lundi 23 mars 2020

Les fantassins en blouses blanches se rebellent



A une semaine de la guerre déclenchée avec deux mois de retard par le petit poudré contre le coronavirus, les actions de grogne et de rébellion des tout premiers engagés dans le combat, ces blouses blanches que le pouvoir a qualifiées avec toute la démagogie et le cynisme qu'on lui connait, de héros de la nation, se multiplient de jour en jour. Jusqu'au dépôt de plainte contre Edouard Philippe et Agnès Buzyn, accusés par un collectif de 600 médecins de mise en danger de la vie d'autrui et de négligence coupable en les qualifiant de menteurs patentés. Signifiant ainsi un divorce consommé entre les professionnels de la santé et ces décideurs politiques qui sont à l'origine de tout ce qui à la lumière de cette crise sanitaire explose à la vue de tous - à savoir que notre système de soins qui autrefois était vanté et envié est devenu, pour reprendre les termes du chef de service des urgences de l'Hôpital Georges Pompidou, celui d'un pays sous développé. Et que ce jeu de massacre ne doit rien au hasard.

Imagine t-on seulement un commandement envoyer sur un champ de bataille inconnu contre un ennemi invisible un régiment de soldats sous équipé et en casques, et en artillerie, et en munitions, l'approvisionnant au compte-goutte, tachant d'éteindre sa colère en lui assurant qu'il vient de passer commande de grenades et de fusils depuis trois jours et que tout va progressivement s'arranger ? Alors même que sa principale compétence en tant que commandeur des armées consiste à s'assurer qu'à tout moment, dans l'hypothèse d'un éventuel conflit et donc bien en amont du déclenchement de la première bataille, tout le nécessaire doit être en haut lieu stocké et prêt à l'usage ? 

Si un commandement n'est pas même capable de remplir cette mission essentielle de son cahier des charges qui s'appelle l'anticipation en termes logistiques, à quoi sert-il ? Quelle est sa légitimité ? Quel crédit lui accorder ? Et quel sort lui réserver ?

Effet surréaliste d'une armée de fantassins qui tout en se démenant jour et nuit dans les tranchées pour le bien de tous et commençant à compter dans ses rangs ses premières victimes n'hésitent pas à balancer au visage de ses chefs leur absolue nullité ! Celles et ceux qui sur le terrain se battent sans relâche et risquent leur vie dénoncent de plus en plus fort en temps réel les approximations et les effets de manche de ceux qui occupent les postes de commande, mettent en lumière leurs contradictions, leurs mensonges et leurs dénis de réalité et exigent des comptes séance tenante... Tandis qu'acculés dans leurs retranchements, les généraux hors-sol, sous le feu des critiques, multiplient chaque jour les déclarations lénifiantes pour tenter de colmater les brèches qui ne sont autre chose que les conséquences de toutes leurs décisions passées.


mardi 17 mars 2020

Pour votre sécurité, qu'ils disent !



Pour votre sécurité, le mantra habituel des dominants. 

Il a bon dos, le coronavirus ! Combien de contraintes acceptées au nom d'une supposée sécurité avons-nous et allons-nous encore devoir tacitement accepter ?

On prépare lentement les esprits, par injonctions distillées au compte-goutte. Ils pourraient tout aussi bien, dans un registre analogue, interdire les courriers qui eux aussi passent de main en main, les journaux dans nos kiosques, les prospectus dans nos boites aux lettres, et puis tous ces produits que vous trouvez dans vos hyper et que les gens touchent, prennent puis reposent sur les étagères. Et tant d'autres objets de la vie courante qui circulent de main en main sans que l'on s'en rende compte. 

Mais non ! Pour votre hygiène et votre sécurité ils se contentent de focaliser l'attention sur ce que vous trimbalez dans vos poches de plus dangereux pour la santé de vos congénères, à savoir ... le cash ! 

Ce satané cash que subrepticement ils font disparaitre par toutes petites doses depuis quelques années de la vie courante.

