samedi 12 mai 2018

Chefs d’oeuvre du 7ème art -Le vieux fusil



1944. Les troupes allemandes se replient devant l'avancée des Alliés. A Montauban, deux chirurgiens, Julien Dandieu et son ami François, travaillent dans l'urgence et parfois sous la menace. Inquiet, et menacé par la milice, qui voit d'un très mauvais oeil les soins qu'il prodigue à des résistants, Dandieu décide de mettre à l'abri sa fille, Florence, une adolescente, et sa femme Clara, qu'il a épousée en secondes noces, dans le château familial, une formidable bâtisse médiévale surplombant un village. Lorsqu'il retourne près des siens, c'est pour découvrir le massacre de la population et, dans le château où séjournent encore les SS, les cadavres de celles qu'il aimait...

Sorti triomphalement en 1975, Le vieux fusil de Robert Enrico est de tous temps un des films préférés des  francais. 3 millions d entrée à sa sortie, une pluie de césars, une diffusion régulière à la télévision … Ce qui s'appelle un coup de foudre, pas forcément partagé par la critique, laquelle pointe à raison la dimension quelque peu manichéenne, le manque de nuances dans le traitement de la vengeance et une mise en scène un peu plan-plan.

Reserves faites, la force emotionnelle du film, l'excellence de son interprétation – Noiret Schneider, peu dire que le couple est admirable -, la dimension inoubliable de certaines scènes, sans compter le fond historique avec le thème de la résistance à l'occupant, tous les ingrédients sont là pour plaire au plus grand nombre.

La construction en flash backs éclaire et donne à l'histoire sa force. Cette femme si belle jouée avec grace par Romy Schneider qui connait pareille fin, en effet le processus d'identification ne peut que jouer a plein. L'eden d'avant – admirable séquence du restaurant et de la voilette que Romy soulève puis de la déclaration -, la brisure, la revanche d'un solitaire. Avec des images fortes, la gégène, le miroir sans teint, la mort de l aimée, la fuite dans les sous sols, le visage froid du vengeur.

Scénarisé par Pascal Jardin, père d'Alexandre, musique de Francois de Roubaix, simple, sans chichis. Film on ne peut plus linéaire, efficace, qui ne prend aucune pose, conte son histoire un peu comme Sébastien Japrisot conta L'été meurtrier. Le vieux fusil raconte l'héroisme francais, la beauté des paysages du Lot, la vengeance de l'humilié, la haine contre l'ennemi occupant, celui-ci dans le film n'ayant pas de visage sinon celui du mal à l'etat pur, un mal aveugle, presque abstrait.

Alors chef d'œuvre du cinema, non, sans doute pas. Mais du cœur, ca oui.


1 commentaire:

  1. Bonjour, Christophe,

    S'il n'y avait pas la musique de François de ROUBAIX, ce film n'aurait pas eu la qualité d'un grand film.
    Robert ENRICO est sans doute un cinéaste un peu trop populaire dans les années là... Un peu "méprisé" par le petit monde de l'intelligentzia. Encore, aujourd'hui. Je trouve cela un peu injuste.

    Un autre film de lui : "Les aventuriers" accolpagné de la musique du même génial compositeur F. DE ROUBAIX, hélas décédé en plongée sous-marine, à l'âge de 36(!) ans, a du aussi vous plaire.

    Acteurs : DELON, VENTURA, Joanna SHIMKUS... Amitié entre hommes, tous deux amoureux de la même femme : femme-enfant, fragile et forte à la fois, sculptrice sur métal, à l'avant-garde, en manque de connaissance et de reconnaissance...
    Un voilier, des paysages exotiques magnifiques, la recherche de tous les dangers ; un trésor échoué depuis la 2de guerre mondiale...

    Je vous écris cela, en vrac, sans phrases, avec beaucoup d'émotion! Revisionnez-le! C'est un grand et beau film. à mon avis, plus grand, plus beau ... et plus subtil que "Le vieux fusil".

    Agréable dimanche à vous dont je découvre le blog et les expressions depuis quinze jours, au hasard de mes périgrinations sur Internet.

    Je vous suis chaque jour et explore vos écrits, photos et vidéos avec un immense plaisir. C'est aussi de LA DISTRACTION...

    Merci pour ces cadeaux! Grand merci!
    A demain, donc!

    Nine

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