mercredi 4 avril 2018

Du rififi à l'ONU



L'ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassili Nebenzia, a annoncé le 4 avril que la Russie demandait une réunion du Conseil de sécurité dès le lendemain d'une réunion de l'OIAC au sujet de l'Affaire Skrippal. 

«A la demande de notre gouvernement, nous vous demandons de convoquer demain à 15h (heure locale) une réunion publique du Conseil de sécurité sur la lettre du Premier ministre britannique Theresa May» mettant en cause la Russie dans l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, le 4 mars à Salisbury, a déclaré le 4 avril l'ambassadeur de Russie auprès des Nations unies.

Deuxieme réunion à l'ONU donc en dix jours sur cette affaire totalement ubuesque dont le défilé des chapitres évoque les Pieds Nickelés. Et sert admirablement de stratégie d'enfumage sur le plan international. A propos de deux non morts dont un ex-espion qui dormait depuis des lustres en Grande Bretagne.

Flash back. Un espion. Russe. Se révélant jouer double jeu. Arrêté par les russes, interrogé, mis sous les barreaux. Il eut été facile alors pour nos pseudos diables du Kremlin de l'assassiner. Mais non.

Quelques années passent, branle-bas de combat, négociations classiques dans le monde diplomatique et de l'espionnage, tu me donnes 10 américains et britanniques et je te donne 10 russes. Skrippal est sauvé, il devient citoyen britannique.

Dix ans passent, l'ex espion vit sa vie tranquillement quand quelques jours avant le 1er tour des élections russes l'homme en question s'écroule avec sa fille dans un restaurant.
Un empoisonnement. Tout de suite la presse britannique s'empare de l'affaire et la monte en une, courte enquête, tests chimiques, résultat un poison chimique créé en ex URSS il y a plus de 40 ans, pas dans la liste des 41 armes chimiques de l'ONU. 

Notons que, d'une part, les entrepots russes conservant ces poisons ayant été insuffisamment sécurisés vols il y eut il y a fort longtemps sans que les coupables aient été retrouvés, et que d'autre part, la recette dudit poison est expliquée dans un ouvrage en vente sur Amazon depuis quelques années.

Chacun peut donc se concocter son poison ruskov à domicile, logique.
Sauf pour Madame May, en échec absolu sur le Brexit depuis deux ans et qui a besoin de redorer son blason. D'un coup d'un seul elle tonne et accuse Poutine et le Kremlin sans preuve, Boris Johnson son clown aux Affaires fort Etranges en rajoute une couche, on marche sur la tête, c'est Muppet Show au 1 Downing Street.

Excitations dans les chancelleries européennes. Macron le matin incite à la prudence – elle va trop vite ma collègue, ce ne sont que des hypothèses -, recoit un appel de David de Rothschild ou équivalent l'après-midi puis le soir nous annonce tout de go qu il s'apprête à expulser du diplomate russe.

Idem depuis 13 autres pays, 13 grands courageux indépendants de la City et d'e l'Etat profond US.

May convoque séance tenante une réunion extraordinaire à l'ONU – qu'ont-ils pu bien se dire, n'y avait-il pas plus urgent. 

Poutine réélu leur rétorque que ce sera dent pour dent, ca expulse donc à tout va, à trois mois de la fin des classes, j'en connais qui ont du être contents.

Les russes via Lavrov avaient deja humilié May en refusant son ultimatum et proposé une enquête internationale – refusée par les british. Puis adressé un questionnaire en 14 points à la France, pas nette du tout dans son implication souterraine pro Royaume Uni, pas de réponse pour l instant.

Donc rebelotte à l'ONU. 

Sur une affaire avec zéro mort, un ex espion pris pour cible – sur qu'en rien cette affaire meme élucidée ne changera la face du monde, sauf que nos dirigeants EUX ont décrété que c'était plus important que les exactions d Israel a Gaza d'il y a quelques jours, que ce qui se passe en Syrie, que le bitcoin qui plonge, que les périls sur le dollar dus aux décisions chinoises suite aux décisions de Trump sur les importations, que les mouvements à la baisse à Wall Street sur le dollar, que les mises en garde du patron de la FED sur un possible krach avant l'été– c'était dit à mi mots mais ce fut dit.

Donc enfumage sur toute la ligne, remplir à ras-bord l'actualité de cette affaire parfaitement secondaire permet de taire l'essentiel. Et à ce petit jeu tous complices.

Nos dirigeants, je pose la question, prennent-ils TOUS les citoyens pour des buses … 


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