vendredi 15 juin 2018

La comédie humaine - La Cagole



Maquillée rose vif telle une voiture volée, peinturlurée talquée poudrée épilée cramée au four-à-micros-ondes, revêtue d'une jupette ras-la-touffe, d'un bustier serré au lacet sur les lolos, d'un serre-tête banana slip et d'une veste jeans déchirée, juchée sur des talons flamant-rose la faisant chuter au moindre pavé, la Cagole, dérivé humanoïde de la perruche avé-lassent, s'en va faire les cent pas sur la Cannebière armée d'un immense et bordelique sac-à-mainGUEs et d'un Xphone spécial selfie dernier cri.

Dotée d'un organe vocal poussant vers les aigus et d'une capacité à rouler les R comme la farine, la Cagole, Jozik de son prénom, shampouineuse de métier, fait concurrence à la gru de quai sans pour autant vouloir lui piquer son business. Aussi fluorescente qu’un bonhomme Cofiroute à l'heure du café, cette caqueteuse enjôleuse, authentique attentat sonore sur talons, fait autant partie du décor que les petits malfrats aux costumes blancs et aux chapeaux Scarface. Peu diplômée mais peu avare d'une parole défilant telle une logorrhée sans fin, la Cagole Marseillaise, produit local de type Cordon Rouge livré sans code barre, anime rues, ruelles et terrasses de café de ses braillements incessants, de ses exclamations, de ses gesticulations et de ses vocalises. Pipelette de type Lapin Duracel, cette sympathique caricature de transgenre méditerranéen est à la femme ce que le marteau est au clou – une Afida Turner locale, peu voire pas importable, sauf dans certains salons de manucure de banlieue.

Pourvoyeuse d'infos de première main sur le look, la mode, les people, la piscologie et le programme de W8, cette intellectuelle Super U est telle la glu ou le sparadrap du Capitaine Haddock. Une fois lancée, impossible de lui couper la chique ! Spécialiste des phrases sans point final, la bavarde commentatrice contemptrice du Mooooonde n'aime rien tant que donner à tous bouts de champ son NAVIS sur les choses, depuis les plus futiles jusqu’aux plus accessoires, exception faite de ce qui releve du registre dit sérieux.

Bonne copine commère, spectatrice assidue de Plus belle la vie et d'Un gars une fille, cette serial killeuse de point Godwin Patience mitraillette à tout va à coup d'envolées lyriques à la mode des gallinacées, dont elle épouse la crête et le triple menton – ainsi que les graines, dont elle raffole. Aimant minauder, poser, croasser, glousser, se repoudrer le nez et se refaire les ongles des pieds en public en posant ses Platform-shoes sur la table à manger, elle fait davantage qu’occuper l espace, elle l'annexe. Jusqu’à extinction du dernier survivant.

Bridget Jones dans l'ame mais Conchita Wurst dans les faits, cette étrange chose entre deux âges, deux sexes, deux maris, deux cocktails et deux antidépresseurs a tout de l'oie blanche mode Amélie et Pamela Jacasse – les oies anglaises des Aristochats. Avoir à demeure pour les fêtes cet arbre de noël sur pattes équivaut à une traversée en 1912 sur le Titanic avec l'assurance que les barques sont trouées. L'accueillir pendant sa ménopause la certitude que Médor le chien et Caroline la tortue seront candidats au suicide. Lui faire pondre un fils équivaut à un cachet LGBT prénatal, tant la castratrice malgré elle a tout de la moman a pedouillou. Avec elle, un breakfast c est l'indigestion, un déjeuner un évanouissement, un diner un attentat à la pudeur et une nuit au lit l'assurance de retrouver son zizi dans la poubelle de la salle de bains. La Cagole, telle une tornade rainbow flag, ne laissant rien repousser, sinon l'envie de la trucider. 


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