mercredi 10 octobre 2018

Carnets de voyage intérieur en ce monde - Santa Marta



L’arrivée à Santa Marta, à trois heures de Cartagena, en un milieu d’après-midi extrêmement chaud, fut quelque peu cocasse. Lâchés sur une grand route au mauvais endroit, nous dûmes marcher en pestant près de dix minutes avant de trouver l’hôtel que nous avions réservé et dont rien n’indiquait l’entrée. Ce fut grâce à un passant que nous vîmes une sonnette.

Autant à l’extérieur on était vraiment au milieu de nulle part autant à l’intérieur je sentis immédiatement que cette fois les conditions étaient réunies pour que le séjour hôtelier soit plus que bon. Un espace grand, trois étages, un beau patio avec piscine, du calme, et un couple composé d’une portugaise et d’un français pour nous recevoir, absolument adorables.

La chambre, celle que nous eûmes à compter du lendemain de l’arrivée, était spacieuse, deux lits, et le lieu ouvert aux chats. A notre arrivée il y en avait trois et deux d’entre eux disparurent au bout de quelques jours sans raison. Resta Mitsie, splendide chatte blanc crème aux yeux bleu azur, d’une incroyable douceur.

Les premiers jours ne furent pas les meilleurs du fait de certains clients très bruyants, notamment une colombienne avide de télé-poubelle qui laissait son adorable petite fille seule s’ennuyer et la frappait quand la petite pleurait. Celle-là je la pris aussitôt en grippe et fus extrêmement ferme quand je la surprenais poser la main sur son enfant.

Faisant la police parfois – vu qu’ici faire du boucan et se montrer irrespectueux des autres ne donne lieu à aucune réaction – je passai au début pour l’emmerdeur de service. Tout bascula quand je me fis dérober tout mon argent par un membre du personnel. Je savais qui c’était, il n’y avait que lui sur les lieux à l’heure du larcin, mais refusai de porter plainte. La vie s’en chargera, dis-je au patron, qui était extrêmement gêné. De là j’obtins le respect de tous. Le jeune voleur fut renvoyé sous un faux prétexte et tout rentra dans l’ordre.

Au bout d’une semaine une toute petite chatte grise, exactement le même pelage que celui de Shadow, apparut, paniquée, dans le patio. Je la pris en charge, la sevrai, elle m’adopta aussitôt, et nous devînmes inséparables. Je l’appelai Light, parfait complément de Shadow.

J’écrivais chaque jour, postais des vidéos, de plus en plus suivies, les scores continuaient à s’élever. Parmi ceux que je suivais je fis un tri sélectif et sentis la clairvoyance monter d’un cran. Il y eut ce soutien puis cette reconnaissance, Yahia Gouasmi, extrêmement importante à mes yeux, comme un adoubement dun grand monsieur. J’alignais les livres, 30, 31, 32 … 36 à ce jour, celui-ci étant le 37ème. Paroles du Christ se vendit très bien, j’en fus heureux.

A l’hôtel ca allait et ca venait. Je liai amitié avec un jeune français agé de 25 ans très clairvoyant, extrêmement doux et chaleureux, tous deux chaque soir nous échangions, je me sentais apte à transmettre et à échanger, l’interlocuteur était vraiment au niveau.

Puis il y eut Emmanuel, un de mes auditeurs, que je rencontrai, puis revis, un homme délicieux, très libre, un baroudeur, un motard, un qui prend son baluchon et part à l’aventure avec le sourire. Une amitié naquit, la seconde après Jérémie.

Je sentis l’écart se creuser avec Néo, nous ne vivions plus du tout la même chose, ne nous parlions guère que pour criser, la séparation devenait latente, et elle fut décidée. Chacun avec son chat reprend donc sa route, cela aura duré deux ans avec des hauts et des bas. Je n’en retiendrai que les hauts.

Light est devenue ma lumière, c’est donc elle qui imprime le voyage. Une loi ici interdit de sortir par voie aérienne ou par bateau un chat de moins d’un an. Donc je reste – nous restons – sur le continent, je repars vers le sud, direction l’Equateur puis le Pérou. Le voyage se construit au jour le jour, je me laisse porter par la vie, je ne décide presque plus de rien, j’écris mes livres, je suis souvent seul et me sens plein.

Nous partons donc ce vendredi si tout va bien, si ma carte bleue arrive vendredi comme prévu. Je sens que tout s’emboite à merveille, vendredi ca sera le 12, je dois être sorti pour le 16 de Colombie, ca va exactement se faire comme il faut, comme toujours.

En avant pour l’aventure, pour la suite de celle-ci, les deux prochaines années. Avec ma petite lumière à mes cotés.


1 commentaire: