lundi 2 juillet 2018

Belloubet garde les pelles et les sots

1 commentaire:

  1. Bonjour,

    Rassurez-vous, nous sommes tout juste le 12 ou le 13 septembre. Je fais confiance à nos dirigeants, ils n'ont pas encore perdu de temps, ils vont "prendre des mesures" comme on dit. Laissez le temps à l'extrême-droite de jouer sa partition !
    Il est vrai que si l'objectif pour l'univers carcéral est ce qui est décrit dans le programme dévoilé par le Fabien renégat Eric Blair, alias Georges Orwell, après l'arrestation de Winston, il y a encore un peu de chemin à parcourir, mais je vous le dis, ne craignez pas, nous y arriverons.
    **********

    Ceux qu’on enferme dans le froid, sous les serrures solennelles,
    Ceux qu’on a de bure vêtus, ceux qui s’accrochent aux barreaux,
    Ceux qu’on jette la chaîne aux pieds dans les cachots sans soupiraux,
    Ceux qui partent les mains liées, refusés à l’aube nouvelle,
    Ceux qui tombent dans le matin, tout disloqués à leur poteau,
    Ceux qui lancent un dernier cri au moment de quitter leur peau,
    Ils seront quelque jour pourtant la Cour de Justice éternelle.

    Car avant même de juger le criminel et l’innocent,
    Ce sont les juges tout d’abord qu’il faudra bien que l’on rassemble,
    Qui sortiront de leurs tombeaux, du fond des siècles, tous ensemble,
    Sous leurs galons de militaire ou leur robe couleur de sang,
    Les colonels de nos falots, les procureurs dont le dos tremble,
    Les évêques qui, face au ciel, ont jugé ce que bon leur semble,
    Ils seront à leur tour aussi à la barre du jugement.

    Quand la trompette sonnera, ce sera le premier travail !
    Mauvais garçons, de cent mille ans vous n’aurez eu tant de besogne !
    Pour tuer ou pour dérober vous n’aviez guère de vergogne,
    Mais vous avez bien aujourd’hui à soigner un autre bétail :
    Regardez dans le petit jour, c’est le chien du berger qui grogne,
    Il mord leurs mollets solennels, et le fouet claque à votre poigne.
    Rassemblez les juges ici dans l’enceinte du grand foirail.

    Pour les juger, je vous le dis, nous aurons sans doute les saints,
    Mais les saints ne suffisent pas pour énoncer tant de sentences.
    Ceux qu’on a jugés les premiers, autrefois, pendant l’existence,
    Comme il est dit au Livre Vrai, ne seront jugés qu’à la fin.
    Ils jugeront d’abord le juge, ils pèseront les circonstances.
    À leur tour alors d’écouter l’attaque autant que la défense.
    Les juges vont enfin passer au tribunal du grand matin.

    Les tire-laine dans la nuit, les voleurs crachant leurs poumons,
    Les putains des brouillards anglais accostant les passants dans l’ombre,
    Les déserteurs qui passaient l’eau happés dans le canot qui sombre,
    Les laveurs de chèques truqués, les nègres saouls dans leurs boxons,
    Les gamins marchands d’explosifs, les terroristes des jours sombres,
    Les tueurs des grandes cités serrés par les mouchards sans nombre,
    Avant d’être à nouveau jugés feront la grande Cassation.

    On les verra se rassembler, montant vers nous du fond des âges,
    [...]
    Par le juge et par le mouchard, et par Caïphe et par Judas,
    Ils verront le grand Condamné, roi des condamnés d’ici-bas,
    Ouvrir pour juges et jurés le temps de la grande relève.
    R. B. 13 janvier 1945

    RépondreSupprimer