mardi 15 mai 2018

Chefs d’oeuvre du 7ème art - César et Rosalie



Nous sommes en 1972, quatre ans après 1968. Troisième collaboration entre Romy Schneider et Claude Sautet, après Les choses de la vie puis Max et les ferrailleurs. Sautet, dialogues Jean-Louis Dabadie. Philippe Sarde à la musique.
Toute une époque.

Sautet, les années 70, la France Pompidou puis Giscard, Vincent François Paul et les autres, les Citroën, les repas entre amis le weekend, les cafés, les rues sous la pluie, les réunions d’amis, les fous-rires et les séparations … Sautet que Pialat admirait tant, auquel il confia plusieurs fois vouloir ressembler, tant son cinéma regorge de vie, de naturel, comme des vidéos super 8 avec des stars dedans, des films gorgés de vie qui reconstituent une époque, cette France, comme personne n’y est depuis jamais parvenu.

Ici Rosalie – Romy. LA femme française, idéale, idéalisée, belle, libre, simple comme une histoire simple. Une femme qui choisit. Choisit d’être libre d’aimer deux hommes et de ne pas choisir. Entre Yves Montant et Sami Frey. César-Montant renâcle, vitupère mais elle tient bon et il lui revient, elle est l’emblème de la liberté, de la grâce et du charme à l’état pur, cette Rosalie qui quand elle rit renverse sa tête en arrière. La voir de face, de dos – le dos de Romy Schneider, sa nuque … - elle est irrésistible, elle ne se laisse happer par rien et incarne à merveille cette vestale, au cœur de cet immense succès populaire, ou toutes les femmes s’identifiaient à elle et ou tous les hommes tombaient amoureux d’elle.

Il y a dans ce personnage si quotidien – on la voit conduire, cuisiner, faire un lit, faire tous les gestes du quotidien comme une madame tout le monde, ca Romy savait le faire mieux que personne, incarner toutes les femmes et briller comme une Etoile en même temps – quelque chose d’à la fois banal et extraordinaire. D’universel. Au point que la fascination de cette Rosalie joue sur toutes les cultures y compris les plus éloignées de la notre, et y compris au travers des décennies. Car le charme fou, irrésistible, de ce pur bijou gorgé d’amour joue encore, est demeuré intact après quatre décennies. Des Rosalie et des César on en connaît tous et en même temps ceux qui sont sur l’écran les transcendent tous, les magnifient, les subliment, leur offrent le plus beau des écrins.

C est ca la magie Sautet, une recette si simple que personne ne parvient à la recréer …


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