jeudi 26 avril 2018

Le monstre Paul Emploi ou la fabrique du consentement



Selon les dernières données mensuelles de Pôle emploi, le nombre de chômeurs a atteint un plus bas depuis près de quatre ans. Mais celui des travailleurs précaires continue sa hausse ininterrompue depuis la crise financière de 2008. 

Sauf que le diable se niche dans les détails.

Ø  la baisse du chômage se poursuit, avec 32 100 demandeurs d’emploi en moins (-0,9%) au 1er trimestre.
Ø  parallèlement, le nombre de demandeurs d'emploi exerçant une activité poursuit sa hausse, ininterrompue depuis la crise de 2008. Ces personnes – temps partiel ou en contrat court inscrites à Pôle emploi car elles cherchent un emploi meilleur ou plus durable – sont 2,23 millions au 1er trimestre, soit 1,5% de plus que fin 2017.
Ø  Résultat : le nombre de demandeurs d'emploi, avec ou sans activité, lui, ne recule pas, à 5,93 millions. Il est même en hausse de 2,1% sur un an. Cette situation illustre, pour certains syndicats, une précarisation du marché du travail.

Conclusion, enfumage. Depuis les changements de règles du décompte des chomeurs et la politique accrue de radiation, on parvient en theorie de mieux en mieux à cacher ces seins qu'on ne saurait voir, et à faire dire ce qu'on veut aux statistiques. Selon la bonne méthode du Ministère de l'Intérieur depuis Sarkozy, champion cocardier du bidouillage des chiffres.

Le Ministère du Travail est devenu en France un simple organe statisticien mensonger, aidé par le Pole Emploi, dont la pretendue mission d'accompagnement est en passe de devenir une chimère. Mettre des chomeurs dans des cases, les contraindre à suivre une logique purement administrative, les abonner de force à des appels surtaxés, leur imposer des sessions de réécritures de CV souvent inutiles et les pousser à se former coute que coute pour mieux engraisser des instituts – je pense que les francais ont pour une grande partie d'entre eux compris la manip.

Ce Paul Emploi selon la logique de notre gouvernement, une privatisation partielle puis totale lui pend au nez. Moi Daniel Blake – le superbe film de Ken Loach – va bientot s'exporter, ca sera chasse aux allocations, entretiens robotisés, impossibilité d'avoir un interlocuteur autrement que via un 08, radiations à foison, direction la CAF pour beaucoup et ses files d'attente et ses délais administratifs incompressibles. Au bout du bout, loyers impayés, expulsions, de nouveaux SDF, des divorces, des enfants placés par les assistantes sociales ici et là. Bref, du mourron à se faire pour les riens et les moins que riens.

Sans l'assentiment de fonctionnaires zelés y compris de tout petit niveau, eux memes pressurés comme des citrons par un management invisible, impossible d'orchestrer pareille catastrophe humanitaire nationale. Laquelle aura lieu car les petits soumis de Popaul ont besoin de bouffer, alors masque sur les principes et En Marche contre nos compatriotes.
Ne pas se rebeller ne serait-ce que par de petites actions bienveillantes envers tel ou tel exclus depuis l'intérieur de la machine c est se préparer à de funestes lendemains. Se refuser de voir et surtout d'agir à son petit niveau, c'est devenir à soi meme ce rien dénoncé par le monarque méprisant, c est lui permettre impunément lui et sa clique de nous tuer collectivement à petits feux. Ceux qui aujourd hui tiennent les cutters et regardent leurs petits souliers, demain ils le paieront. Forcément.

Le petit individualisme excité par le haut du panier a créé des petits esclaves à la Kafka, des petits monstres qui se cachent derriere leur petit doigt. Tu consens à te preter passivement à une entreprise qui produit du mal, tu deviens complice et donc tu paies plus tard. C est simple, basique, règle de vie élémentaire. Le nombre et le statut protecteur n'y font rien. Seul face à ton miroir tu sais, il n'y a aucune échapatoire pour les collabos, fussent-ils en CDD ou lilliputiens.



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