samedi 25 août 2018

Impeachment en carton



A peine élu que ses ennemis, démocrates mais pas que, ceux pour qui la désignation de Trump comme candidat aux présidentielles puis comme président des Etats Unis était en soi un authentique scandale, ceux-là pour qui la parole du peuple américain, quoi quon pense de Trump, importe peu, nous parlaient déjà dimpeachment. En tant que tel, ce digne représentant du politiquement incorrect était une absurdité, un furoncle, une honte vivante, et son élection un authentique crachat à la figure des bonnes manières. A peine élu quil convenait donc tout naturellement de le destituer.

Nous eumes droit pendant la campagne – vers la fin – aux accusations farfelues de collusion avec la Russie et de hacking. A des rumeurs sur des vidéos porno prises dans une suite dhotel de luxe avec Moscou montrant Trump avec des prostituées. A une étude de psychiatres et psychologues arrivant à la conclusion que le président élu était hautement dérangé et donc inapte à ses fonctions. Montagnes accouchant dune souris, les supporters dObama et dHillary nétant arrivés à rien.

Double coup dur, nous apprend t-on, qui secoue le socle à quasiment mi-mandat. Son ancien chef de campagne vient d’être condamné pour fraude fiscale. O scandale, Trump, en ami fidèle, sen désole et lui rend publiquement hommage, ce qui nest guère prudent sur le plan médiatique – cracher sur ses amis à peine condamnés, les bien pensants adorent ca, cf laffaire Weinstein – mais a le mérite dune certaine élégance – Trump élégant, un comble. Pire, son ancien avocat, Michael Cohen, le lache en plein procès attenté contre lui et révèle avoir fourni pour le président une importante somme dargent à deux femmes, une actrice de film X et une prostituée de luxe, contre leur silence au sujet de faits pouvant, dit-il, grandement interférer sur le scrutin de fin 2016.

On en déduit que le témoignage de deux professionnelles du X pouvaient selon les détracteurs de Trump faire basculer un scrutin national. Sur nos chaines les journalistes répètent sans rire ce mantra grotesque. Il faut sérieusement être soi de mauvaise foi soit complètement idiot pour penser deux secondes que lidée tient la route. Trump utilisait les services de prostituées et aime les orgies, la belle affaire, le scoop, le héros du Tea Party est un obsédé de la braguette, rien de neuf au soleil au pays du puritanisme et des excès en tous genres. Quelles révélations croustillantes censées faire basculer des dizaines de milliers de bulletins en faveur dHillary Clinton – on se le demande et on risque de se le demander longtemps vu que les ennemis de Trump éludent soigneusement la question, pourtant centrale si on suit leur raisonnement. Leur but étant de calomnier et rien dautre en sappuyant sur le serment dun avocat, cest-à-dire dun manipulateur de métier, traitre par dessus le marché à son client et sous la pression dun procès.

On nous ressort donc le coup de limpeachment, quelques deux mois avant les élections de mi mandat. Impeachment qui dans les faits ne tient pas la route. Car il exigerait une majorité à la Chambre – républicaine - , ce qui équivaudrait pour les députés de se tirer une balle dans le pied avant leur réélection. Et en plus une super majorité au sénat de 66 sénateurs avec une condamnation du président – républicain - de celui-ci. Dans les faits on en arrive à une impossibilité pure et dure. Qui en outre remet Trump en selle en le victimisant.

Ce que savent bien entendu les ennemis du président actuel, mais ce qui ne les dispense aucunement de faire de lagitation. Calomniez calomniez il en restera quelque chose … Trump, malin, est parti se faire interviewer sur les antennes, se drappe dans sa légitimité et agite le spectre dun recul de la bourse si jamais …, ce qui est plutot bien vu car réaliste. Lhomme – on ne peut lui oter cette qualité – sait se défendre dans ladversité et distribuer ses upercuts sans céder une once de terrain. On disait début 2017 quil allait sécrouler sur lui même, deux ans plus tard il nen est rien. Il horripile Hollywood et New York City ainsi que toute la cote Est certes, mais que cela plaise ou non le pays dit profond le suit toujours, en dépit, et cest dans lordre des choses, dune certaine déperdition de son électorat, marginale si on le rapporte à lensemble. En clair le socle tient.

Il faudra donc à ses adversaires redoubler de pragmatisme, et surtout, plutot que de contester un réel qui ne va pas dans leur sens et sortir les boules puantes, bosser leur projet. Car les démocrates ont perdu lélectorat populaire et les minorités, et les républicains vieux jeu davant Trump nont toujours pas récupéré leur trousseau de clefs. Avec ses manières de matamore éructant, Trump les a tous démodés, et ces mauvais joueurs dans les deux camps nont en deux ans pas fait un pas, pas un. Médusés, impuissants, hypnotisés,  traumatisés et émasculés par ce résultat quils nont pas vu venir alors quil semblait si attendu pourvu quon quitte un peu ses ornières … La politique US est devenue une émission de télérealité animée par un présentateur derviche tourneur aux tonalités populistes armé dun compte Twitter, et ses adversaires en sont encore à piloter le navire comme un comité exécutif une multinationale avec des méthodes du siècle dernier.


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