mardi 7 février 2023

Sainte Réforme : enfin le reflux tant attendu !

 

Ah, nous y voilà, le mot est lâché, le REFLUX ! Celui que ces chers médias attendaient de dégainer avec impatience , eux qui avaient en amont tout fait pour décourager les français d'aller manifester en agitant le torchon de la résignation, du blocage du pays et de l'irresponsabilité, bref la vulgate du gouvernement Borne, et qui s'étaient retrouvés contraints à ramer derrière leurs foireuses prévisions les 19 et 31 janvier dernier, voilà qu'enfin ils se vengent. REFLUX ! On va l'entendre ressassé jusqu'à l’écœurement, ce mot gigogne, dans les bouches de nos chers éditorialistes, et dans les questions à peine orientées posées aux pauvres de nous qu'ils saisiront au vol dans leurs micro-trottoirs de pacotille : alors, pas trop déçus ? Vous sentez pas que le vent tourne et que vos gesticulations d'irresponsables réfractaires vous conduisent droit dans le mur ? Vous voyez bien que comme vous l'avait dit Margaret Borne THERE IS NO ALTERNATIVE ? And so on ...

Comme une vague impression d'être revenu en arrière, au temps des actes 5 et suivants des gilets jaunes, où ministres et sous-préfets défilaient sur des ondes ouvertes 8 jours sur 7 pour répéter jusqu'à plus soif la litanie du "ça s'essouffle" en secouant dans tous les sens le thermomètre. " Regardez, la fièvre baisse, les chiffres ne trompent pas, on vous l’avait bien dit que la poussée de fièvre ne tiendrait pas grâce à notre bonne potion de pédagogie ».

Nos plumitifs du pouvoir ont un incroyable talent, celui de feindre de réécrire au fur et à mesure une histoire dont ils possèdent le script tout en soufflant aux personnages les répliques et en recouvrant celles qui ne leur conviennent pas par des voix off. Gageons qu’à la prochaine grande journée ils redoubleront d’efforts pour enfoncer dans nos cerveaux la même idée maîtresse avec les mêmes ficelles : la rue a parlé, on lui a tendu le micro, maintenant revenons aux choses sérieuses, et plantons nos caméras sur les crépages de chignon au Palais Bourbon. Auxquels ils réserveront le même traitement à quelques menues nuances près, jusqu’à la date de péremption prévue d’avance.

Place donc, et retour aux choses sérieuses, celles qui concernent le quotidien de ces professionnels de la profession que sont ces journalistes de métier dont l’emploi du temps consiste à passer de table en table à la recherche éperdue de petites phrases à partir desquelles ils produiront de brillantes analyses qui leur feront d’ici quelque temps accéder au gotha des médaillés de la Légion d’Honneur pour bons et loyaux services rendus. A la parenthèse contestataire se doit de succéder le retour à la raison telle que comprise dans les beaux quartiers, et dont on ne se lassera point de répéter en stéréo avec les ventriloques de la macronie qu’elle est « juste » et « nécessaire ». Les congés de février ont commencé pour ces abonnés de la zone A, qui depuis leurs résidences secondaires de La Rochelle ou de l’Ile de Ré soliloquent avec leurs rédactions par visio conférence. Avec sur les genoux une tapenade d’olives et un verre de vin blanc.

On ne devine que trop bien le contenu des articles dont ils ont déjà rédigé l’essentiel depuis leurs précédentes vacances de noël, et qui viendront clôturer en beauté sur l’air de « on vous l’avait bien dit » la nouvelle comédie en trois actes de la nouvelle réforme des retraites. Dont ils reprendront à quelques nuances près la même trame dramatique pour la suivante, qui fera sûrement partie de la pochette surprise pour l’après 2027.



lundi 6 février 2023

Cultivons notre esprit libre

 

