mercredi 19 avril 2017

Adios Chaplin


Samedi donc, direction Asuncion, la capitale du Paraguay. Nous serons restés près de deux mois dans cette ville moyenne qui se nomme Caaguazú, dont un mois ici, dans la maison d’El Señor et de La Señora. Un mois sublime, avec eux, 73 et 75 ans, leur fils Juan, la chienne a trois pattes Queen, les poules coqs et poussins, le chat Le Chat et le chaton Chaplin, que finalement j’ai décidé de ne pas emmener avec moi comme Juan me l’avait si gentiment proposé.

A compter de samedi je n’aurai plus ces sublimes heures de solitude, assis sur une chaise ou bien debout à marcher à pas lents au milieu du Jardin des Songes. Ce jardin en long riche d’arbres, de fougères et de fleurs avec au bout le poulailler et la petite remise ou El Senor prépare le maïs et tue les poules et poulets que nous mangions le midi.

Je n’aurai plus le petit Chaplin (3 mois à peine) qui me suit au jardin, précède mes pas jusqu’à manquer me faire tomber, et me suit voire me précède la nuit quand je me faufile dans ma petite chambre avant de m’endormir. Ce magnifique chaton noir et blanc ne viendra plus monter sur mon torse quand je suis allongé et ronronner comme un dingue jusqu’à ce que le sommeil s’empare de moi.

Je n’aurai plus la Señora qui chaque matin me demande :
«  Que quiere usted para la comida ? “, et qui s’esclaffe en basculant son corps vers l’arrière quand je lui réponds en éclatant de rire : «  Quiero cocoricoco ».

Je n’aurai plus la joie de bon matin de les surprendre tous deux assis pendant leur prière dans la cuisine, et de dire comme elle « Gracias a Dios » dix fois par jour. De lui dire «  Salud a mi amigo Jesus » quand elle prend le chemin de l’église ou elle se rend trois fois la semaine.

Ils (elle surtout) nous auront et surtout m’auront adopté vite c’est fou, et magique. C’est survenu le soir de la mort de Chatte, quand ils m’ont vu m’écrouler en larmes d’avoir vu leur chatte empoisonnée mourir devant mes yeux. Quelque chose s’est passé ce soir-là, ils se sont dits : Ce français un peu solitaire et un peu hautain, enfin pas comme nous, eh bien si, justement, et pas qu’un peu ». Avec eux c’est comme si j’avais a 52 ans bientôt retrouvé de nouveaux grands parents.


Il va falloir dire adieu à tout ça, a ce bonheur simple, à cette famille, à ce jardin, à ces beautés-là, qui resteront gravées à jamais. Ce fut à mes yeux un épisode inoubliable de ma vie qui en compte maintenant pas mal. Je ne sortirai plus au jardin au milieu de la nuit siroter en silence deux bières avec Chaplin sur les genoux avant de lui donner le top de départ pour rentrer une seconde fois sous le drap.


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