jeudi 25 octobre 2018

Le déroutant Mohamed Ben Salmane



Etonnant, détonnant, difficile à caser une bonne fois pour toute, en clair, déroutant que ce prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salmane. De quel coté penche t-il, a t-il exactement les mêmes us et coutumes que les siens et que ses prédécesseurs, son envie de moderniser la société saoudienne, est-ce du flanc, est-ce sincère, est-il l'instrument des Rothschild et des Rockefeller, est-il aisément achetable et donc soumis, n'aurait-il pas plutôt la malignité de glisser d'un bloc vers l'autre, de l'ouest vers l'est, puis de l'est vers l'ouest, n'entrevoit-il pas ce qu’au dessus certains ont l'intention de faire de son pays et donc de sa monarchie, un instrument de guerres, Yémen d'abord, Iran ensuite, pour ensuite une fois les deux derniers belligérants sur les rotules ramasser la mise sur leur dos …

Cette affaire de journaliste saoudien assassiné au Consulat d'Istanbul, une machination signée probablement Mossad et/ou CIA. Histoire de lui faire porter le chapeau et le faire rentrer à la niche. Stop aux accords avec la Chine, attention à qui tu vas donner les contrats de Néom, murmurent les Rothschild. Nous sommes à tes cotés, nous veillons, murmurent les autres, fais comme si tu étais d'accord pour emboiter le pas à Trump et tonner contre l'Iran, l'Iran est dans le viseur, oui bien entendu mais c'est trop tôt, bien trop tôt, murmurent les Loubavitch, le partage du gâteau se doit d'être équitable, tel est notre mantra, tel est ce qu’ils entendent nous refuser, ne te fais pas instrumentaliser, si tu les suis aveuglement comme tes prédécesseurs, qui te dit qu’ils ne te feront pas assassiner en cours de route. Nous, nous avons besoin de toi, nous ne réclamons pas tout mais la moitié, pas plus. Choisis.

Ce journaliste saoudien rédacteur au Washington Post, celui que nos médias veulent nous faire passer et pour la victime de Ben Salmane et pour un grand défenseur de la liberté et de la démocratie était un Frère Musulman, un idéologue d'un islam politique radical, un pourfendeur de la démocratie, lui même, riche saoudien et ami d'un prince qui fut arrêté par MBS, était un ami de Ben Laden, qu’il avait accompagné en Afghanistan à l'époque de la guerre contre les soviétiques et dont il avait fait la promotion. Ce Jamal, tous les mauvais coups contre les arabes et les musulmans il était dedans. Et depuis le Washington Post et via son propre site internet il tapait à bras raccourcis contre cette monarchie saoudienne qu’il entendait remplacer, comme c'est étrange, par un Califat complaisant avec le bloc occidental.

Il n est pas sorcier de deviner sous le journaliste assassiné a la fois la main de la CIA et le concernant une affiliation évidente à la célèbre agence. Quoi de plus tordu que de faire assassiner un de ses agents pour faire ensuite porter le chapeau à cet allié inconstant qui par ses oscillations trouble le jeu du NOM selon le calendrier Rothschild. Selon eux, 2019 c'est noir.

On se souvient que lors de son passage au pouvoir, MBS, ce fut une première, fit le ménage chez les siens et en mit certains derrière les barreaux. Habile façon de capter leur fortune certes, mais j'imagine pas seulement. Se débarrasser des traitres, des vendus systématiques à la cause sioniste et américaine, façon de se libérer un peu les mains et de rallonger la chaine à laquelle on est soi-même attaché.

On se souvient aussi, du jamais vu sur l'échiquier géopolitique international, que le prince héritier fut vers mai porté chez lui disparu pendant de longues semaines. On parla d'assassinat et d'enlèvement, il y eut à la fois un silence assourdissant sur le sujet dans nos médias – lesquels ne sont pas neutres du tout vis-à-vis de leurs intérêts en Arabie Saoudite. Et aussi quelques brèves publiées par le camp d'en face, quelques articles mettant en lumière ce qu’on voulait taire aux opinions, à savoir l'évanouissement du prince héritier dans la nature.

Lequel prince héritier réapparut comme par enchantement à la coupe mondiale du football aux cotés de Vladimir Poutine, tous sourires ! Le message, il me semble, est clair. La communication du Prince dit qu’il se place sous la protection du maitre du Kremlin, qu’il n'entend pas ainsi se contenter de jouer la partition occidentale, bref qu’il ne se soumet pas, en tout cas pas autant qu’on le lui en donne l'ordre et pas sur tout.

Le Davos du Désert, ou MBS a la main sur qui obtient quoi, va être il me semble un moment clef. Quelle sera la clef de répartition entre Est et Ouest, entre USA et Chine, entre Union Européenne et Russie. 50/50 ou 70/30. Selon le cas choisi le calendrier Rothschild s'impose contre le calendrier Loubavitch ou inversement, sur fond de NOM non négociable s'entend.

Mohamed Ben Salmane m'apparaît comme le caillou dans la chaussure d'Israël, un allié déroutant, un Saoud pas comme les autres, bref un électron libre sous surveillance, pas dupe, apprenant en marchant, ne jouant jusque là pas si mal une partition extrêmement difficile. Ne prenez pas ce qui précède comme un plaidoyer, simplement une analyse, ou l'intuition joue un rôle majeur.

Les grandes prophéties, nous le savons, parlent toutes d'un grand dirigeant assassiné dans les Balkans, et disent que ce crime lancera les armées. Une simple hypothèse. MBS assassiné, son crime commis par les diables de Tel Aviv et de Washington mis sur le dos de Téhéran, et le prétexte est trouvé pour la guerre contre l'Iran. Avec à la tête de l Arabie Saoudite un autre Saoud o combien mieux acquis à la bonne cause. Echec et mat.


3 commentaires:

  1. j admire ton courage et ta persicacite. Mais aussi la diversite de tes articles. bonne continuation a toi Cristophe.
    Ulysse un ami qui te veut du bien.

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  2. Tout à fait d'accord un personnage insaisissable "Le caillou dans la chaussure " Pour n'importe qui, et de plus malin comme un singe !!!

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  3. Époustouflant! Je lisais avec une telle avidité pour savoir où va venir se poser le point final de cet article. Quelle délectation de lire cet élément d'une excellente facture. Tout y est dit sans être...dit. Ta conclusion Christophe, seule l'Histoire nous dira. Mais a priori, rien n'est à écarter pour qui a quelques bribes de notions en géopolitique et géostratégie.

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