dimanche 23 septembre 2018

Tout le monde en parle ... trop !




La machine médiatique à exciter, focaliser lattention, faire le buzz et diviser a encore marqué un point avec la dernière saillie sur le plateau de l’émission dArdisson sur C8 du multirécidiviste Yann Moix.
"Si vous venez dire ici que les policiers ont peur, vous savez bien que la faiblesse attise la haine: dire que vous chiez dans votre froc, alors que vous faites un métier qui devrait prendre cette peur en compte...", a péroré le chroniqueur des beaux quartiers en pleine face des deux policiers sur le plateau, avant de les accuser de violences sur les pauvres et sur les migrants et de se drapper dans une gluante bonne conscience de gauche.

La semaine précédente, nous eumes droit à une polémique en guise de provocation tout aussi grotesque entre Eric Zemmour et Hapsatou Sy, le premier raillant la seconde à propos de son prénom et lui donnant un blame de mauvaise francaise de facto. On remarquera, sans savoir si les deux étaient de mèche, ce qui se tiendrait, que les deux avaient quelque chose à vendre, un livre, que les deux livres du fait entre autres du buzz cartonnent, et que deux pétitions 2.0 ont été montées tantot pour l’un contre l’autre, tantot contre l’un pour l’autre. A croire que les gens n’ont rien de mieux à faire …

Ces polémiques à la sauce télévision poubelle sont devenues l’alpha et l’oméga de ce qu on nomme l’information. Un ou une pas grand chose fait de la provocation, insulte, raille ou diffame un autre ou un groupe ou un métier, et on passe une semaine comme dans Astérix à s’envoyer les poissons de Bonnemine sur la tronche, plutot que d’aller chasser le sanglier dans la forêt.

Nous avons en stock un nombre assez impressionnant de ce genre de faiseurs d’ambiance, que ce soit dans les médias, dans les arts, dans la politique et dans ce qu’on appelle les people. On en trouve depuis l’extrême gauche jusqu’à l’extrême droite en passant par l’extrême centre. Ils peuvent être bien-pensants au possible ou salement mal-pensants, la logique est exactement la même.

Ce qu’ils disent, remarquons-le au passage, ne dépasse jamais le spectre de ce qu on appelle les opinions personnelles, parfois maquillées comme Zemmour, Fourest ou Finkielkhraut, de pensée magique, c’est-à-dire de propagande enrobée de raisonnements douteux à l’emporte-pièce et de formules choc censées rentrer directement dans le temps de cerveau disponible. Telles des décharges d’électrodes sur petites souris dans les cages des écrans plats, les provocations sous controle de ces professionnels plutot bien rémunérés pour faire des sketches happent l’attention, indignent scandalisent, font parfois rire, écoeurent, bref pataugent dans le registre de l’émotion hystérique et dans celui-ci seulement. A partir de cela, chacun appelle un numéro vert, tape 1 ou 2, tweete ou re-tweete, s’offusque mais – et c’est le but – en parle.

Tout le monde en parle, tel était le titre de l’émission d Ardisson autrefois sur le service public. 

La même logique prévaut dorénavant non seulement à l’Assemblée et au Sénat, mais jusqu’à l’Elysée. Monarque moderne, Macron a bien compris les bases de la communication en 2018 et lache à échéances régulières ses bombinettes, et ainsi occupe toujours le devant de la scène, et ce quel que soit le pourcentage de francais qui l’apprécient ou pas. Parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi.

Ces créatures médiatiques, authentiques pantins, qui s’adonnent à ces jeux vulgaires, quel que soit leur nom, quel que soit ce qu’ils disent, quel que soit leur rattachement politique ou idéologique, nous abaissent collectivement et individuellement. Nous perdons notre temps à les commenter, à les relayer, à les dénoncer ou à les soutenir. Evidemment à  les écouter. Ces marionnettes ont pris le pouvoir sur tant d’entre nous et tirent les ficelles de nos vies. Coupons-les, et sortons du petit théatre de leurs vanités.


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