dimanche 5 août 2018

Carnets de voyage intérieur en ce monde - Bolivia



Le passage en Bolivie se fit de nuit puis à l'aube, une traversée de quinze heures en autobus brinqueballant, sur des routes accidentées, impossible de dormir autrement que par palliers, tant le dos ou les fessiers font parfois mal du fait des chocs et des entrechocs. Avec, o surprise, un arrêt à trois heures du matin par la police paraguayenne, contraints de sortir avec nos bagages, de faire la queue pendant une heure, de se faire fouiller puis controler. Avant la frontiere à sept heures, remplir des formulaires en espagnol illisibles, re-controle des bagages, queues à n'en plus finir.

Le contraste entre le Paraguay et la Bolivie est assez fort du fait de populations traditionnelles ici fort nombreuses, ces femmes indiennes ou incas toutes habillées avec des jupes épaisses, des pulls les uns sur les autres y compris par grosse chaleur, chapeau melon et tresses, portant toutes des sacs remplis d'on ne sait quoi. Ici les gens se baladent toujours chargés, à pied, en autobus, ca grouille, les visages sont souvent fermés, les habitations rarement achevées pour ne pas payer de taxes font apparaitre la brique rouge. Les abords des villes ressemblent à des no-go zones, le silence est quasi absent, le contact avec les autochtones du ressort de l'inexistant, sinon pour leur acheter leur camelote qu'ils vendent à tous les coins de rue. 

Sans doute le moins montagneux et le moins vert de tous les pays à ce jour visités, le plus pauvre, le plus replié sur lui-même, hormis La Paz, la capitale administrative, immense ville pieuvre à trois mille mètres d'altitude dans la montagne, la ville la plus grouillante et la plus bruyante, la plus stressante aussi dans bien des quartiers, ces gens qui surgissent par grappes, qui marchent sur les trottoirs en parlant fort, ces taxis klaxonnant tout le temps, et puis ces invasions touristiques.

La Bolivie reste mon moins bon souvenir quant au pays, en dépit de nombreux excellents moments, dus davantage à ce que je créais qu'à ce que je vis ou y vécus. Ce fut-là bas que j'achevai le troisieme Sundance, là-bas que je commencai les vidéos sur YouTube et que les premières décollèrent, là-bas que mes billets sur mon blog et ailleurs reprirent leur envol. Jtais toujours on ne peut plus régulier dans l'effort, profitant rarement du voyage en tant que tel, accompagnant Néo exceptionnellement dans ses excursions, me mêlant peu aux gens rencontrés, trop bavards, trop dans la distraction à mon gout.

Nous fimes trois haltes, Santa Cruz, Cochabamba puis pres d'un mois, interminable, à La Paz, ou je ne tins la durée vraiment que grace à Sundance, dont le développement correspondit à mon sens à un véritable climax, dont je fus émerveillé, tant mes doigts suivaient l'inspiration sans que mon cerveau intervienne, faisant de moi un premier authentique lecteur d'une oeuvre que jcrivai en état de transe absolue. Je parvins à trouver un café appaisant, avec cour, y allai chaque jour, m'y reposai, tant à l'hotel le bruit et la promiscuité mtouffaient.

La vie en Bolivie, il fallait bien un point positif, est extremement bon marché, les petits restaurants ambulants abondent, des petites dames assez rondes dans l'ensemble – en Bolivie les gens sont petits et ronds, les femmes surtout, ce sont ces dernières, au contraire du Paraguay, qui se tuent à la tache – te font à manger dans de grandes marmites, la nourriture y est copieuse mais très peu diversifiée. Je bannis, c'est simple, tout gras dans ce que je mange, aucun soda, leurs fritures jamais, parfois une pause au super-marché, du pain blanc et du jambon fin en tranches, des ananas, mangues, avocats, tomates, bananes, soixante sept kilos, je nage dans mon jeans, je perds un ou deux kilos chaque mois, bois de l'eau de jour, une orange pressée chaque matin, du whisky le soir. Crache mes toxines tout au long de la journée, ai de fait, je le sens, un corps vigoureux et sain y compris avec la nicotine que je crache avec les goudrons à peine ingurgitée, ce qui expliqua le scanner de mes poumons en 2016, impecables, de l'ordre du miracle m'avait dit la femme médecin de Saint Louis, pour un gros fumeur depuis l'age de quinze ans.

Les allocations de Néo, un an tout rond, cessèrent fin novembre. Comme par magie, mes rentrées prirent le relai, et à compter de début 2018 nous commencames enfin, après plus d'un an de galères, à moins tirer la langue. La vie m'avait testé, j'avais réussi haut la main l'exercice, la peur de manquer, raison dtre de mes trois dépressions, avait été entièrement vaincue. Je sus alors que jusqu'à l'issue du voyage les problèmes ne reviendraient dès lors plus. Ainsi est le sens d'une existence, un sens o combien simple à comprendre.


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