lundi 10 avril 2017

99.99 vs 0.01


Depuis aout dernier, les termes de « vacances » et de « weekend » ne correspondent plus à rien me concernant. Ayant fait littéralement exploser le cadre les contenant, ainsi que tous les cadres a l’intérieur de celui-ci (je n’ai plus ni horaire ni montre ou connaissance de l’heure ou du jour de la semaine par exemple), je me trouve vivre une vie ou temps de travail et temps libre se sont totalement imbriqués au point de travailler et de me distraire en même temps chaque jour.

Pas un jour (pas un) depuis ce départ en Grèce ou je n’ai travaillé a quelque chose, que ce soit mon roman, mon job officiel, des vidéos, des tribunes libres et des billets, et mille autres choses encore. Et où je n’ai non plus cesse de me divertir, y compris et avant tout en exerçant les choses précédentes qu’on met dans la case « travail », lesquels font plus que me passionner.

Je l’avais il y a peu consigné dans un billet publie sur agoravox, travailler n’est point s’enchainer, bien au contraire. Ici au Paraguay je ne vois autour que des gens qui à tout âge partent travailler le sourire aux lèvres, la plupart d’entre eux à leur compte, que ce soit sur les marchés, dans de petits commerces de rue, et dans mille activités de ce genre. Aucun ne tire la tronche au travail, les enfants et les petits vieux même très âgés bossent et aiment cela. Il n’y a pas de retraite et personne n’en veut. Ceux qui parlent avec des liasses dans les poches de « valeur travail »feraient bien de venir ici se renseigner avant de vous faire gober leur infâme brouet.

Asservissement ici, libération là. La prétendue supériorité de la civilisation occidentale apparait ici purement et simplement désossée par l’observation des faits. Le culte du veau d’or envoie valdinguer l’homme dans le décor en le contraignant à sacrifier sa vie pour la gagner, comme si être sur terre était synonyme de rembourser une créance.

Il y a mille activités passionnantes dans lesquelles nous pouvons nous réaliser pleinement et qui sont utiles, très utiles, que ce soit aux autres ou à la planète, ce qui participe bien sûr du même mouvement.

Dépossession et dé-consommation sont de bons chemins, qui conduisent à la destruction de cette croissance voulue par des intérêts supérieurs, ceux-là même qui cassent tout à leur seul profit. Resserrons les boulons, serrons-nous les coudes en recréant des tribus partageuses, réapprenons à souder les générations les unes avec les autres. Accueillons à domicile nos parents quand ils sont vieux, ou allons chez eux les assister comme ils le firent bien avant pour nous, si tant est qu’ils le souhaitent.

Vendons nos bagnoles et achetons des vélos, vendons ou donnons tout ce qui n’est pas nécessaire, vidons nos greniers poussiéreux et nos placards remplis de vieux souvenirs. Produisons notre propre nourriture, n’avalons plus aucun de ces médicaments chimiques ni aucun de ces aliments sous cellophane bourrés de saloperies. Ça ne suffit pas le tri sélectif, c’est de l’attrape bobo.

Si l’on désire que le monde change il va falloir nous changer nous-même et transformer nos habitudes de manière bien plus radicale. Asséchons leurs poches, n’achetons plus dans la Grande Distri, attaquons-nous au cœur de ce système de la manière la plus concrète possible : ils finiront exsangues avec leurs richesses fictives qu’un dix millième de seconde suffit à augmenter dans les salles de marchés.


Ils ne sont rien, 0.01 pour cent, et encore. Que pourraient-ils faire contre nous tous, si nous y mettions tous ensemble ? Utopique vraiment ? Mais qu’avez-vous fait de vos rêves pour décliner d’un haussement d’épaules un truc faisable pareil et qui par-dessus le marché rend heureux ?


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