vendredi 24 août 2018

Agnès et Muriel dansent le paso-doble



Pour la rentrée, pas de deux de type paso doble entre deux dames de chez Macron, Mesdames Buzyn et Pénicault, dont les CV respectifs donnent le do, le re, le mi et le la sur lintentionalité et le rattachement au-delà des discours. 

Dame Buzyn, ci-devant représentante de lindustrie phamaceutique, feint de souhaiter que nos chères entreprises prennent en charge quatre jours dindemnités darrêts de travail pour les arrêts dits courts, en lieu et place de la Sécurité Sociale. Ce à quoi sa charmante collègue du Travail soppose sous le prétexte que cela nuirait à limage pro business de la fWance. Cela, dixit notre ministre de la Santé, responsabiliserait les entreprises si ces arrêts étaient lies à la détérioration des conditions de travail. « Ce présupposé n'est pas documenté de façon robuste et sérieuse par la littérature économique », lui rétorque dans les colonnes de lExpress sa charpentée collègue fana de la position de Yogi dans les colonnes de Paris Match.

Ce faux crépage de chignons par médias interposés, en clair cette fausse opposition interne au sein du gouvernement des ultra-riches a un objectif fort simple à décrypter. Faire sortir du silence le Premier des Ministres et ci-devant Monsieur Synthèse Chasseur de Couacs. Finie l’ère du gouvernement Ayrault ou en une désarmante cacophonie chacun tirait la couverture à soi jusquà rendre lensemble découvert. Sous Edouard Philippe les avis divergents sont là pour faire semblant. Si Muriel demande 100 alors quAgnès veut 0 alors je mets le curseur à 50, voila comment je me fais une réputation à peu de frais de philanthrope sensible à la question sociale.

L'article de lExpress évoque aussi une lettre d'Agnès Buzyn datant de juillet, dans laquelle elle s'oppose à un gel du RSA. « Je souhaite que le revenu de solidarité active soit exclu de la liste des prestations sociales dont l'évolution ne suivra pas celle des prix à la consommation », écrit-elle. Ses arguments : l'« économie modeste» que cela représenterait «135 millions d'euros en 2019 et 180 millions en 2020 », le fait que « l'intégralité de ces économies profiterait aux départements qui sont aujourd'hui financeurs de la prestation » et le fait que cette mesure serait « difficile à porter » en parallèle du plan pauvreté.

Notre Ministre de la Santé est donc bien dans le casting gouvernemental celle qui porte le flambeau illusoire de la défense des droits sociaux, de la veuve, de Cosette et de l'orphelin. Là encore, le Premier des Ministres tranchera et arbitrera au milieu du gué afin que plus personne n aie peur de Virginia Woolf. Et son porte-parole nous exposera à quel point Edouard Philippe tient à la fois aux grands équilibres et à l'aide de l'état aux plus démunis. Sans rire.

Faire clairement pencher le curseur au profit de ceux qui ont trop sans que cela se voit trop exige une tactique en deux voire trois temps, sur le rythme de la valse chère à Jacques Brel. Et donc la mise en scène de deux marionnettes ou deux Macron-nénettes si vous préférez. Ici Muriel et Agnès, chacune dans son role, chacune avec son script et son positionnement. La gentille et la méchante, la pingre et la dispendieuse, la généreuse et la picsotte. Sympathique astuce dont on voit les fils apparents, technique Sun Tzu cours préparatoire, mais qui fera sexciter en trémolos les invités éternels de C dans lair sur lair de Edouard tend la main aux pauvres.

Argumentation powerpoint pour pauvres oui, mais desprit.


2 commentaires:

  1. Christophe , j'aime quand vous écrivez de telles choses !Vous êtes un clairvoyant .
    Amicalement

    RépondreSupprimer
  2. j'aime votre éclairage ! me permet encore une fois de voir ''plus loin que le bout de mon nez '' Christiane WERNERT

    RépondreSupprimer