dimanche 30 septembre 2018

Le serment de Jeanne - Dialogue 7



C’était le 17 juillet de cet an 1429 après la mort puis la résurrection de notre Sauveur Jésus Christ, c’était un jour béni d’entre tous, un jour de liesse, un jour ou le soleil haut dans les cieux brillait, ou les foules, soudain sorties des quatre coins du Royaume, s’étaient en direction de cette Cathédrale de Reims assemblées, tel un troupeau d’ames en paix avec Notre Seigneur le Tout Puissant, après des années d obscurité et d obscurantisme. C’était jour de sacre, jour de gloire, jour ou résonnaient les trompettes de l’Eternel sur sa fille ainée, en cette ville bénie d’entre toutes.

Là, sur le terre-plein, sur l’immense place faisant face à l’immense cathédrale dont les tours montaient en direction des cieux, une clameur, bouleversante, ravageuse, s’éleva, des cris d’allégresse, des rires en cascade, des hourras et des bravos, tandis que, sortant de la calèche royale, le dauphin, notre dauphin, Charles l’encore dauphin foulait le pavé de ses souliers, prêt, enfin, à son sacre, à ce sacre du Royaume de France, ce pays de Dieu enfin réuni tandis qu’en son sein des hordes ennemies sommeillaient encore, incapables d’avoir pu arrêter l’inéluctable victoire de la Lumière sur les Ombres.

Et, me tenant non loin, je le vis, je plongeai mon regard en le sien, et il me reconnut aussitôt, et me fit signe de le suivre à quelques pas seulement, pénétrer la cathédrale, passer sous le dôme, franchir l’immense portail, me signer, poser genou à terre, recevoir l’offrande de l’eau bénite disposée en quelques gouttes sur mon front, jusqu’à le faire luire.

Je me sentis alors soulevée de bonheur et de liesse, en moi chantaient les vestales du Paradis Terrestre. Ici, sous la nef, s’étaient rassemblés, endimanchés sous des parures d’or, les nobles, les prélats, les qui comptaient, les qui avaient pris leurs distances avant que de revenir un à un. Et tous les regards convergeaient sur notre Sire, marchant en direction de l’autel, le pas droit et le regard pénétré. Fier que de porter enfin la couronne au nom de notre Seigneur Dieu Tout Puissant.

La cérémonie, enchanteresse, nous laissa tous éblouis, comme un réveil, une résurrection après des années de deuil, enfin, enfin réunis, enfin unis, enfin, oui !

Je vis l’archevêque poser la couronne sur le front royal, mon Sire abaisser respectueusement sa nuque, accueillir le poids de la couronne, puis redresser lentement le cou, se retourner vers ses sujets, soulever lentement ses longs bras, et se laisser pénétrer par l’immense rumeur de joie qui de tous les bancs s’éleva.

Il fut sacré Roi de France, Charles VII, le septième du nom.

C’était le 17 juillet de cet an 1429 après la mort puis la résurrection de notre Sauveur Jésus Christ, c’était un jour béni d’entre tous, un jour de liesse.

Un jour ou le soleil haut dans les cieux brillait …


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