mardi 16 mai 2017

On n'est pas couché, on se réveille plus !


Numéro phare du Pinder Public, le cirque Barma s’adresse avant toutes choses à ces désœuvrés qui le samedi soir s’ennuient copieusement chez eux, parce que trop isolés, trop ennuyeux, trop déprimés etc… A ceux-là, la vaillante Catherine propose depuis des décennies la même camelote : le faire veiller tard sans coupure publicitaire apparente, au moyen de saltimbanques bruyants, ricaneurs et aboyant, d’invités faire valoir pour la plupart, d’un public jeune et tout sourires posé sur des tréteaux de foire. Et, bien sûr, d’un show aussi creux que racoleur ou, dans l’entre soi, on retourne a l’école maternelle.

Son joujou à la voix chochottante, sorte de Guignol binoclard Lapin Duracel, a un jour conté avoir failli, en sa propriété de Saint Tropez, empoisonner Annie Cordy avec un Space Cake. Pour ce crime avoué en un fou rire, le poulbot aurait déjà du être découpé a la rondelle et servi à son public adoré en sushi : pensez, attenter aux jours de l’immortelle interprète de Tata Yoyo et de La Bonne du Curé ! Ça mérite une interdiction d’exercer direct et un bon coup de pied là où il n’y a pas grand-chose !

Sauf que le champion de Je pete de rire de mes propres âneries en gloussant comme la mouette rieuse de Gaston Lagaffe est une star – enfin, de celles qu’on nous impose jusqu’à rendre tout le repas depuis le XVIIIe siècle : surpayé et invirable, surpayé donc invirable. Nous mourrons donc avec, peut-être par sa faute, à force et à la longue.

Les acolytes de cet Immortel du PAF se comptent par deux comme ce qu’on a dans le pantalon nous les hommes : deux faces d’une même pièce, Monsieur Pile et Madame Face, ou deux Monsieur Pile et Face ou Deux Madame. Les deux perroquets harangueurs ont dans le temps évolué, et pas forcément dans le bon sens. Les deux Eric, même vendus au système, conservaient quoi qu’on pense de leurs options quelque hauteur, et on ne s’ennuyait pas trop avec eux. La guerre des chignons avec Pulvar et Polony détonnait du fait de la rousse, tout sauf sotte, pour ne pas dire perspicace jusque dans ses nombreuses insolences. Le Bel Aymeric (ce prénom «  Friends en VF »), parfaitement peroxydé, avec une pensée de canard laqué-laquais fut un miracle pour la ménagère désœuvrée amatrice de jolis roquets creux comme une commode à Henin Beaumont.

Avec le duo actuel, Yann Moix Moix Moix et l’autre perruche dont je ne veux surtout pas retenir le nom (vu qu’elle n’est vraiment rien moins que personne), on a atteint le fond.

Le premier, sorte de produit dérivé vieilli à l’alcool ranci de Droopy, est un parfait exemple de ce que le Paris Germanopratin produit de pire : un fat agressif, érudit nais idéologue à peine masqué, grand cireur des pompes de BHL, parfait lampiste des puissants, ecrivaillon médiocre sans imagination aucune, et auteur de quelques téléfilms à l’esthétique Canal Plus pour décérébrés et Nuit des Césars. Celui-ci est le champion toutes catégorie de la non question longue comme un bras : je pense ceci, explique toi - et si je t’aime alors embrassons-nous -  et si je ne t’aime pas alors rends toi. Son humiliation par le pervers et roué Philipot fut un délice.

L’autre pintade blonde semble tout droit sortie d’un asile et donne l’impression d’être assise sur une plaque chauffante (d’où sans doute son petage de câble permanent, les neurones ayant grillé avant le générique). Pire qu’une aboyeuse, une harpie au rire hyper stressant, qui a tout du supplice chinois. Rester chez soi le poste allumé là-dessus relève donc d’un tempérament profondément suicidaire.

La brochette d’invités, mixture de jeunes pousses et de vieilles gloires, toujours les mêmes, est là pour faire tapisserie et glousser. L’un peut à tout moment ouvrir le Missel de la Bien-Pensance et nous faire la lecture de quelques versets en guise de page d’autopromotion : le public, conquis, applaudit.

On se gaufre une heure avec un Puissant, politique ou Grand Philosophe. De cette seconde race on en a peu en stock : sa Sainteté BHL, qui sniffe et deale avec tout le plateau pendant les prises, Finky la grogne, le cadavre de Glucksman (le premier philosophe français mort de son vivant), un ou deux autres epicetou. Là, nos huiles font un travail de réflexion absolument renversant. Encensoir Chanel ou pulvérisateur de patchouli, à la tête du client. Il y a de tout, jusqu’aux têtes de turc idiots utiles du cirque, régulièrement admis car faiseurs de buzz par essence.

Le show se doit d’être musclé et repris en boucle sur Youtube avec tout le toutim de bandeaux de réclames. Et aussi décervelant que possible, histoire de bien préparer les moutons à l’ère Macron. C’est, reconnaissons-la, parfaitement réussi sur les deux tableaux.

Les stars du chaubize suivent et se succèdent jusqu’au petit dernier, futur produit d’appel, et qui nous achève à deux heures du matin peu ou prou. Là, secoué comme une pastèque dans le coffre d’un camion sur une route non goudronnée, on a bien besoin de deux bonnes heures pour retrouver un semblant de conscience. Le sommeil ne viendra guère à bout de nos forces défaillantes, à moins de somnifères puissants. Apres pareil décervelage anxiogène, toute activité sexuelle est impossible.


Et nous voilà nous tirant du lit, la mine glauque et l’œil torve, dimanche peu après la messe, prêts à affronter, pas fiers, le miroir. On n’est pas couchés, tu parles vu qu’on se réveille plus !


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