Heureux que d'avoir pu constater que, parmi vous qui me lisez, beaucoup ont apprécié " Au nom du bien, évidemment ", le 1er texte que je consacre à la guerre en Ukraine. Dans ce texte, que vous pourrez trouver si tant est que vous ne l’ayez point déjà lu, vous y verrez que j'y adopte une position plutôt originale, si j'en crois ce que je lis et regarde dans ce qu'on appelle à tort ou à raison "les médias mainstream »comme leurs pendants dits 'alternatifs".
Ces vocables "mainstream" comme "alternatifs" ne signifiant à mes yeux pas grand chose tant leurs définitions mêmes (et Dieu sait que les mots cela compte !) ont été faites essentiellement par le camp qui s'auto-désigne alternatif, en opposition à ce qui à leurs yeux est "le camp du bien", c'est-à-dire "le camp des puissants". Traduction : les médias inféodés à Macron, les médias menteurs, les méchants de l'histoire qui par essence mentent tout le temps, contrairement à nous, qui disons le vrai, et que l'on muselle, et qu'on censure parce qu'on dit le vrai.
Dans "Au nom du Bien, évidemment", je renvoie dos à dos les belligérants. Et tourne donc le dos à au bas mot 90% de ce qui sur le sujet se dit ou s'écrit. D'où que cela provienne, et je l'espère sans avoir cédé à aucun automatisme.
Quand on regarde de plus près et qu'on sort de ces schémas binaires ô combien simplistes parce qu'ils nous empêchent, par des étiquetages sommaires qui ont pour effet comme pour objectifs de nous détourner des uns pour nous attirer vers les autres, ce qui est une astuce marketing en même temps qu'un positionnement en termes de stratégie commerciale : on se rend compte que la réalité est ô combien plus subtile. Il existe dans les médias dits traditionnels des nuances et des oppositions, exactement comme au sein de ces médias dits alternatifs. Tous ne partagent pas une et une seule ligne. Certains grands médias traditionnels positionnés à gauche militent en sous-main pour le capital, d'autres pas, et pareil à droite. Et certains médias alternatifs surfent sur des modes contestataires en prenant systématiquement le contre-pied de ce qu'ils appellent la doxa, non par conviction, mais parce que cela répond aux besoins d'un schéma économique où ce qui attire le chaland, comme sur les réseaux sociaux le clic, c'est ce qui suscite de la colère.
Bien des médias, dans ces deux familles supposément ennemies, jouent sur les mêmes ressorts, et enferment lecteurs et auditeurs dans leur colère, laquelle colère, au contraire de la réflexion, provoque une addiction. Ainsi se retrouve t-on avec des gens qui se sont faits enfermés bien malgré eux dans des tunnels informatifs desquels on aura exactement comme le font les algorithmes de la plateforme TikTok expurgé tout ce qui ne nourrit pas tant leurs biais cognitifs que leurs émotions négatives. On peut sans trop avoir à se creuser la tête lister aisément ces médias grand public qui titillent les zones grises de notre cerveau selon le schéma décrit précédemment. Essayons d'appliquer ce même principe à tous les autres médias, y compris au moindre post sur les réseaux sociaux, et vous verrez aussitôt que s'évanouiront bien des gloires d'un jour auxquelles on avait donné sa confiance comme on signe un chèque en blanc.
Nous ne pouvons en même temps déplorer les avancées inquiétantes de l'intelligence artificielle sans a minima redoubler de vigilance envers tout ce qui asservit notre esprit critique comme nos capacités cognitives. Face aux médias comme aux réseaux, nous sommes telles des souris en cage stimulées en permanence par des accumulations de décharges de dopamine enclenchées par des systèmes et des individus qui en jouent pour leur plus grand profit, parfois même à leur insu, en tant qu'acteurs, mêmes secondaires, du grand jeu médiatique. Demeurons tous vigilants, et maîtres autant de notre temps que de ce que nous sommes en situation à même de croire sans procéder à quelque vérification que ce soit. Restons réellement éveillés, non pas en nous abritant derrière une posture sectaire teintée de supériorité, mais bien en allant par nous-mêmes quotidiennement chercher les preuves de ce qu'on nous assène être vrai. Et appliquons cela à tout ce que nous consommons cérébralement.
Le sens de la mesure, la nuance, la recherche de preuves, la réflexion étayée par de longues heures de confrontation de points de vue et d'idées, cela est notre commun carburant de femmes et d'hommes libres. C'est ce sillon que je choisis, c'est cette voie dans laquelle je m'engage et dans laquelle je vous encourage, non pour me suivre, mais pour vous même vous y engager chaque jour librement. Avec rigueur, avec constance, avec humilité, avec curiosité. Car ce que nous "consommons" comme information nous transforme selon l'effort que nous avons choisi de produire, et peut, selon le degré de liberté intellectuelle que nous y avons investi, nous enfermer dans nos addictions ou nous faire nous évader des cages mentales que d'autres ont créées. Ce dont nous sommes pleinement responsables.



dimanche 5 février 2023

Au nom du Bien, évidemment ...


