictature parfaite dans 1984.


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