mardi 22 mai 2018

Nos banlieues, jouet des manipulateurs politiciens



Des policiers mis en joue par des individus armés de Kalashnikov et cagoulés dans une cité à Marseille … juste avant la présentation du plan banlieue du – je cite Macron, pour le coup cocassement insolent – duo de males blancs dont ce cher Jean-Louis Borloo. Plan rejeté par son Excellence, lequel trouve la méthode d'injection de milliards saupoudrés obsolete. Lui préférant un assemblage de mesurettes déja actées par le gouvernement Edouard Philippe. En clair, police de sécurité du quotidien, dédoublement des classes de CP, emplois francs (aides aux employeurs sous conditions géographiques), aides pour que les jeunes de banlieue trouvent stages et apprentissages.

Au moins si cela se limite à cela ne découvrira t-on pas trop tard que l'argent public est recyclé en achats sur internet d'artilleries russes lourdes. Quoique mon intuition – mais pas qu'elle – me souffle que les stocks sont déja constitués dans les caves depuis des lustres, et que la petite fusillade est juste un avant-gout de ce qui nous attend.

S'occuper des banlieues en trempant dans l'angélisme, telle fut la méthode de nos politiciens de gauche comme de droite. Distribuer les milliards sans controler dans le détail en omettant la ruralité, privilégier le bati sur l'humain, fermer les yeux sur les associations culturelles financant des mosquées salafistes, laisser les recruteurs qataris et saoudiens faire leur marché sur place. Et surtout laisser les gens dans leur merde à force d'abandons de services publics, d'absence de moyens de transport et de discours culpabilisant – sur le port du voile par exemple – en amalgamant tout et n'importe quoi.

Résultat, explosion des zones de non droit ou les flics se font tirer comme des lapins, sous-sols et caves interdits de visites par la hiérarchie de la Place Beauveau, stigmatisations à gogo sur fond de montées des racismes, cités a la limite de l'insalubrité ou l'amiante règne et met des enfants en bas-age en danger de mort, populations abandonnées, jeunes sans repères rejetés dans un ensemble compact de racailles et connotés exclusivement Maghreb. Et cascade de discours politiciens creux exploitant la misère.

Je ne sais si l'option Macron – qui a le mérite en surface du moins de stopper net un gachis, celui qu'on nomme politique de la ville, disons que pour une fois je ne lui jette pas la pierre meme si nous en sommes pour l'instant au stade de la communication pure – fera mieux que tout ce qui fut fait depuis la gauche de Mitterrand. Ce qui me semble en tout cas certain c est qu'aucun des problèmes de fond n'est traité avec ces mesurettes et que si celles-ci paraissent en théorie aller dans le bon sens elles flairent bon le catalogue Ikea-banlieues de cerveaux trempés dans la sauce de l'ENA.

Ces territoires sacrifiés hérités des trente glorieuses font-ils encore partie de la République, on peut se le demander. Ses habitants pour la plupart sont aux avant postes de la souffrance et de la violence subie – des violences dirais-je. C'est à eux, victimes de ce vivre-ensemble quasi mort, que je pense. Que retiendront-ils de ces images des JT de nos chaines, sinon un nouveau sentiment de désespoir … Ou est l'horizon, ou est la promesse, ou est l'avenir … Tant d'enfants sacrifiés sur l'autel des injustices, des amalgames, des omissions – jusqu quand la pétaudière de notre mauvaise conscience collective va t-elle tenir …


1 commentaire:

  1. Oui Christophe,un vrai désastre que ces plans pour les banlieues.
    Et pour le monde rural ce n est guère mieux c est l abandon total.Entendu ce jour de la bouche d un homme vivant dans un village:
    On parle de suicides d agriculteurs mais il y a aussi les artisans qui se suicident.Dans son village quatre sur quatre ans.On les a retrouvés pendus ou idem dans leur cave,dont le boucher ou le petit boulanger du coin par exemple.
    En parlant de boucher,celui proche de chez moi a capitulé,grevé par les taxes.Liquidation judiciaire.Depuis prés d un an.Et personne ne reprend la suite.Peut-être va-t'on apposer un panneau Potemkine sur la vitrine représentant une myriade de clients parmi des rayons garnis?
    Quant aux banlieues pourquoi ne pas peindre sur les façades des immeubles des gens souriants nous faisant de gracieux saluts de la main?

    "Favoriser l implantation d entreprises..."
    Dans une banlieue qui craint autour de ma ville,ça doit faire deux ou trois fois que le petit supermarché se fait braquer par des cagoulés en plein jour devant des clients.
    Quant à un épicier de ma connaissance prés d une barre d immeuble en ville proche de la gare il s est fait lui aussi braquer dans son commerce par des cagoulés et a fini par capituler devant les difficultés.
    Moi- même en passant dans une petite rue longeant cette barre pour me rendre chez un petit menuisier maintenant fermé j'ai eu droit à un jet d oeufs,puis une petite pierre et un jet de bouteille une autre fois.
    J évite maintenant.
    Bon courage pour la suite.
    Mais c est pas grave.On reprend inlassablement les mêmes méthodes qui ont échoué et on recommence!
    L École Nationale des Abrutis.
    Une définition de la folie selon Einstein:reprendre les mêmes méthodes là où elles ont déjà échoué.
    Il y a quelques années,une de mes connaissances,rentrant avec sa femme de nuit chez lui,sur une route de campagne,dépasse une camionnette garée sur le côté où des hommes typés s activaient à saisir des armes de l arrière du véhicule.
    Pour aller où?
    Le couple n a pas trainé.
    Pas que dans les caves les armes à ce qui semble.

    Bonne continuation.

    LOUIS

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