Un esprit libre – un vrai – ne peut à mon sens s’abandonner à prendre partie pour un camp ou pour l’autre de manière tranchée dans cette guerre en Ukraine dont on voit bien que plus le temps avance plus le risque d’un embrasement s’étend dangereusement. Face à l’immense complexité des enjeux, des causalités et des responsabilités, avaliser sans nuances tant la vulgate occidentale que celle du Kremlin à une époque où ce qui s’appelle la « propagande de guerre » tient lieu tant à l’ouest qu’à l’est, avec des modalités différentes propres aux régimes en place, de tableau de bord pour enrôler autant qu’endormir les populations engendre les pires simplifications. Et nourrit à la source, parfois contre soi-même, la logique de guerre, en fonction des définitions que les belligérants en ont faite. Guerre civilisationnelle selon le Kremlin, où la « Sainte Russie », assiégée par un occident aussi belliqueux que décadent entend rayer de la carte tant l’orthodoxie chrétienne que l’existence même d’une grande puissance non inféodée à leurs diktats mondialistes. Guerre de la suprématie impérialiste néo-conservatrice menée par l’OTAN et ses alliés sous pavillon américain, où toute partition non alignée du globe se doit de rentrer de gré ou de force dans le rang. Avec, on le remarquera, un angle d’attaque commun dans les discours assénés de part et d’autre de l’échiquier qui devrait nous alerter : celui du combat du bien contre le mal. Chaque camp s’attribuant, comme c’est le cas dans tous les grands conflits armés de l’époque contemporaine, le rôle du chevalier blanc assiégé.

L’Ukraine aujourd’hui envahie sert de laboratoire aux nouveaux combats impérialistes, et le peuple ukrainien, comme hier les irakiens, les libyens ou les syriens, paie dans sa chair le prix fort. Devrais-je dire, pour nuancer, non pas le, mais les peuples composant l’Ukraine, ce pays ayant tout le long du XXème siècle connu une histoire aussi tumultueuse que tragique dont il est impossible de faire un résumé rapide. Laquelle histoire tumultueuse autant que tragique se poursuit en ce début de XXIème siècle, notamment depuis 2014 dans le Dombass où les bataillons d’une milice militaire d’extrême droite appelée Azov Stal persécutait la population russophone avec l’assentiment tacite d’un occident sétant huit interminables années durant bien gardé d’intervenir en faisant respecter les fameux accords de Minsk. Il convenait alors, comme le confia tout récemment Angela Merkel, de laisser le temps à l’Ukraine, passée dans le camp occidental en 2014 depuis l’étrange révolution colorée du Maidan organisée en sous-main par les marionnettistes de l’OTAN et de la CIA, de se remilitariser. Jusqu’à l’invasion russe du 24 février 2022, on ferma donc pudiquement les yeux sur les exactions commises dans la partie Est du pays. Au nom du Bien.

Et, toujours au nom du Bien, Poutine lança l’assaut. Afin, selon ses propres dires, de dénazifier l’Ukraine, ce territoire aux dirigeants aussi corrompus que satanistes. En faisant notamment appel aux milices Wagner, dirigées par Evgueny Prigogine, un ancien délinquant dont il avait fait la fortune, à la tête d’un corps composé de 50 000 hommes dont 90 % d’anciens détenus sont d’authentiques criminels. Numéro deux des Forces Wagner, Dimitri Outkine, est quant à lui un authentique admirateur du IIIème Reich, au corps couvert de tatouages SS.

Au nom du Bien donc, le Maître du Kremlin entendit dénazifier l’Ukraine et les derniers vestiges des admirateurs de ce héros national nazi que fut Stepan Bandera, celui-là même qu’honore toujours Volodymyr Zelensky, en envoyant en première ligne des milices criminelles pilotées par un SS auto certifié. Tandis qu’au nom du Bien l’Occident avait laissé commettre des exactions huit années durant sur la partie russophone du Dombass par des milices ouvertement nazies.

Quant à la corruption … Elle est tellement systémique de part et d’autre qu’en faire le recensement mériterait un livre entier. Que ce soit Zelensky en personne ou Andriyi Yermak du côté ukrainien, le clan Biden père et fils, Poutine, Prigogine, Outkine ou ces généraux de l’armée russe qui se sont offerts d’immenses villas en détournant les budgets militaires – ce qui explique l’état absolument désastreux du matériel confié aux soldats russes présents sur le front : où que l’on porte le regard elle triomphe. Une authentique guerre entre des factions mafieuses luttant chacune au nom du Bien. « La guerre c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas », écrivait Paul Valéry.

