dimanche 14 octobre 2018

Chefs d’oeuvre du 7ème art - Les aventures de Pinocchio



Luigi Comencini demeure un des plus grands cinéastes de l’enfance de toute l’histoire du cinéma au monde. Lorsqu’au tout début des années 70 la RAI, chaine de télévision italienne, lui commanda un feuilleton de cinq fois une heure autour d’une adaptation du célébrissime conte de Collodi, le cinéaste, tout juste auréolé des triomphes de L’incompris puis de Casanova, un adolescent à Venise, fonca sur l’occasion. Il reprendra le conte initial en modifiant en profondeur son message quelque peu moralisateur et normatif.

Sous la caméra de Comencini, Pinocchio le pantin en bois animé de vie, véritable fils de substitution de ce charpentier toscan pauvre comme un hère de Gepeto, est un enfant rebelle, un véritable chenapan opposé à toute autorité, désobéissant, insolent parfois, ivre de vie et épris de liberté. Véritable dissident envers l’ordre, que ce soit l’école, la police, l’état en général, Pinocchio cherche à s’affranchir de toute entrave, part sur les routes de la vie dans un cirque, rencontre sur son chemin mille personnages, certains lui voulant du bien, d’autres du mal.

Cet être à la base sans vie, une marionnette en bois, va sitôt en vie nous montrer l’exemple, ce qu’est la vie, la vraie, loin des contraintes, des lois faites par et pour les puissants. Cet enfant pur, désobéissant au possible mais si vivace, lui ne rêve que de voyager sur les routes, sans biens et sans argent, sans obligations, sans recevoir d’ordres. Né du bois il ne peut se soumettre aux lois humaines. Et en authentique fils épris d’amour, il va entrainer Gepeto son créateur sur sa propre voie et donc devenir symboliquement le père de son père. Auquel il va apprendre sur le tard la liberté.

On peut en filigrane y lire le récit de l’affranchissement d’un vieillard qui n’a finalement jamais renoncé à sa part d’enfance. Un vieillard bourré d’imagination, et qui imaginerait que le pantin de bois qu’il a façonné est doté de vie, et que c’est sa créature qui va lui permettre de se re-trouver lui-même. Le créateur ainsi libéré par son œuvre, ainsi pourrait-on lire les merveilleuses aventures de ce Pinocchio, pantin dont le nez mystérieusement s’allonge lorsqu’il ment.

Les magnifiques épisodes qu’enfant je découvris à l’age de sept ans sont probablement mon premier véritable coup de cœur cinématographique. Le feuilleton passait à la télévision française, il fut pour l’enfant que j’étais et qui rêvait émerveillé devant la succession des aventures rocambolesques comme une voie à suivre, une voie inconsciente. Déleste-toi de leurs règles, suis ton instinct, sors et n’écoute que ton imaginaire. Regarde donc cette baleine en carton qui avale le héros, observe Pinocchio dans ce faux ventre énorme tacher d’en sortir, crois-y à fond, ce merveilleux pantin, ca ne peut que bien se terminer !


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