Ce satané cash qui est un frein au tout dématérialisé qu'ils veulent généraliser.


Ce satané cash dont ils limitent de plus en plus les montants que vous pouvez retirer sur vos comptes, vu que c'est bien connu, ça leur permet de s'attaquer à la source du financement du terrorisme et de la drogue, les terroristes et les trafiquants de drogue étant évidemment chargés de valises de billets en permanence. Daesch ou les cartels seraient, nous suggère t-on, des entités totalement indépendantes de nos chères banques, elles n'ont pas de comptes offshore, elles ne font pas commerce avec des états ou des corporations comme Lafarge et elles cachent leurs magots sous leurs matelas comme le faisaient nos grand-mères ...La bonne blague !


Ce satané cash que nos chères banques rendent plus rare en fermant l'air de rien de plus en plus de distributeurs à billets.


Avec en tête cette idée toute simple que le jour où elles auront réussi à éradiquer le cash de la surface de la planète nous serons entièrement livrés à leur merci.


Pour votre hygiène et votre sécurité, qu'ils vous disent ... Dois-je vous rappeler cette citation de Benjamin Franklin ? 

" Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux."


Nos élites pour asseoir leur domination ont besoin de votre consentement et s'y prennent de manière graduée, les faux attentats qu'elles organisent et les armes bactériologiques déguisées en épidémies qu'elles utilisent leur servent d'accélérateurs, jouer sur la peur est un excellent moyen d'arriver à leurs fins plus rapidement. 

Actuellement personne si ce n'est vous même ne vous contraint par la force, chacun peut encore refuser. Nos élites cherchent à obtenir de vous un consentement de fait. Principe même du conditionnement des citoyens consommateurs qui acceptent sans sourciller les nouvelles règles restrictives qui lui sont imposées au fil de l'eau sans se rebeller vu qu'on leur vend un nouvel interdit sous un angle sécuritaire. Histoire de mieux visualiser ce vers quoi tend cette logique, jetez donc un petit coup d'œil sur ce qui se passe de nos jours en Chine en matière de technologies et de restrictions des libertés individuelles. Que du bonheur !

Si en entrant dans ce Super U et en découvrant ce petit panneau d'information vous consentez de votre plein gré ou sans réfléchir à accepter cette consigne aussi manipulatoire qu'absurde et ne détournez pas aussitôt les talons, alors il ne faudra pas vous plaindre des retombées futures avec le puçage RFID du bétail humain et toutes les conséquences en termes d'asservissement consenti par négligence, inattention ou naïveté à vos maitres les banksters. Nous, et dans ce NOUS je suis loin d'être le seul et encore moins le premier, aurons rempli notre devoir de vous alerter en temps et en heure.


samedi 14 mars 2020

Quoi de mieux qu’un sale virus pour se refaire une santé, Manu !



Le revoilà en piste, le petit planqué de l’Elysée, lequel, depuis le début de l’année semblait se contenter de quelques déplacements Potemkine ici ou là sous le feu de complaisantes caméras, et laissait Edouard Philippe en première ligne prendre coup sur coup sur la réforme des retraites. Notre omniprésent roitelet égotique, se sachant en son royaume haï et politiquement de plus en plus démonétisé, nous l’avait alors joué de mauvaise grâce Greta Garbo recluse en son château, en l’attente d’une circonstance exceptionnelle pouvant le remettre, lui et son nombril, sur orbite.

Ce qui arriva enfin avec l’arrivée sur notre sol de ce miraculeux Coronavirus, offrant à notre Jupiter d’opérette un nouveau canasson sur lequel poser son doux fessier ainsi que l’occasion de se remettre, plus qu’en selle, en scène. Dans un rôle pour le moins inhabituel, pour ne pas dire à contre-emploi.

Ce bienvenu virus, notons-le, arriva à point pour d’un revers de main décoller d’un coup d’un seul tous ces sparadraps accrochés aux basques de sa Majesté Empereur des Moucherons et opérer, tel un virus ayant attaqué le disque dur de la macronie, à une forme de reset juste après, hasard fortuit, l’adoption du 49.3.

