jeudi 30 mars 2017

Daddy Socrate et les choupis


Autrefois dans la Grèce Antique, notre bon vieux Socrate enseignait chaque jour à de jolis éphèbes la philosophie avant que de profiter avec leur consentement de leurs charmes. Ce qui en langage moderne s’appelle un win-win : le Monsieur qui a vécu et qui sait élève le plus jeune, lequel apporte en échange sa jeunesse et sa beauté. On ne sait si les ébats étaient fougueux et si le philosophe avait autant d’appétit au lit que de talents à philosopher : à cette époque Closer et les selfies n’existaient pas.

Il semble que de nos jours ou la jeunesse est sacralisée on soit parvenus en certains cénacles à une pratique diamétralement opposée. C’est que notre démocratie fonctionne quelque peu à rebours de sa pionnière à force d’avoir érigé le veau d’or et le plaisir comme Alpha et Omega. Courant après leurs jeunesses perdues, de vieux messieurs (pas si vieux que ca parfois) se pament devant de jeunes freluquets usant et abusant de leurs charmes et faisant raquer les papys en ricanant sous cape. Le jeune y gagne une préservation de son immaturité galopante et aussi quelques défraiements, pas nécessairement qu'en espèces sonnantes et trébuchantes. Et le senior (on dit Daddy dans ces cénacles ou Walt Disney est considéré comme une référence absolue) peut à loisir s’entretenir d’illusions tout en pestant sur les chaussettes sales du gosse abandonnées sur sa jolie table en verre Ikea a cote d’un paquet de chips éventré.

Au contraire de nos amis grecs, les ébats font l’objet de publicité : photographies et vidéos sur la toile, récits circonstancies aux proches ainsi convies dans la chambre à coucher parfois contre leur gré etc. Le propre du rien c’est sa capacité à se faire mousser. Bien sur tout le monde y perd, mais dans un jeu ou le corps social approuve l’alliage Vieux Dégoutant-Sale Gosse pourvu qu’ils aient l’air sympas et propres sur eux, ça passe comme une lettre à la poste. S’interroger sur les raisons profondes qui poussent ces jeunes enfants rois à ne pas aller fouiller dans leur inconscient les motifs enfouis de ces attirances quelque peu équivoques, ainsi que celles qui poussent ces vieilles gloires déchues à investir à l’aveugle sur une jeune pousse pas encore formée qui a tout d'une planche pourrie relève de la question hautement toxique. Nous la laisserons aussi en plan.

Tout n’est pas forcément qu’affaire de sexe dans cet alliage. Mais là aussi, dans ces élans qui peuvent pour certains etre ou avoir l'apparence d'etre sincères (et pourquoi n’y en aurait-il pas ?) il est surprenant de voir que ce sont les moins expérimentés qui tirent la charrue des plus abimes et non l’inverse. Qu’y gagnent les premiers : mystère, mais ils le font et parfois avec cœur et longtemps. Est-ce efficace ? La question reste ouverte.


Loin de moi l’idée de me gausser, vous me connaissez, je suis bien trop méchant et cynique pour ça. Mais quand même, quel étrange commerce que ces jeux à somme nulle ou chacun s’entretient et entretient l’autre dans une stagnation becasse au lieu de s’élever les uns les autres ? 

Nos ancêtres grecs qui contrairement à nous ne connaissaient pas grand-chose au marketing et aux applis de rencontres avaient pourtant bien mieux applique les règles élémentaires de Scruff et Grindr, vous ne trouvez pas ?


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