mardi 9 octobre 2018

La question identitaire



Un certain nombre de partis européens places à gauche de la gauche – les équivalents de La France Insoumise donc – ont après des années sur une ligne autre enfin décidé dintégrer la question dite des vagues migratoires sur un angle autre que celui de langélisme et des frontières grand ouvertes. Sincérité ou tentative de récupérer un électorat populaire à cran sur ce sujet majeur, à la limite peu importe, il y a bien ici et là des inflexions, cest-à-dire une meilleure prise en compte du réel, de ce que les petites gens vivent et ressentent. On cesse den haut de les taxer de xénophobes ou de racistes pour couper court au débat – en tout cas on nen fait plus un automatisme – et on tache dappréhender une question essentielle à léchelle dun pays, celle de lidentité.

La question identitaire na rien dun thème de gauche ou de droite, elle devrait dans labsolu ne pas être confisquée par Wauquiez, Le Pen, Zemmour et les autres mais donner lieu, plus quà des débats et des essais polémiques, à une réflexion nationale. Si elle se pose et sinsère de plus en plus dans les esprits cest que telle qu’elle se donne à vivre elle pose problème. Lidentité française nest pas un idéal passéiste, cest une dynamique en mouvement qui connaît des étapes et des évolutions, et ces évolutions, cest le moins, devraient être pensées sereinement au lieu de servir de supports à des bagarres dans le village gaulois entre les de souche et les autres dans tous les sens.

Quitte à la poser, cette question identitaire, autant dépasser le pré-carré habituel, ou on porte dabord le regard et sur les immigrés et leurs descendants et sur les musulmans et sur ceux que nos dirigeants qualifient de migrants. Pour élever le regard en direction du sommet de létat, lequel nous pose en effet de sérieuses questions sur le volet identitaire.

En clair, la tête de lEtat français est-elle française, non pas de sang ou de sol, mais de rattachement idéologique et géopolitique. Quelles influences et quels intérêts – étrangers – nos dirigeants – politiques, économiques, médiatiques – servent-ils. La question mérite avant tout dêtre posée, avant même de sintéresser au corps social. La classe politique – Sarkozy et les autres – nous mettant régulièrement la question identitaire sous le nez et sen servant comme dun attrape-électeur, osons retourner la question, nous en saisir et la leur poser avant tout à eux.

Les actes politiques de nos trois derniers présidents, les lignes éditoriales mises en avant par les médias, les réalités actionnariales des grands groupes dits français, les politiques de nombre dentreprises de service public – tout converge au sommet. Soumission à lOTAN, donc au monde anglo-saxon et aux USA, à lArabie Saoudite et au Qatar, et à lEtat Hébreu.

En posant ainsi la question identitaire, cest-à-dire en la déconnectant du schéma binaire droite-gauche et en englobant tous les pouvoirs daujourdhui et dhier, y compris au sein de certaines oppositions, on le constate. Celui ou ceux qui posent la question identitaire sous un certain angle qui les arrange omettent de nous fournir leur propre mode demploi.

Une fois ceci posé on peut en effet sintéresser à cette question du vivre ensemble, en tachant si possible de la déconnecter de cet angle tant prisé par nos politiciens et nos médias, celui du communautarisme, qui fait de la France un gâteau dont chaque sous-groupe réclame pour lui-même – sous entendu contre les autres – une part. Poser donc des valeurs clefs et quelques principes intangibles, avec donc bien entendu des interdits, parce que la France nest pas un fourre-tout ou tout un chacun peut faire exactement tout ce dont il a envie, comme avoir plusieurs femmes, exciser sa fille ou lapider son ainé car homosexuel. Ajoutons faire de lévasion fiscale, je pose ca au hasard.

On peut bien sur, et cest plus que bienvenu, poser la question migratoire sous un angle non caricatural, cest-à-dire en tachant de combiner la question sous les angles démographique, socio économique – question du cout de main dœuvre et des conséquences évidentes pour les français eux-mêmes -, conditions daccueil, critères de sélection, renvois dans les pays dorigine de ceux qui ne remplissent pas aux conditions dun cahier des charges clair – ceci actuellement nexistant guère, il n y a qu’à regarder les chiffres.

Rattachée à des idéologies, qu’elles soient de gauche ou de droite ou sous influences étrangères, la question identitaire ne peut que continuer et à faire polémique – cest-à-dire à nous éloigner dun consensus et à nous diviser davantage, et cest bien la tactique des politiciens qui ainsi fidélisent leurs fonds de commerce – et à se complexifier en même temps que la réalité devient de plus en plus tordue, pour ne pas dire violente.

Ne plus savoir véritablement qui nous sommes, quel meilleur moyen pour se raccrocher à des locomotives qui nattendent que ca, et ont – tel un Zemmour dans son dernier pavé – déjà tout prévu et réfléchi à votre place. Non que ses réflexions et observations soient systématiquement inexactes. Mais, je pose la question à ses supporters, avons-nous besoin dune locomotive, dun sauveur ou dun essayiste polémiste pour nous définir.


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