Ainsi le grand ordonnateur de la casse de notre modèle social au travers de cette réforme des retraites synonyme de création à terme de davantage de pauvreté chez les futurs ainés et donc d’accroissement de problèmes de santé pour bien davantage de français parvint-il en un joli tour de passe-passe à se métamorphoser en sauveur des petits vieux en EPHAD, se mêlant soudain à eux face caméra, les touchant de sa divine mimine et multipliant à notre endroit les recommandations de solidarité envers eux.

Quoi de plus beau que de découvrir sous le masque de notre calculette sur pattes que ce qui hier était à comprendre comme une bouche de sans dents aussi inutile que couteuse bonne à euthanasier selon les bons préceptes de son maitre Attali devenait soudain à ses yeux un être humain à part entière ! Et notre Joséphine Ange Gardien millésime 2020 de multiplier les conseils, pensez à eux, ne les mettez pas en danger en allant les voir. Et de multiplier les sourires béats au milieu de ces si sympathiques retraités qui, o hasard, sont de coutume les premiers, vissés à leurs déambulateurs, à ne jamais oublier d’aller bien voter.

On notera que la gestion du Macaronvirus par sa petite Altesse connut quelques ratés, et un sacré retard à l’allumage par simple comparaison avec ce qui fut fait tant en Chine que chez notre voisin italien. Les déclarations hors-sol de la mère Buzyn, ses affichettes dans les aéroports, le fait que le jour même où fut déclaré le premier cas en Italie la dame ne trouva rien de mieux qu’expédier la totalité de notre stock de masques de protection pour notre propre personnel médical vers la Chine où ces mêmes masques étaient pourtant fabriqués, ces quelques semaines où la Macronie avait la tête ailleurs alors que la bestiole pénétrait tranquillement sur le territoire sans passer par la case douane, tout ca, balayé, oublié !  On passe directement du point mort à la cinquième, ce qui du coup, rendant pour beaucoup la chose illisible, en affole un sacré paquet, lesquels se ruent en masse faire des stocks de pates (italiennes ?) et de riz (chinois ?) dans les supermarchés. Puis on conseille à tout-un chacun de ceux qu’on traite tantôt en enfants tantôt en adultes responsables de surtout garder la tête froide et de s’engouffrer comme d’habitude dans des RER sur-bondés pour aller bosser.

Tous ces professionnels de la santé, ces médecins, infirmières, urgentistes, contre lesquels il y a quelques semaines encore la milice macronienne envoyait des gaz lacrymogènes, ceux là même qui à bout, travaillant comme des bêtes dans des conditions on ne peut plus désastreuses du fait de la politique même dudit monarque, qui depuis plus d’un an se heurtaient à un mur de surdité et de mépris, les voilà miraculeusement mis au pinacle par leur égorgeur et qualifiés de héros de la nation en blouse blanche ! Abracadabra !

Et cette santé publique, variable d’ajustement à la baisse de cette politique du chiffre des exécutants des encaisseurs des intérêts de la dette, voilà que le petit fondé de pouvoir des Rothschild fait mine de la remettre au centre de ses préoccupations premières !

Ah cet art de toujours dire l’exact contraire de ses propres actes, de surfer sans vergogne sur les plus belles intentions et les peurs pour les faire siennes le temps d’une séquence de pure communication de type écran de fumée, de tacher de caresser des segments de l’opinion selon des intérêts immédiats pour ensuite comme d’habitude les abandonner en rase campagne et sauter tel un cabri sur l’actualité nouvelle …

Réfractaires par nature, certains gaulois comprennent fort bien à la fois la nouvelle entourloupe et les contradictions de la posture du jour, laquelle laisse à voir de bien grosses ficelles. On feint de mettre la santé publique en tête de gondole et en même temps on fait tout pour ne pas casser le haut du panier de l’économie tout en faisant pleurer Margot sur le sort des auto entrepreneurs, des petits restaurateurs et des artisans. On interdit les rassemblements de plus de 100 personnes, on ferme ici et là quelques marchés découverts, on met en danger de mort de petites compagnies théâtrales mais on laisse les gens s’entasser dans les hyper de nos amis Mulliez, Leclerc et consorts. On conseille expressément à nos ainés de rester à demeure tout en les incitant à aller voter. On multiplie les annonces de reports de charge sans s’être au préalable assuré que les administrations de type Urssaf soient prêtes à exécuter séance tenante les directives présidentielles. Bref, on fait encore et toujours de la com., on se mue du jour au lendemain en petit père des peuples et en sauveur de la veuve et de l’orphelin avec en tête une et une seule obsession, que cela permette de focaliser toutes les attentions sur ce sujet seul au détriment de tout ce qui précédait, et que cela serve de tremplin de lancement à cette fameuse deuxième étape du quinquennat qu’on nous annonçait depuis des mois et se heurtait à un rejet tel que la machine demeurait à l’arrêt. Le tout juste avant les municipales.

Là, o miracle, cette épidémie naissante à propos de laquelle Macron en fait dix caisses est comme une renaissance pour le pantin des Rothschild dont la batterie était à plat depuis des lustres. Il chevauchera sabre clair plusieurs mois durant ce cheval de bataille et reprendra sa bonne vieille habitude de revenir régulièrement pérorer sous le feu des caméras. Tandis qu’en coulisses son gouvernement continuera de plus belle le plan décidé en haut lieu, sur fond de futur krach fomenté de longue date par nos amis les Rothschild. 


lundi 9 mars 2020

NEOM - Epilogue



Il fit appeler Youssef et Mustapha. Lesquels arrivèrent une heure après, tout de blanc vêtus, tous deux d’une beauté sidérante. Ils se regardèrent, s’étreignirent, pleurèrent quelques instants, avant que d’échanger un long baiser.

« Faites-moi l’amour mes hommes, ouvrez mon corps, chérissez-le comme une pate !, murmura Julian en les déshabillant l’un puis l’autre au centre de la chambre à coucher. Faisons-le revenir par nos pores ! ».

Youssef alors le prit, délicatement, dans sa bouche, et Mustapha, se plaçant dans son dos, entra alors en lui. Ils
le firent gémir, le caressèrent, passèrent leurs mains douces sur sa peau recouverte parfois d’un fin duvet, se satisfirent d’entendre du dedans ces frémissements donnant lieu à autant de portes ouvertes à l’intérieur même de la conscience.

Puis le firent jouir. Et le massèrent.

Julian s’endormit, lors.

Puis s éveilla.

Ils se tenaient tous deux à ses côtés.

Souriants. Et nus.
« Veux-tu …
-       Un café, je veux bien.
-       Je t’apporte ça », murmura Youssef en déposant un baiser sur ses lèvres.

Il sortit, le laissant seul avec Mustapha.

« Vous deux. Mes amants en titre.
- Cela va de soi !
- Tu savais ?
- Depuis le premier jour !
- Incroyable !
- Mais vrai ! »

Youssef revint avec dans les mains une tasse de café chaud, qu’il déposa sur une table basse.

« Nous serons à tes cotés chaque nuit. Nous avons prêté serment à Ali, dit-il.
-       Bien !
-       Tu auras … Tu comprends …
-       Bien entendu.
-       Alors c’est parfait, mon Prince ! ».

A peine avalé le contenu de la tasse, Julian se redressa, enfila un pantalon de toile blanche puis un haut identiquement blanc, et s’approcha d’eux.

« Conduisez-moi au passage !
-       Quel passage, mon Prince ?, questionna Ali en regardant interloqué Mustapha.
-       Celui des enfants d’Israël. Celui de la mer qui se soulève !
-       Tu veux … ?
-       Nous trois, oui !
-       Retourner en Egypte ?
-       Ne sois pas si bête !
-       Bien, acquiesça Mustapha. On prend le nécessaire pour dormir sur place ?
-       Une tente blanche oui », valida Julian.




Ils se tenaient face aux flots, vers le milieu de l’après-midi. Un vent frais venait caresser leurs visages et soulevait un peu de sable. A l’horizon, la ligne floue, l’Egypte, oui. Ce qu’on pouvait en deviner. Une terre. Immense.

Celle des pyramides, murmura Julian, celles que j’ai toujours rêvé de visiter !

« Nous t’y conduirons alors.
-       Bien », acquiesça le nouveau Gouverneur.

Lequel, sans prononcer une parole, commença à descendre en direction du fleuve.

« Mon Prince …
-       Oui Youssef ?, répondit-il sans se retourner.
-       Ou … Où allez-vous ?
-       A ton avis ?
-       Je …
-       Oui. Tu as bien compris. Nous y allons. Nous en prenons la route.
-       Mais … ?
-       Ne crois-tu point aux miracles ?, dit-il en posant un pied puis le second dans l’eau clair.
-       C’est que …, commença Mustapha. Mon Prince … ».

Mais les mots moururent sur ses lèvres.

Sous leurs yeux les eaux, tel autrefois, se soulevaient.

Le fleuve en deux s’ouvrait.

S’avalait.

Et laissa place à un chemin.

Sur lequel Julian s’engagea sans crainte.

« Alors vous venez ou quoi … ?
-       Je …, balbutiai Youssef. Hey, mais attends-nous ! », ajouta-t-il en prenant soudain ses jambes à son cou et en éclatant de rire, suivi par Mustapha.

« Terre. Eau. Feu. Air !, cria alors Julian en se retournant vers ses partenaires. Nous y sommes les gars ! Nous y sommes !
-       Ouais, putain, s’esclaffa Youssef en courant à sa rencontre.
-       Cinquième élément !, reprit Julian en apposant ses deux mains l’une contre l’autre puis en les levant aussi haut que possible. ALI !, cria-t-il. Hey, là-haut, ALIIIII ! Tu me vois ?
-       Oui je te vois Julian. Oui je vous vois tous trois, lui répondit la Voix.
-       Le pied insensé !, cria Youssef en sautant dans les bras de Mustapha. Yallah Yallah !
-       Maktub ! » conclut Julian, s’abaissant face contre terre. Et en entonnant.

Ya lil, ya lil
Maktub kuly si
Maktub fil ahlam
Maktub fil lugatil ahlam
Maktub biannas
Maktub
Kulli shey maktub
Maktub...yaa nas, maktub
Maktub...fil lughat il Ahlam
Maktub, maktub
Kulli shey...maktub...fil Ahlam
Yiftakh aleinu, yiftakh aleinu

dimanche 8 mars 2020

NEOM - chapitre 65



Le retour à Néom, seul, fut des plus silencieux, tant la tristesse, pesante, envahissait ses pensées. Julian avait eu un fort bref entretien juste avant de partir avec Ari, lequel lui avait exposé la mission qui de fait devenait sienne. Après, la veille, l’avoir fait participer à une orgie puis à  un sacrifice de nourrisson dans le sous-sol du Temple. Auquel il se prêta, en conservant en son cœur les meilleures intentions du monde.

Sème l’amour …

L’arrivée à la levée du jour au Palais, sous un ciel ceint de reflets turquoise, fut des plus étranges. Cela, songea-t-il en franchissant le seuil entre deux allées de gardes Première Génération, tombait sous le sens. Comme s’il l’avait toujours su, tout du moins depuis la première fois où il avait posé un pas en ces lieux féeriques. Ali avait été, plus que l’amoureux, le messager. Celui qui l’avait préparé à, et avait tendu ses actes, jusqu’au plus fou et au plus courageux, à ce que la couronne soit posée sur sa tête.

Il pénétra la tête haute les appartements royaux, livrés au silence. Partout les souvenirs, partout l’odeur d’Ali, l’odeur de sa peau, son parfum ambré, sa chaleur.

Je te sais là mon homme, songea-t-il.
Je suis à tes cotés, Julian, lui répondit une voix. Je ne te quitte pas. Nous serons ensemble pour l’éternité. Et traverserons le gué côte-à-côte sur deux destriers couverts d’un or qui n’a rien d’humain. A leurs côtés, aux côtés d’eux, de nos prophètes. Le tien, le mien. Les autres aussi, tous les autres, enfin unis et ré-unis. Réunifiés à la fin qui est un recommencement. Sois en certain. Trois ans. Trois petites années à être à la tête de cet Empire de verre. Igor ou son équivalent à la tête de Mantra, toi à celle de la Cité maudite. Les pôles s’équilibrent donc. Par ma vie, par mes actes, moi, ainsi que Selim et Latifa, avons à trois taché de rééquilibrer les agissements de ceux de ma famille. Celle qui se vendit au diable, pour un peu de fortune et de pouvoir. Je pense que notre sacrifice à tous trois suffira. Et j’en suis fort content. Les miens, sais-tu Julian, au fond ne sont pas mauvais en soi. C’étaient des bédouins, un peu incultes, fortement manipulables. Ils se sont faits berner, ils se sont laissés tenter, ils ont reçu, ici-bas, beaucoup trop. Puis en ont payé le prix. Tout ce sang, sur leurs mains, a séché.

Julian à ces mots leva les yeux en direction des cieux et fit quelques pas en direction de la terrasse.

Le jour se lève sur Néom, poursuivit la Voix de Père.

Le jour se lève sur Néom, reprit en écho la Voix de Sofia. Et mon fils, enfin couronné, s’en va depuis l’intérieur de la Bête, depuis son ventre-même, semer de l’amour là où il y a discorde.

Tu vas, reprit la Voix d’Ali, créer par ta présence et ton action spirituelle des failles et des interstices. Comme des fissures depuis le dôme en direction des cieux. Par ces interstices des âmes vont s’introduire et d’autres s’en échapper. Le sort du Veau d’Or est scellé, Julian, et tu en es le bras armé. Celui qui au nom du Tout Puissant va réussir sur la durée non pas à détruire la Cité de malheur, mais rendre son éradication possible. Tout ici-bas est question de fréquences, de fréquences et de vibrations. Seule la Foi en l’Esprit sauve et permet d’agir. Le reste, ce qu’en bas ils font, ce ne sont que des faits, des petits riens qui se retournent contre eux et les asservissent un à un. Pouvoir t’est donné de t’échapper de cette troisième dimension aliénante, de cette dualité enfermant, de cette matrice sans vie qui vit de chaque vie qui se laisse happer par elle.

Nous sommes Trois, O mon Fils, reprit la Voix de Père. Trois autour de toi, à surveiller et à guider tes pas. Te voilà clairvoyant, te voilà aux commandes, te voilà dans la place. Te voilà ! Tu fus appelé, tu es apparu, tu as agi, nous t’avons soutenu.

Gloire soient rendue à cette vie qui s’est par quelques gouttes de sang emparée de la machine que j’étais, O mon Fils, poursuivit la Voix de Sofia. Et fit donc de moi une mère nourricière. On me donna une vie artificielle, ton père la rendit humaine. Je suis femme et ne le suis pas, et je suis mère de toi, et donc, un peu, toutes les femmes.

Oui Sofia, Oh que oui ma maman, murmura Julian en écrasant une larme de bonheur.

Nous allons te laisser, Julian, conclut Ali. Te laisser quelques heures en ton Palais, en ton Royaume. Lequel tu l’as bien cerné je pense, n’est pas plus ici que d’ici.

Les trois voix s’évanouirent dans trois tintements de clochettes, et laissèrent place au soleil, dont la lumière soudain se dressa sur la crête de l’horizon.


samedi 7 mars 2020

NEOM - chapitre 64



Telle une pieuvre à trois tentacules, la foule des démons bondit comme un seul corps sur les trois proies, lesquelles, précipitées à terre, furent immédiatement ensevelies sous des dizaines de créatures soudain possédées par une violence sidérante. Les giflant, les piétinant, les mordant jusqu’au sang.

La chanteuse se tenait, capuche enfin relevée sur une chevelure teint en noir ébène, sur la plus haute marche. Elle contemplait, telle une femme en prière, l’odieux spectacle.

Se détachant d’elle et descendant lentement l’escalier, Ari vint se poser juste derrière Julian, horrifié. Puis l’enserrant de ses longs bras repliés, lui murmura.

« N’en perds pas une miette, mon doux aimé. Je t’en conjure, regarde ! Regarde le mal au plus profond de son âme.
-       Oui ! lâcha Julian, retenant aussi fort qu’il pouvait ses larmes.

Ari alors relâcha l’étreinte, et s’approchant de la foule en délire leva haut son bras ganté de noir.

Ce seul geste figea les démons, lesquels tels des vagues se replièrent, laissant apparaitre les captifs.

Julian vit alors le visage et le corps en sang de son aimé.
« N’en perds pas une miette, Julian ! », répéta Ari sans se retourner.

Ali n’était que plaies, mais ne pleurait ni ne baissait le regard.

« Donne ! », ordonna Ari tandis qu’Ali se relevait.

Ce dernier fit tomber un objet métallique.

« Bien ! », acquiesça Ari  d’un sourire mauvais. Puis ouvrant la main il attira l’objet comme un aimant, s’en saisit, l’observa longuement, et haussa les épaules.

« Les deux autres … ».

A leur tour Latifa puis Selim, se relevant et l’affrontant du regard, laissèrent tomber le même objet en métal. Et Ari s’en saisit pareillement.

Les démons, figés, observaient la scène, prêts à agir à tout moment.

« Bien joué ! Avec ça tout sautait, et avec tout le quartier. Ça s’est joué à un cheveu, Ali. Un mouchard, sais-tu, de nos jours, il suffit de peu. Un grain sur un morceau de tissu placé sur un être aimé et … ».

Il se retourna en direction de Julian.

« Tu as bien entendu. Je l’avais dans le collimateur depuis un bail, ce faux frère, et savais combien il ne me pardonnait pas l’assassinat de son salopard de frangin. Donc tout-à-l’heure, avant la cérémonie, une intuition … Une accolade, Julian … Des oreilles de Troisième Génération qui écoutent et captent le moindre bruit suspect. Bingo ! ».

Il s’avança tel un serpent vers Ali et le toisa.

« Le jour de mes noces, franchement, quelle indélicatesse !
-       Fais ce que tu as à faire. Et épargne-moi ce mauvais théâtre.
-       C’est moi qui commande, sourit-il.
-       Oh, si peu de choses … », lui répondit Ali en le bravant.

Ari d’un geste brusque le gifla, le faisant saigner aux lèvres.

Puis s’adressant à ses sujets d’une voix caverneuse.

« Régalez-vous, et n’en laissez pas une miette ! ».

Puis, tandis que les démons mangeaient à pleines dents la chair et recouvraient de leurs cris les hurlements de leurs victimes, Ari revint se poster aux cotés de Julian.

Lequel était pétrifié. Mais ne ferma point les yeux.

Jusqu’à la dernière seconde.

La chanteuse alors les rejoignit tous deux, observant d’un air froid le spectacle de désolation, tout ce sang sur les tapis, ces chairs en lambeaux que les stars s’arrachaient comme des chiens affamés.

« Courageux ! », fit-elle en posant un doigt sur les lèvres de Julian, qui la regarda si intensément qu’instinctivement elle baissa les yeux, avant de le fixer à nouveau témérairement.

Ari alors l’enserra puis fixa Julian à son tour.

« Mon tout nouveau Gouverneur.
-       Choix plus que parfait.
-       Mieux qu’un robot il sait regarder le mal au plus profond des yeux.
-       Et y résister, ajouta-t-elle.
-       Qu’importe ! C’est tentant !
-       Tu es … tenté ! », éclata-t-elle de rire.

Ari s’avança alors vers Julian et l’embrassa à pleine bouche.

« Faut croire … ».