On peut, et c’est heureux, reconnaissons-le, de ce côté des barricades, utiliser notre liberté d’informer pour dénoncer tant l’immense hypocrisie des belligérants que leurs mensonges et leurs méfaits. Ce qui, de l’autre côté du mur, n’est guère possible, sauf à prendre d’immenses risques et 15 ans de prison à la clef. Ce que se gardent bien de rappeler les nombreux et bruyants poutinôlatres qui pullulent sur les canaux d’information alternative de part chez nous, et qui à l’énoncé de ce seul mot, eux qui commencent chacun de leurs paragraphes par un amusant : « Je ne soutiens pas Poutine MAIS ... », sortiront la Kalashnikov à mille feuilles argumentatif. Il est impossible, les esprits libres le savent, d’échanger avec quiconque s’est construit un parti pris : avec eux, on ne peut pour obtenir leur aval qu’énoncer ce qu’ils pensent à la virgule près, exactement comme le font les néo-conservateurs impérialistes du camp d’en face qu’on voit défiler sur LCI.

Ils conviendront néanmoins avec moi que notre appartenance à cette diabolique institution qu’est l’OTAN nous conduit tout droit dans une logique de guerre dont nous autres ne voulons à aucun prix, et que les récentes livraisons d’armes lourdes exigées par un Zelensky en roue libre ne font qu’aggraver. Écouter les récentes déclarations du Premier Ministre polonais ou de la Ministre de la Défense allemande, lesquels s’embourbent jour après jour dans un irrépressible élan mortifère qui nous emmène bien malgré nous dans leurs belliqueux sillons ne devrait en rien nous empêcher de tout autant redouter leurs échos prononcés de l’autre côté de l’Oural. Et de faire a minima un effort de décryptage tout aussi rigoureux envers l’avalanche des mensonges russes disséminés dans les nombreux organes de propagande en ligne. S’insurger des manipulations occidentales à juste titre non suivies par les 2/3 de la planète pour tomber à pieds joints dans les mêmes pièges ourdis par les armadas de trolls made in Kremlin : à moins d’avoir décollé d’avec le réel et souhaiter que l’armée russe « libère la France » et importe avec elle un régime traitant ses opposants avec toute la délicatesse qu’on lui connaît, il va falloir argumenter pour valider pareille contradiction tout en se réclamant être intellectuellement et politiquement libre.

La France, la mienne, ne peut être que celle qui se tenant à équidistance des deux camps œuvre pour la paix et préserve sa voix singulière. Celle qu’avait su si bien incarner un De Gaulle, lequel n’avait rien ni d’un pacifiste bêlant ni d’un apparatchik vassalisé prêt à livrer les yeux grand fermés notre matériel d’armement à l’un des deux camps, quel qu’il soit et pour quelque raison que ce soit. Pris au piège de l’adhésion à l’OTAN depuis qu’un certain traître juché sur talonnettes nous a livrés pieds et mains liés aux marchands de guerre du complexe militaro-industriel américain, nous voici embarqués dans un conflit à propos duquel du fait de la reddition sans conditions de nos propres dirigeants nous ne pouvons qu’être des victimes collatérales tout justes bonnes à observer d’un œil inquiet les inquiétantes déflagrations sur les scènes de guerre pouvant nous conduire à la ruine.

Au nom du Bien, évidemment ...







samedi 4 février 2023

Ce que révèle l'affaire Magali Berdah

 

Pour une opinion avide de jeux du cirque sanglants et indolores à ses propres yeux puisque se déroulant sur les réseaux sociaux, il existe de bonnes et de mauvaises victimes. Et pour cette même opinion, je ne parle pas de la "communauté de Booba", qui prend appui et se cache derrière la notoriété du rappeur pour proférer des menaces de mort, diffuser des coordonnées personnelles, réaliser et diffuser de fausses sex tapes et tant d'autres saloperies, cette femme, Magali Berdah est ce qu'on appelle une "mauvaise" victime. C'est-à-dire celle qui par ce qu'elle représente et pour ce dont on l'accuse collectivement d'avoir fait à tort ou à raison, MÉRITE ce qui lui arrive.


Et donc, par accord tacite, cette même opinion publique valide le harcèlement en meute, ainsi que son corollaire, le saccage d'une vie familiale, où les enfants de la mauvaise victime se voient eux-mêmes mêlés à un règlement de comptes public qui risque d'altérer en profondeur leur propre équilibre, du fait de la détérioration de l'image de leur propre mère comme des crachats qu'ils subissent en lieu et place de celle qui leur a donné vie.


