vendredi 2 mars 2018

50 ans de cinéma SF - Matrix



Dans un futur proche, un jeune programmeur, Thomas Anderson, mène une vie routinière entre son travail « officiel », plutôt assommant, et ses activités nocturnes de pirate informatique, qu'il mène sous le pseudonyme de Néo. Un jour, un certain Morpheus le contacte, l'invitant à aller au-delà des apparences pour lutter contre « la Matrice ». Très intrigué, Neo finit par rencontrer son énigmatique interlocuteur. Ce qu'il apprend alors le stupéfie : d'après Morpheus, le monde dans lequel il vit n'est qu'une immense illusion, générée par un ordinateur ultra-perfectionné et contrôlée par un mystérieux organisme : la Matrice. Néo serait le seul homme capable de vaincre la Matrice et de mettre fin à l'esclavage de ses congénères...

Quelle pillule veux-tu Néo lui demande Morpheus dans cet opéra empruntant aux arts martiaux chers à John Woo. Cette question – rester dans l'illusion ou pénétrer le savoir – fait référence au mythe de la caverne présenté par Platon dans La République. Seul le philosophe, l'éclairé, peut parvenir à sortir de l'illusion par une quête sans fin – et donc sans certitudes – du savoir. 

Cette quête obéit à cette aptitude à avancer en densité par la pensée clairvoyante au moyen du questionnement socratique. Qu'on pourrait visualiser par ces combats acrobatiques au moyen desquels Néo – le nouveau, figure christique par excellence, qui meurt, ressucite, fait des prophéties etc …- cherche et fouille le réel et déchire un à un les voiles des apparences, ces faux reflets envoyés par la matrice et créés par elle au moyen de programmes.

Tel le philosophe, Néo le personnage emblématique libère les hommes, les libère de la machine, des machines créations humaines à la Descartes, et délivre un message de paix. Il est celui qui apporte la delivrance par rapport à la technique triomphante, à ces Frankestein créatures en capacité d'asservir leurs créateurs, ces hommes qui se prenant pour des dieux tissent des toiles aptes à les engloutir dans des algoritmes.

Parabole de la moderne servitude et récit philosophique puisant également dans les textes sacrés, Matrix, premier du nom, fonctionne en miroir. Les freres Wachowski utilisent les artefacts du cinéma d'action et de SF pour tendre à leurs contemporains un miroir à peine déformant de ce bocal dans lequel tout-un-chacun se complait. 

Et sussurent que l'effort seul, celui du coeur, celui du courage, celui de la pensée à meme de casser les barreaux de nos cages mentales, que seuls ces efforts humains paient. Il y a une pillule qui conduit à l'esclavagisme et l'autre à la liberté absolue. 

A chacun de faire son choix.



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