mercredi 12 septembre 2018

Streisand, The way we were



OK. Streisand est pro démocrate, membre du parti, amie d'Hillary Clinton et d'Obama, elle est pro-Israel, fait énormément de dons pour ltat hébreu, ne s'exprime jamais à propos de la cause palestinienne, a connu Golda Meir et bien d autres, a recu des mains de Nicolas Sarkozy en 2007 la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres, est une incarnation de la bienpensance et une sorte d'icone LGBT.

Tout ca d'accord … Mais passons …

Streisand est avant tout une immense artiste et comme l'incarnation de celle qui est la dernière icone de la comédie musicale américaine. Sa discographie, impressionnante et de très grande qualité, au moins sur les décennies 60, 70 et 80 non seulement alligne les records de vente – elle est l'artiste féminine vocale la plus vendue au monde – et la longévité – 50 ans, 5 décennies, record absolu -, mais comprend des centaines pour ne pas dire des milliers de titres inoubliables. Sa voix, exceptionnelle, d'une pureté incomparable, la place à égalité – quoique dans un autre genre – avec les plus grandes chanteuses d'opéra. The way we were, Evergreen, Woman in love, My man, Hello Dolly, Memories … Comment être insensible – ca doit exister j'imagine, des pisse-froids il y en a partout – à de tels bijoux.

Chanteuse d'exception d'abord, donc. Performeuse aussi, ses concerts, très mielleux sur les aspects décors et speech, très Hollywood fric et chic, très chers aussi, sont quand même impressionnants, il suffit qu'elle pousse et maintienne la note et tout le monde se tait.
Elle fit très jeune du théatre et cela se sent. Elle est drole, extrêmement drole, quand elle s'y met. D ailleurs à ses débuts c'est cette corde qu'elle utilisait, pour ses shows géniaux à la télévision américaine, des bijoux à voir et à revoir autour d'elle qu'elle produisait et concevait entièrement de A à Z. Car Streisand, c'est une femme orchestre, elle controle tout, de la production à l'image, en passant par le jeu, le chant, la musique, parfois les paroles.

Actrice aussi jusqu'au bout des ongles. Assumant son nez et ayant mille fois refusé de le faire refaire – même si depuis, le bistouri elle a connu. Craneuse et fière avec ca. Une femme de poigne, une chieuse d'après bien des gens qui ont collaboré avec elle, exigeante pour ne pas dire maniaque. Streisand c'est une entreprise, une marque, et la dame entend tout maitriser. Parfois au cinéma ca donne des splendeurs, Funny Girl – oscar de la meilleure actrice -, Hello Dolly, Nos plus belles années, Yentl. Parfois de la soupe – Le prince des marées, une guimauve absolue avec Nick Nolte, son remake de A star is born, nul en dépit de la bande sonore, qui comprend quelques bijoux, ou The main event, kitcherie tarte avec Ryan O Neil ou la Streisand se travestit en … boxeuse …

On ne peut pas dire, elle a un certain sens du ridicule, mais parvient toujours à relever la barre. Elle a un coté bravache, une forme d'hermétisme au regard et au jugement de l'autre, elle s'aime, ca oui, et pas qu'un peu – et alors. Elle agace, elle minaude, elle regarde de haut, elle se prend pour le nombril du monde, oui. Lucide quand même, la dame, parce que bon, qui dans sa discipline, le chant, lgale de nos jours – personne.

Alors elle laissera une petite trace pour ses oeuvres au cinéma, ou elle aura mis en scène trois films d'inégale importance. Un premier, Yentl, somptueux, et deux autres plus banals. Yentl est d'ailleurs son dernier grand film – une cible pour antisémites de premier ordre -, il date de 1983, la musique signée Michel Legrand – qui fut son mari autrefois – est un pur chef d'oeuvre, le film est vibrant, sincère, admirablement écrit et joué, photo superbe, gorgé dmotion. Tout ce qui viendra après sera – est déjà – oublié, pas grave. Les disques qu'elle sort depuis le début des années 90 sont aux trois quart de la soupe pour hotels de luxe, très en dessous de ce qu'elle produisait auparavant, mais ce sont les reprises, les tubes, les triomphes que l'on vient écouter et réécouter pour la millième fois. Une chanson comme The way we were, quand en plus on songe à Robert Redford et à elle, dans le film éponyme prodigieux de Sidney Pollack, ces deux personnages amants des années de libération aux Etats Unis – une chanson pareille, elle résume nos vies.


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