lundi 4 juin 2018

Grands équilibres internationaux - Les idiots utiles du système




Il semble de plus en plus que dans cette immense comédie politicienne internationale autour des éructations de Washington – laquelle entend en pleine période de perte de sa suprématie économique impériale exiger encore et toujours plus en imposant des sanctions en veux-tu-en voilà – on assiste actuellement à un jeu de chaises musicales intéressant. 

Frappée de sanctions renouvelées, voila la Fédération de Russie qui vient tout juste d'adopter à la Douma une série de contre sanctions graduées contre quiconque se range derrière l'avis de l'Oncle Sam. Jean-Claude Junker, sous tutelle de l'Etat Profond anglo-saxon, véritable marionnettiste des Etats Unis et de ses vassaux, aligne les déclarations d'agacement et souligne que le rapprochement avec les russes est d'actualité. Macon, de retour de Saint Petersbourg, lui avait bien entendu emboité le pas et s'etait livré à un habile numéro de contorsionnisme sur le multilatéralisme – un gag quand on connait le logiciel du perroquet de l'Oligarchie, mais plutot bien joué. Il faut dire que les intérêts de la firme Total en Iran ne sont pas neutres, et que les amis de notre ami Gattaz ont fait leurs comptes et en doivent beaucoup aux fonds de pension US, lesquels ne sont pas exactement cocardiers comme leur Président et son Congrès.

La réalité des Etats Unis d'Amérique en tant qu'Empire unique et tonitruant demeure une réalité dans la seule cervelle de son anachronique Président. A l'heure ou le pétrole saoudien est acheté en monnaie chinoise par son principal acheteur mondial, lequel est le premier financeur du déficit américain, et ou des voix significatives – le Patron de la Réserve Fédérale, au hasard … - tirent la sonnette d'alarme sur les grands équilibres monétaires financiers, cette affaire de matamore voulant imposer des sanctions unilatérales et des tarifs douaniers est une preuve de l'incompétence absolue des têtes pensantes du gouvernement américain actuel comme des congressistes. La politique, fut-elle éruptive et tonnée par des shérifs aux abois, ne pèse guère à coté de la haute finance, laquelle reposant sur un volcan dont les règles échappent aux politiciens, tient tout le monde par les parties. 

Les peuples et leurs représentants, face à ce monstre tentaculaire, n'y peuvent rien, nos amis grecs l'ont appris à leurs dépends, et je crains fort qu'il en soit bientot de même pour nos amis italiens, dont le tout nouveau premier ministre vient de déclarer cranement la guerre à George Soros au travers de ses intentions affichées en politique migratoire. Tonner, déclarer, éructer ou promettre, quand non seulement on ne tient pas le portefeuille mais qu'on est endetté jusqu'au cou – il faut être bien naif pour imaginer deux secondes que cela va marcher.

Notons qu'en bons stratèges les russes et les chinois se gardent bien eux de faire des déclarations à l'emporte pièces. Loin de vouloir régir le monde ou de renverser la table a leur seul profit, ils se contentent, et c'est énorme, de réagir finement aux provocations en ignorant les plus grossières, tout en ayant, on n'est jamais assez prudents, reconstitué ces dernières années un très important stock d'or … au cas ou … La ligne d'équilibre, et c'est bien ce qui pose problème à l'Oncle Sam, n'en finit pas de se réequilibrer en leur faveur. 

Pour s'assurer d'une main mise totale sur l'ensemble du monde au travers de ses finances, l'oligarchie mondialiste a dorénavant besoin de faire accroire a la these d'un multilatéralisme de facade plus équilibré, condition sine qua non pour – sur le modèle des partis de gouvernements complétés par de fausses oppositions sur fond de scénario et de financeur unique – de renforcer l'illusion d'optique à destinations de citoyens gogos. Ainsi la Chine – héroine du Davos 2017 – et son allié russe – un Grand Satan d'apparence jusque la pratique et qu'il convient de dédiaboliser sur les bords afin de faire croire à la contine d'un Poutine sauveur des pays du Moyen et du Proche Orient – servent admirablement les desseins de cette oligarchie à laquelle toutes deux appartiennent au point d'en gravir un à un les échelons. 

Leurs nouveaux fans dans le camp occidental, ceux qu'on trouve parfois dans les troupes de Madame Le Pen et de Messieurs Mélenchon et Asselineau – pour tout dire, dans la tête de ceux qui croient encore à la thèse du Sauveur et a l'utilité de voter – ont besoin de se raccrocher à un bastingage, à un mythe pour avoir le sentiment que le bateau ne va pas couler. C'est sur cette illusion que le système n'en finit pas de se survivre tout en se renouvelant. Créer et financer thèse et antithèse - capitalisme et communisme, hitlérisme et sionisme, République en Marche et France Insoumise. Créer des systèmes de croyance et les prétentions qui vont avec. Faire croire aux gens qu'ils sont libres, qu'il existe une sortie par le haut – comme ce fut le cas avec Tsipras en Grèce – pour finalement mieux les étouffer et continuer à tirer les ficelles. Dans ce petit jeu fort distrayant, les plus surs d'eux-mêmes, les plus virulents à la Trump, les plus tonitruants, sont d'excellents agents électoraux malgré eux. Sans ces sympathiques idiots utiles, le castelet s'écroulerait sur lui-même …



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