jeudi 18 octobre 2018

Macron sous tranxene



Il se tient aussi raide que son costard sombre est amidonné, derrière son bureau. On voit le tronc, homme tronc. Macron tronc. A gauche, cet immense tableau aux symboles occultes quelque peu visibles. A droite deux drapeaux. Celui de trop, le français, et puis le bon, celui du futur royaume de ce suzerain élu avec au premier tour des présidentielles 2017 un électeur sur dix s’étant porté sur son nom, et le record absolu depuis l’avènement de la Vème d’abstentions. Sur ce socle en carton, sa Majesté s’en va douze minutes durant enfiler les perles, parler pour ne strictement rien dire, simplement pour occuper douze minutes de temps de cerveau disponible. Comme Hanouna. Remplir avec du vide, un vide absolu, sidéral, risible.

Le ton plus que les mots, car les mots du petit monarque sont systématiquement détournés de leur sens. Le ton de petit garçon, de premier de classe, de petit fayot, dit tout. Les mots, eux, disent exactement l’inverse et de ce qu’il pense et de ce qu’il fait.

Le premier de classe de la promo Rothschild a sous les yeux une feuille, une antisèche, une TO DO LIST, sa liste de courses en somme. Tomates, détergent, Canard WC, botte de radis, bigoudis pour Brigitte, climat et paix dans le monde. Sans oublier les cacahouètes.

Le roitelet a les mains quelque peu nerveuses, elles se baladent sur le bureau plat et se retiennent de taper sur la table, le minet sans poil contient sa naturelle agressivité, on sent l’amidon, la naphtaline, on a du l’accrocher dans le dos avec des pinces à linge à son fauteuil, la marionnette Macaron gigote assez peu, gestuelle minimaliste, comme dans un film d’Eric Rohmer. On se pince, le meme il y a dix jours se laissait aller sensuellement dans les bras d’un braqueur torse nu à la peau bronzée, et la, on se retrouve avec Perceval le Gallois.

Le petit jette des coups d’œil sur son antisèche, le ton est peu assuré, froid, comme éteint. On a sous les yeux un Ken en mode bonnet de nuit, tout propre et tout rasoir. Il enfile les formules, puissance mondiale, réformes, adaptation, comme des mantras, le lavage de cerveau ENA, sauf que ca ne prend pas, il somnole et nous avec, on appuie sur la touche avance rapide, même en avance rapide il est aussi mouvant qu’un scarabée posé sur une fenêtre.

On nous l’a chlorophormé, le Macaron, Brigitte a du lui mettre un somnifère dans le gosier avant la prestation. Le caméraman s’est barré acheter un nuts au distributeur automatique, il est 20h10, toute la famille a attaqué le gigot flageolets sur C8, histoire de réveiller les appétits. Le petit monarque du mouvement perpétuel s’est comme éteint, le fond étant creux et la forme compassée, autant zapper.



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