lundi 10 septembre 2018

Sharon Stone, la dernière star d'Hollywood





Sharon Stone serait-elle la dernière star d'Hollywood – et en même temps comme l'emblème absolu de son déclin par rapport à son age d'or. L'actrice, sculpturale, surdouée, d'une beauté renversante, capable du meilleur comme du pire, incroyablement intelligente et incarnation de la femme qui jamais ne s'en laisse compter, peut revendiquer une carrière qui eut du mal à démarrer, slanca sur un role clef qui en une projection au festival de Cannes fit d'elle une icone mondiale, se perdit souvent dans des films totalement insignifiants, et connut en 1996 son apogée avec un role mythique dans Casino, un des plus grands films américains de ces cinquante dernières années.

Deux films, Basic Instinct puis Casino, deux roles, deux interprétations magistrales, somptueuses, ou la star mais aussi et surtout l'actrice éclattent de mille feux. Stone, dans le personnage de cette prostituée de luxe drug-addict du film de Scorcese qui va connaitre une ascension puis une descente fulgurante, incarne comme personne ce qu'est le mythe du veau d'or retranscrit à Las Vegas. Dans ce film, elle irradie, puis bouleverse, flanque le vertige, et sa terrible descente aux enfers entraine tout sur son passage, son mariage, son mari, le meilleur ami de ce dernier, trente ans de magouilles financières et toute une époque de malfrats tapageurs et violents. La femme, le role, sont si forts, si génialement interprêtés, incarnés je dirais, que ce seul film suffit à dire que Sharon Stone est une actrice absolument hors norme, et que si elle était née à une autre époque ou le cinéma américain ntait pas un cinéma pour post ados, elle aurait eu la carrière d'une Bette Davis.

Sharon, plus qu'une actrice parfois géniale, souvent égarée, est avant tout une icone, l'image d'une femme volontariste, connue pour un QI de premier niveau, brillantissime universitaire, une intellectuelle, une grande lectrice de grands auteurs, une surdouée. Ex mannequin, elle eut besoin de dix ans de galères et se heurta à tous les écueils, son explosion planétaire elle la vécut à la trentaine, et son succès agaca au plus haut point une Madonna cherchant à la copier, dont elle est le versant glamour et l'absolu contraire.

Les bons roles sont peu nombreux, Broken flowers avec Jim Jarmush, Mort ou vif sous la direction de Sam Raimi, quelques rares autres. Elle vient tout juste avec une série sur HBO, Mosaic, de connaitre une renaissance, les critiques louent son immense talent enfin retrouvé, elle qui fut longtemps absente des sunlights pour cause de maladie grave, connut mille mort et tout autant de résurrections.

Les très rares interviews qu'elle accorde, je pense à celui dans sa propriété somptueuse de Los Angeles, laissent voir une femme d'une classe et d'une dignité incomparables, très fine, et sans langue de bois. La femme vit seule, plus d'homme, mais quatre enfants adoptés avec lesquelles elle se montre plus que chaleureuse, une mère courage, fort drole, les laissant libres d'aller et venir. Elle fut fille d'un ouvrier féministe – eh oui – et son père très jeune l'encouragea à viser au plus haut, à avoir une confiance sans limites en ses capacités. Le résultat obtenu devrait surement plaire à ce si bon père.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire