jeudi 21 juin 2018

Trump, un bleu !



En quelques mois, le président américain a accumulé les contentieux commerciaux avec la Chine, les principaux alliés des Etats-Unis dont leurs voisins au sein de l’Alena et l'Union européenne, ainsi que le Japon. Une menace pour l'économie mondiale. 

Donald Trump a demandé le 18 juin à son administration d'identifier 200 milliards de dollars de biens chinois en vue d'instaurer des droits de douane supplémentaires de 10%. C’est la réponse du président américain aux mesures de rétorsion prises par Pékin quelques jours plus tôt, après une précédente salve de taxes américaines. Washington avait en effet annoncé le 15 juin des taxes de 25% sur 50 milliards de dollars de marchandises chinoises «contenant des technologies importantes», pour compenser ce que la Maison Blanche considère comme du vol de propriété intellectuelle.

Trump, suffit d'étudier son CV, ne comprend rien à rien à l'économie financiere internationale, à la diplomatie et a la stratégie. L'homme hérita d'un empire, le fit fructifier à force de faire des coups, le mit a terre, le fit renaitre, le détruisit une seconde fois puis à nouveau le fit ressuciter. A ses yeux, l'économie mondiale marche pareil, comme au casino à Las Vegas, tu joues, tu gagnes, tu rejoues, tu perds tout, tu files quelques biffetons à la banque et tu te refais une santé. Au passage tu éructes, tu menaces, tu tonnes, tu recules si tu sens que le tapis glisse, tu fais le gentil, tu souris béatement et tu palpes.

Ses décisions et orientations sont toutes pires que casse-gueule. Le déclin de l'Empire Américain – titre d'un film québécois jouissif des années 80 – avait commencé bien avant son ascension au bureau ovale, mais force est de constater que les initiatives anachroniques de ce président qui se croit encore au Far West accélèrent dangereusement la tendance tout en mettant en danger la totalité de ses alliés. Lesquels sont tellement mauvais et anachroniques eux-mêmes qu'ils accumulent à leur tour toutes les erreurs les plus élémentaires.

S'il y a un as au jeu du capitalisme mondial c'est bien la Chine, invitée de marque de Davos saison 2017 et grand gagnant du mercato international. Le créditeur numéro un des Etats Unis visé par les menaces de son débiteur, rien que l'idée rend compte à quel point Trump est un bleu. Les chinois qui viennent de faire avaliser par l'Arabie Saoudite le paiement du pétrole – les premiers acheteurs au monde de pétrole sont, pas de bol, les chinois – non plus en pétrodollars mais dans leur propre monnaie … à compter du 2ème semestre 2018, c'est-à-dire demain. Qu'on ne nous dise pas que cela sera sans conséquence sur la monnaie américaine et donc européenne … Que Trump l'ignore. Qu'il ignore vers quelle destination sont partis les avoirs des ultra-riches depuis un an et quelque – au hasard les Rothschild.

Face à ces dangers immédiats quelle stratégie joue Monsieur je-casse-mes-jouets, celle du tout pour le tout, puisque je suis en train de perdre la face et des parts de marchés je renverse la table, je menace mes alliés après avoir déchiré l'accord sur le dossier du nucléaire iranien, je mets mes taxes partout aux frontières, je fais mon intéressant sur les mineurs mexicains avant de reculer – la reculade est une des postures les plus courantes de ce grand courageux -, et surtout je fous la merde partout ou je passe, en bon éléphant dans un magasin de porcelaine.

Face à pareil matamore, on pourrait penser que ses alliés historiques, Merkel, Trudeau, Macron et les autres, se concerteraient et adopteraient une stratégie contre-offensive claire et respectueuse de leurs propres intérêts. C'est sans compter l'absolue nullité et le manque de courage habituel de ces marionnettes que sont les dirigeants européens et du Canada, pour beaucoup contestés sur leur propre sol par leurs opinions, en panne d'amour et de soutien, mais surtout totalement abandonnés, tels des enfants sans boussole, par le Dieu Amérique. 

Tous ces pleutres me font penser à ces dirigeants de PSA qui vont quitter piteusement le marché iranien ou ils faisaient un juteux business pour un plat de lentilles. A part lire un haut de bilan de grands actionnaires et prendre des mesurettes pour casser leurs pauvres un peu plus, ces pantins ne savent rien faire. Ils se sont ridiculisés au G7, préparent leur sommet européen fin juin en relisant les argumentaires de leurs cabinets, se passent des coups de fil et vont une fois encore accoucher d'une souris.  

Le navire s'approche de la banquise, et nos têtes de pont, tels le capitaine du Titanic, en sont à faire des calculs d'apoticaire sur la probabilité– ou pas – de couler. 


1 commentaire:

  1. Ce n'est pas un bleu, c'est un histrion chevronné ! Il n'est pas là pour le bien du pays mais pour faire croire que la catastrophe imminente, qui a bien d'autres causes que les excentricités d'un gusse, sera due à ses actes "droitiers" et à son irréflexion...
    Objectivement, c'est un extraordinaire agent d'intoxication : lire Pierre Nord !

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