jeudi 14 juin 2018

SNCF - Mise à mort programmee d'un service public



L'histoire de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) commence le 1er janvier 1938, date de l'entrée en vigueur de la convention du 31 août 1937 portant sur la création de la SNCF. À partir de cette date, celle-ci se confond pratiquement avec l'histoire des chemins de fer en France, puisque la SNCF reprend la concession de la quasi-totalité du réseau ferré français, à l'exception des lignes secondaires (VFIL), jusqu'à la création de Réseau ferré de France (RFF) en 1997. Une nouvelle réforme du système ferroviaire français, entrée en vigueur le 1er janvier 2015, réunifie la SNCF et RFF au sein d'un groupe public ferroviaire unique.

La SNCF est créée sous la forme d'une société anonyme d'économie mixte dont l'État possédait 51 % du capital. Elle reprend l'actif et le personnel des grands réseaux privés (Compagnies du Nord, Paris-Lyon-Méditerranée, Paris-Orléans, du Midi, de l'Est) ou publics (chemins de fer de l'État, chemins de fer d'Alsace-Lorraine). 

Dès les premières années de son existence, la SNCF est soumise à l'épreuve de la Seconde Guerre mondiale au cours de laquelle elle subit d'immenses destructions. La France coupee en deux rattache de facto une part de regions a l occupant. En 2006, la SNCF se verra trainee en justice pour avoir facture le transport de juifs, tziganes et homosexuels dans des trains a bestiaux – ce dernier point ayant selon les plaignants ete decide de son propre chef.

L après-guerre recentrera, au travers d'une entreprise organisée en six régions hexagonales, la mission dite de service public, avec l'Etat en stratège comme ce fut le cas pour toutes les entreprises publiques de l'époque. Loin de parler investissements à l'étranger ou ouverture du capital, la SNCF remplissait vaille que vaille mais de mieux en mieux le maillage national afin de permettre à tout-un-chacun de se déplacer sur le territoire – l'aérien étant, à cette époque, hors de portée de bien des bourses, et surtout pas encore rentré dans les moeurs. Parallèlement, des projets industriels d'envergure furent développés, donnant lieu à la mise sur le marché en 1983 du fameux TGV, qui révolutionnera à la fois le traffic interne et le marché sur le plan international.

C'est cet équililbre, imparfait certes, qui depuis hier grace à l'Assemblée, va a son tour, après La Poste, Air France, l'ANPE, France Telecom et tant d'autres, lentement imploser. Il ne s'agit évidemment point d'une première entorse – à ce titre l'année 2017, avec sa fermeture de lignes, de guichets et de gares fut riche en coups de canif – à la mission dite de service public payée par les francais pour eux-mêmes, mais, et la longévité de cette grêve qui n'en finit pas est à ce titre parlante, l'assaut le plus fort des intérêts privés jamais intenté depuis la création de la SNCF contre elle – et donc contre nous. 

L'affaire dite des cheminots n'en constitue qu'un épiphénomène, que ceux-ci me pardonnent, mais économiquement nous sommes davantage dans le symbole – casser un régime spécial né de luttes sociales anciennes – que dans une mesure de bonne gestion – tant les erreurs de gestion commises par l'équipe Pépy se sont multipliées en 15 ans. On pourra au passage remercier les têtes de pont des syndicats internes d'avoir su aussi intelligemment contribuer au désastre, et autant stre servis au passage – au détriment de leurs affidés…

La mise en concurrence sur le sol francais – le souhait de Bruxelles l'apatride – est la mise à mort des acquis de nos grands parents. La notion même de service public est de ce seul fait la cible. On peut garder en vie la bête et tuer l'esprit et la lettre, ce qui advient en parfaite connaissance de cause. Autrefois pilotée par des ingénieurs gestionnaires, l'entreprise publique est dorénavant livrée à des financiers avides de diversification et de profits à court terme. L'hyper segmentation de la structure juridique composée par l'ensemble des 185 filiales permet le flou et donc toutes les manipulations. RFF – la filière maintenance – en est un exemple flagrant.

426 députés vendus auront donc signé des deux mains oui à ce démantèlement qui certes se fera par palliers mais se fera. Ce qu'on nous vend par devant – la baisse des prix des billets – donnera lieu aux mêmes arnaques que le cout des télécommunications, une entente sous le tapis d'oligarchies multinationales se mettant d'accord sur le gateau à se partager et fermant volontairement toutes les lignes non rentables. 

La ruralité de facto sera livrée à l'abandon, les compagnies de bus de notre ancien locataire de Bercy, actuellement à l'Elysée, se révélant pour beaucoup des flops. Le consommateur acheteur sur internet de billets électroniques se verra confronté encore davantage à une offre plétorique aux ramifications invisibles ou – pire qu'aujourd'hui – la promotion sur l'aller sera compensée par un doublement du billet retour et une impossibilité de recours faute de personnel.

Dans les trains eux-mêmes – point besoin de revoir quelques films d'anticipation – l'intelligence artificielle prendra demain ses quartiers. Déjà les controleurs et les prestations de restauration diminuent. Demain – on parie – des trains qui s'autoconduisent par ordinateurs sur un réseau dit intelligent – les voitures sans conducteur existent déjà. Un surveillant du tableau de bord en cabine de pilotage, une madame pipi pour 20 rames, deux vigiles d'une société de sécurité privée, une 1ère classe avec 50 prestations de luxe– épicetou.

Voilà. Voilà le sens de cette réforme qui est – comme toutes les réformes imposées par l'ultralibéralisme triomphant – une immense régression sociale et sociétale. Un jeu de bandes ou le haut palpe bien davantage au détriment de tous, avec l'assentiment de tous les politiciens en exercice tant à Bruxelles qu Paris. Le lent massacre programmé d'un bien commun. Un de nos plus beaux fleurons. Dont – merci les attentats, les antifas, les black-blocks du 1er mai, la communication elyséenne en guise de cache-sexe, Mamadou, à présent la Coupe du Monde de Foot – on aura si peu parlé en définitive, ou alors par le petit bout de la lorgnette avec l'ami Pernault et ses pauvres voyageurs se lamentant à ses micros complaisants.


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