mercredi 29 août 2018

Deneuve, une femme libre



Catherine Dorléac, plus connue sous le nom de Catherine Deneuve, actrice, star, probablement la comédienne francaise la plus connue au monde. Deneuve, ce nom est associé à la France, à Marianne, à la femme francaise, à lélégance, à la mode, à Saint Laurent, aux festivals internationaux, au chic de lavenue Montaigne. Catherine Deneuve, née Dorleac, famille dacteurs de théatre, quatrième dune fratrie de quatre sœurs, dont une, Francoise, partie trop tot en 1967, qui était son complément, et une comédiennne sidérante et inoubliée. Sa mort fut le plus grand drame de la vie de Catherine.

Depuis 1956, son premier film, à ce jour, plus de 60 ans sur nos écrans, qui dit mieux, pas beaucoup. Poutant rien a priori naurait pu nous faire deviner que cette timide et réservée jeune fille des beaux quartiers, avec sa discrète blondeur et son débit de voix rapide pourrait devenir le symbole même de la femme et de lactrice francaise dans le monde. On aurait davantage parié sur Francoise, plus excentrique, plus enjouée, au début plus douée que sa jeune sœur, plus comédienne quelle en somme.

Sauf que la vie en a décidé autrement. Catherine, après une succession de petits roles jusquen 1962, recontra Roger Vadim, qui la fit tourner dans Le vice et la vertu, tomba amoureux delle, lui donna un fils, et fit delle une femme. Prête à une des rencontres artistiques et humaines majeures de sa longue carrière, Jacques Demy, le poète enchanteur de Nantes. Ce furent Les parapluies de Cherbourg, la palme dor à Cannes, le triomphe international, les mélodies de Michel Legrand et les larmes à la fin de la projection dans toutes les salles du monde.

A compter de, la carrière senvola et elle attira tel une ampoule les meilleurs, en tout cas un grand nombre et pas que depuis la France. Polanski pour le génial Répulsion ou elle brisa son image, Bunuel avec Belle de jour puis Tristana, deux chefs dœuvre intemporels. Truffaut, pour deux films à plus de dix ans dintervalle, La sirène du Mississipi, un échec immérité avec Belmondo, puis Le dernier métro, son plus grand succès et un de ses roles les plus forts. Et tant dautres, Marco Ferreri, Rappeneau, Lelouch, Alain Cavalier, Robert Aldrich …

Une rencontre cruciale avec Marcello Matroiani, une fille avec lui, Chiara, des années damour traversées par nombre de films en commun. A compter du triomphe du Dernier métro, une autre rencontre décisive, André Téchiné, devenu son ami, avec qui elle tournera une succession de bijoux ou la vestale descend de son piédestal pour incarner des femmes ordinaires plongées dans la passion et le drame, Le lieu du crime, Les voleurs, Ma saison préférée et dautres. Un role à la Geena Rowlands ou elle donne le vertige, Drole dendroit pour une rencontre. Un film mythique aux USA, The hunger alias Les prédateurs, hyper branché, ou elle irradie, aux cotés de Bowie et de Susan Sarandon. Un triomphe avec Indochine, qui la couvre de prix et lui fait décrocher une nomination à loscar. Et puis une sorte dapothéose, Place Vendome, pour cloturer le XXème siècle, un role vibrant, ou elle se révèle tout aussi bouversante que Romy Schneider. Surprenante Deneuve, toujours libre, se renouvelant en permanence.

A compter du XXIème siècle, une présence sur les écrans constante, beaucoup de films de jeunes réalisateurs de talent, des choix de cinéphile exigeants, de jeunes partenaires mis en lumière à ses cotés, une curiosité artistique insatiable, une boulimie de roles, dont certains surnagent très haut, jamais rien de médiocre. Elle accepte même parfois des petits roles, une apparition, un clin dœil, juste pour participer, pour aider. Elle, connue mondialement, libre dans ses choix, gérant paraît-il son compte en banque avec désinvolture mais ses choix artistiques et ses amitiés avec une indéniable sincérité et beaucoup de gout.

Elle demeure libre dans son expression et ses prises de position. Du tact, beaucoup, elle ne se compromet pas dans des émissions de télévision, télévision ou elle se fait plus que rare, pour lui préférer les plateaux. Elle refuse obstinement le théatre, trop de trac, ingérable à ses yeux.

Elle mapparaît toujours inattendue, jamais étiquetable, on la sait de gauche mais elle ne verse pas dans la bienpensance et langélisme, elle défend ses amis, Polanski par exemple, avec constance et courage, elle a il me semble une naturelle inclination à voir le beau et le bien, à refuser obstinément les cancans, à rester toujours a une certaine hauteur. Et elle conserve un humour absolument irrésistible, y compris sur elle-même, une totale désinvolture par rapport à son poids et à son age, quelle assume cranement. Comme une authentique féministe dans le sens femme libre qui ne sen laisse pas compter et jamais ne se victimise. Victime, elle – jamais de la vie. Bien trop classe pour cela.




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