dimanche 2 septembre 2018

Le Vénézuela en ligne de mire



L'on nous compte en nos journaux de fort belles histoires alarmantes sur le sort de ce qu'on nomme les réfugiés vénézueliens en fuite d'une dictature épouvantable et d'une catastrophe inflationniste faisant qu'avec une liasse de billets un habitant de ce pays peut à peine acheter un morceau de pain. 

Cette histoire faite pour faire pleurer dans les chaumières – les faits sont justes, les causes non - et préparer le terrain à des opérations humanitaires puis militaires sert une soupe, celle du colon américain, prêt à envahir le pays afin de capter ses gigantesques ressources pétrolières. 

Pour atteindre cet objectif crucial de la stratégie de l'Empire à la bannière étoilée, comme ce fut le cas autrefois pour le Chili, l'Argentine ou l'Irak, tout est bon. Y compris tuer économiquement un peuple, l'envoyer par centaines de milliers dans la misère et vers l'exode, faire parquer les émigrés dans des camps au sein des pays limitrophes amis comme la Colombie, les faire participer comme agents à des attentats sous faux drapeaux, manipuler les opinions en financant l'extrême droite vénézuelienne, lui enseigner l'art de l agit-prop et créer de toutes pièces des manifestations anti gouvernementales que les médias aux ordres montront en épingle en les attribuant au petit peuple.

Ce qui précède n est pas de moi mais d'un écrivain et journaliste, Romain Migus, installé, contrairement à toutes ces grandes plumes auteurs d'articles écrits par des propagandistes de la CIA, en Amérique Latine depuis 2005. Les sachants de toujours me rétorqueront que l'homme est payé par Maduro. Quand on n'a pas d'arguments, quand on ne connait rien à rien d'un sujet mais qu'on est arrogant par essence, on disqualifie l'adversaire d'un revers de main par un simple étiquetage réducteur censé servir de preuve d'autorité.

L'immigration au Vénézuela a toujours existé dans les deux sens. Ce pays fut une terre d'accueil pour nombre de colombiens pendant leurs difficultés économiques, et est en Amérique du Sud le premier pays des ressortissants de l'Equateur, son voisin. Des immigrés syriens et libanais y vivent depuis fort longtemps, des argentins avaient fui dans les années de crise leur pays d'origine et s'y étaient installés. Les vénézueliens aisés, eux, passaient souvent les frontières sans difficulté aucune. 

A compter des blocus économiques des Etats Unis en 2016, la situation s'est bouleversée, les classes populaires et les pauvres prenant le relai. Découvrant que les El Dorado vantés par les passeurs étaient une chimère, et rencontrant des populations locales, en Colombie par exemple, les regardant en chiens de faience du fait de leurs propres difficultés.

Requalifier de manière outrancière ces immigrés en réfugiés permit au président de la Colombie, grand allié de Washington et ennemi juré de Maduro, de parquer les ressortissants dans des camps, de fournir en images larmoyantes les médias aux ordres de l'olligarchie, et de recruter en leur sein des futurs membres de l'armée colombienne. Qui seront plus tard, ici comme ailleurs auparavant, utilisés pour de bien vils desseins.

Le pétrole, les ressources, l'argent, le pillage de pays et de leurs richesses, archéologiques entre autres, l'assassinat de dirigeants élus, la mise sur la paille de peuples, l'utilisation de terroristes créés de toute pièce, l'inversion accusatoire … Telle est la panoplie du coffre à jouets de ces diables déjà dénoncés par Naomi Klein dans La stratégie du choc, qu'hélas bien peu ont lu. La télévision de nos jours faisant office de disque dur, et les journaux comme Le Monde, Libération ou Le Figaro d'ingénierie sociale pour occidentaux pédants.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire