jeudi 3 août 2017

Les enfants gâtés de Mai 68


Mai 68 naquit d’un mouvement social ouvrier et fut récupéré par un paquet d’enfants de bourgeois et de petits bourgeois avides de liberté pour eux avant tout. Ils en avaient certes grand besoin car en effet la France du Général les corsetait, mais on peut légitimement avec le recul se demander si leur véritable slogan n était point IL EST INTERDIT DE M INTERDIRE. Tant le legs qu’ils laissent aux générations suivantes est mince et tant à eux il n’aura guère manque, à eux qui occupent encore le dessus du panier. Et mégotent les places et s’accrochent aux lustres comme des crabes.

Je parle bien des bourgeois et d eux seuls, ainsi que de tous ceux qui de quelque bord politique qu’ils soient ont gravité autour de ce modèle. Car quoi, l’emploi, les retraites, l’accès à la propriété et au crédit, la profession de bailleur et les loyers pratiqués ad hoc, le consumérisme, l’implication dans la publicité, les médias, les organes de pouvoir, les postes grassement payes dans les grosses boites à fric – ce furent bien eux et non la génération d avant ou d’après. Leurs parents ont connu la guerre, se sont saignés pour eux notamment sans forcément agiter l’héritage en chiffon rouge autant, et n’ont quant à eux pas accumule divorces et remariages. Que cèdent- ils donc vraiment, défiscalisation déduite, à la génération suivante sinon des règles, des leçons et des normes dont ils s’affranchissent souvent, eux les champions toutes catégories du libertaire pour ma pomme, je pose la question. Et une autre, ces héritages qui perpétuent les inégalités et déresponsabilisent quelque peu rendent-ils vraiment tant service…

De bonne volonté certes, mais encore et toujours et jusqu’au dernier souffle accrochés au guidon sans maitriser les nouvelles règles de conduite. Car ce monde tel qu’ils nous le lèguent le comprennent ils encore, j’en doute, il n y a qu’ a voir les chaines qu’ils écoutent, les livres et les journaux qu’ils lisent. Que du vieillot, que du compassé, que du XXème siècle. Et ça SAIT pour les autres, tous les autres, ceux la d à cote dont ils ne partagent pas la misère, ceux-là au loin dont ils méconnaissent la culture, eux qui a l’étranger ne quittent pas le VIP touristique et se contentent de ramener des poteries made in China. Ils ont et professent de belles valeurs d’amour de son prochain et de tolérance universelle, cela suffit amplement.

Faire la morale quand on a tout et davantage et qu’on ne se l applique pas toujours est facile mais rend peu crédible, c’est pourquoi certains de leurs enfants prennent leur distance au sens propre ou figuré. Cette génération surprotégée et gâtée ne se rend tout bonnement pas compte de sa chance et aligne les certitudes comme d’autres des perles. Pourquoi interroger le réel quand tout va bien et que la sécu paie et que la mutuelle rembourse. Et tant pis si leur corps leur parle, ils ne l’entendent guère et s’en remettent au spécialiste qui parce que blouse blanche dit le vrai par définition. Ou à l’expert es méditation tout droit venu du Népal et qui joue avec leur crédulité et leurs sous pour la bonne cause.

Pour eux Macron c’est tout bon, l’Union Européenne veut le bien des peuples, Le Pen est facho, l’écologie c’est merveilleux, le tri sélectif c est absolument indispensable et fumer tue. C’est simple à comprendre, d’ailleurs c’est ce que dit la TV. Et si le réel dit l’inverse alors dissolvons-le ça vaut mieux.
Ils ne le font vraiment pas exprès, ces gens-là sont foncièrement bons, aucun problème, juste un peu dépassés par les évènements et à l’abri autour de tables de restaurants que leurs propres enfants ne pourront jamais s’offrir par eux-mêmes. Depuis la place près de la fenêtre c’est à peine s ils peuvent distinguer le visage de cette femme sans âge en guenilles. Le plat est servi, attablons-nous, nous tacherons de lui donner une pièce à la sortie s il nous reste un peu de menue monnaie.

Eux qui souvent pontifient à la lecture du dernier bloc-notes de BHL dans Le Point, ils ne se rendent guère compte du regard que pose sur eux ce petit peuple, ce petit personnel à qui ils parlent parfois sur un ton légèrement condescendant avec l’air aimable, toujours aussi désespérément aimable. Ces gens-là n’en pensent pas moins et ont le savoir-vivre de garder pour eux ce qu’ils voient et ressentent, de ne pas relever ce propos à la limite de l’humiliation ou ce regard hautain qui ils trahissent parfois malgré eux. Car eux savent qu’ils n’ont pas le choix, ils sont dans la soute alors intelligemment et en pro ils jouent le jeu des apparences.
Ils font et se font la leçon et psychologisant à tout va à la serpe, comme dans le magazine du même nom. Freud est leur gourou, Juppé leur pape, Eric Emmanuel Schmidt et Eric Orsenna leurs auteurs de chevet. Quand a Cohn Bendit, leur héros binational labellisé UE et grand amateur de chair enfantine, c’est un bon pote et un type bien comme il faut.


Ils partiront entourés, ils le méritent, je dis ça sans ironie aucune. Mais quelque peu surpris de se découvrir mortels. Car sans foi pour beaucoup d’entre eux ils craignent la mort et la souffrance et veulent partir dans leur sommeil sans le moindre mot d’estomac. Interdit de m interdire, telle sera la prescription avec cheque qu’ils transmettront à leur médecin.


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