jeudi 2 août 2018

Carnets de voyage intérieur en ce monde - Les chutes d'Igacu



La traversée du Brésil en autobus demanda donc 27 heures, plus d'un jour, ou je passai mon temps entre moments de sommeil, rêveries en contemplant les paysages et pauses déjeuners ou diners. Nous arrivames finalement dans la ville d'Igacu, cote brésilien, en milieu de journée et après avoir pris un bus – ou Néo oublia Shadow … - nous trouvames un hotel confortable ou nous restames environ trois jours.

L'étape fut la premiere – à ce jour quasiment la seule pour moi, mais ca, les chutes d'Igacu, je ne pouvais pas les louper – touristique du périple. Une étape indispensable sur un des plus beaux sites du monde, des centaines et de centaines d'immenses cascades dans une forêt tropicale au sein d'un parc immense se répartissant sur les frontières du Brésil, de l'Argentine et du Paraguay. J'avais encore à cette époque un petit appareil photo numérique et décidai de faire mon second cours métrage grace aux possibilités offertes par YouTube. Et de dédier le film à ce dernier jeune amant que j'avais eu, histoire de loin de lui adresser un message d'espoir pour sa vie future.

Arrivés dans l'enceinte immense, nous montames dans un petit bus traversant la forêt en direction d'un point de randonnée à partir duquel pendant six heures nous découvrimes les chutes. 

Je puis vous le confier, être face à cela, à ce spectacle naturel, a quelque chose d'aussi grandiose, d'aussi somptueux, me fit, nous fit à tous deux monter les larmes aux yeux. Plus étourdissant jamais vu, immense, inoubliable, inoui, ces visions de paradis, ces échos des flots se déchainant sous un soleil de plomb, avec autour ces petits singes courant dans les arbres sous nos yeux, ces aras, ces oiseaux, mon Dieu que la nature est belle, là, nous étions au coeur du monde, en son point le plus hallucinant, le coeur même de la vie.

La complicité avec Néo prit ce jour tout son sens, il était, comme moi, absolument bouleversé, émerveillé, shootait, filmait, il fit de son coté des réalisations splendides, des montages photos, des clichés, des petites vidéos. 

Je nous revois tous deux trempés et rieurs traverser ce ponton entre deux cascades, passer sous l'une d'elle, regarder d'en bas des tonnes d eau blanche se déverser dans un tonnerre assourdissant, nous faire littéralement planer et decoller. Ce jour-là, dans ma vie, dans nos vies, fut un jour à part, inoubliable, inoublié, un retour aux sources, une communion d'avec les racines, connecté à l'eau, à l'air, à la végétation, à Dieu. Qui créa toutes ces splendeurs et nous en fit cadeau.

Nous rentrames vers dix sept heures, tels deux enfants n'en revenant pas d'avoir posé leurs pas ensemble en ce royaume d'éternité ou toute la beauté du monde converge en une symphonie de lumières étourdissantes.

Et le sommeil nous prit, et nous enleva haut, très haut, vers les cieux.


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