mercredi 10 octobre 2018

Chefs d’oeuvre du 7ème art - La rose pourpre du Caire



Années trente, Etats Unis d’Amérique, Etat du New Jersey, années de la grande dépression économique. Besoin de s’évader, de rêver comme le suggère le rêve américain, de quitter le réel sur grand écran, pénétrer une grande salle de cinéma, plonger dans l’écran, s’identifier aux personnages, pénétrer l’intrigue. Bref faire exploser les coutures d’un réel déprimant et suivre la piste aux Etoiles proposée par Hollywood.

Cheek to cheek, chante et danse Fred Astaire dans le générique de cette Rose pourpre du Caire, ce film de type cinéma muet, une de ces productions en noir et blanc ou des personnages maquillés en égyptiens évoluent dans de merveilleux décors en carton. Recréée, l’Egypte et au-delà le monde redeviennent l’univers de l’enfance, celui que Cecilia / Mia Farrow, cette spectatrice en quête d’elle-même, vient seule dans la salle de cinéma ou elle se faufile chaque jour retrouver.

Et là, soudain, en cet après-midi ou pour la dixième fois elle revoit cette rose pourpre, voilà que le héros la hèle, l’appelle par son nom, la pointe du doigt dans la salle, puis traverse l’écran à sa rencontre. Et pénètre une réalité qu’il va littéralement faire imploser.

Le héros à la poursuite de la spectatrice en admiration, la fiction au secours de la réalité. Le pouvoir du cinéma, nous suggère Woody Allen, est celui d’un demiurge. Ce monde, nous artistes, en sommes grâce à vous spectateurs les scénaristes. Et si vous croyez en nous au point de nous préférer au réel et de nous confondre à lui, alors nous avons le pouvoir de tuer ce dernier, de l’envahir et de faire de vos rêves une réalité.

Quête irréelle, proche de l’hypnose, du bonheur au travers de la foi en ses rêves d’enfant. Ici Cécilia, petite fille dans un corps de femme adulte, n’a en rien abandonné ceux-ci et y croit tellement qu’elle les matérialise. Son héros est chez elle, à ses cotés, il prend sa défense et la place de son mari, et finit par la conduire par la main dans le film, à l’aider à traverser l’écran, à quitter ce monde et changer de dimension donc.

Laisse-les dans leur dépression, semble t-il lui murmurer, toi tu es spéciale. Une héroïne comme nous, bonne pour intégrer ce film, La rose pourpre du Caire.


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