Cette opinion, tranquillement installée derrière son téléphone portable, assiste sans broncher à une sorte de mise à mort qui va bien au-delà de la sphère dite sociale et publique. La dame étant l'incarnation du pire de la télé poubelle, celle-là même que cette opinion conchie tout en la regardant quand même, la violence absolument insupportable qu'elle subit depuis qu'un rappeur misogyne, violent et méprisant a décidé de faire d'elle sa cible, c'est-à-dire depuis plus de 9 mois, avec, excusez du peu, plus de 100 000 menaces de mort : eh bien cet inacceptable devient non seulement toléré et accepté, mais encouragé. Et donc à leurs propres yeux moral.


Avec Magali Berdah, cette opinion engoncée dans un matérialisme teinté de moraline à géométrie variable a donc trouvé une cible parfaite qui la dédouane. Elle incarne à elle seule tous les maux de l'époque. Et sa désignation en tant que cible, par un étonnant revers de responsabilités permet de blanchir l'ensemble de ce public qui a fait d'elle ce qu'elle est en tant que professionnelle. Car de quoi Magali Berdah, de quoi les influenceurs influvoleurs sont-ils le nom, sinon celui que le public a réclamé, a suivi, et dont il s'est entiché. Et dont il s'est en conséquence laissé volontairement, par bêtise, abuser et donc escroquer. Sans pigeons avides de vide pas d'influ-voleurs. Sans téléspectateurs addicts pas de télé-poubelle. Sans fascination pour les marques de fringues, pour les sacs à main de pouffes, pour les maquillages bling bling, pour les villas à Dubaï, pour les coachs bodybuildés wish, pour la vulgarité mise en exergue, pas de Shauna Events. Et donc pas de Magali Berdah.


Seulement voilà : tous ces jeunes décérébrés accros à ces programmes de merde, tous ces adultes qui les imitent et les mettent en valeur, participent activement à cet affaissement culturel généralisé, ces followers des Kardashian, de Nabilla, des Marseillais, eux, non, rien, ils comptent les points et sortent les poings : aux innocents les mains sales. Eux peuvent préférer le chasseur à la proie et se retrancher derrière la meute, et dire sans le dire tout en le disant quand même : à mort ! A mort la Berdah !


Je n'ai, est-il besoin de le préciser, aucune sympathie, c'est le moins, pour le métier de la dame, que je considère être un de ces mille et un rouages dans lesquels des petits malins se glissent pour faire fortune sur du vide, à une époque où le vide supplée tout ce qui fait et qui donne du sens à l'existence. Mais je ne me résignerai jamais à contempler cette lâcheté collective, qui transforme une foule aux allures aussi bienveillantes que bien éduquées en meute avide de sang et de vengeance cautionnant pareils agissements que l'on ne tolérerait sur personne d'autre. Et qui se retranche derrière sa propre irresponsabilité.










vendredi 3 février 2023

Sanctions contre l'économie russe : le FMI tire à vue !

 

Stupeur et tremblements sur les antennes de LCI au rendez-vous quotidien de David Pujadas ! Le Fonds Monétaire International, qu’on aurait quelque mauvaise foi à associer à un organe de propagande russe, vient de lâcher une bombe : contrairement aux prévisions apocalyptiques du prophète de Bercy Bruno Lemaire, l’économie de la Russie, loin de sombrer dans les affres de la récession, connaîtrait pour l’année 2023 une timide croissance de 0.3 %. Pire, pour 2024 et en l’état actuel des données disponibles, elle coifferait sur le poteau les performances européennes et états-uniennes avec une prévision de 2.1 % contre respectivement 1.6 % et 1 %. Pire, la récession prévue par le FMI pour l’année 2022 pour la Russie ne sera finalement pas de 8.6 % mais de 2.2 %.

« Est-ce qu’on se serait planté ? », ose alors la mine grave ce cher David Pujadas, en se tournant vers la journaliste en charge de commenter les graphiques. Et celle-ci d’opiner : oui David, oui on s’est plantés , et pas qu’un peu, avec la cascade des sanctions censées fondre sur le Kremlin telles une invasion de sauterelles. Le rouble qu’on était supposer voir s’effondrer crâne désormais au dessus de l’euro, suite aux mesures immédiates prises par la Banque Centrale Russe. Quant aux exportations de pétrole, de gaz et de charbon, les voilà qui flirtent avec le niveau qu’elles avaient juste avant le démarrage de la guerre en Ukraine ; 24,6 milliards exportés en novembre 2022 ! La Russie en a vendu certes beaucoup moins mais beaucoup plus cher.

Au détriment de qui ?

Aux commandes européennes manquantes, la Russie a substitué de nouveaux clients, sourds quant à eux au langage des sanctions universelles des champions de Washington et de Bruxelles. Au premier rang desquels la Chine (qui a doublé ses exportations), l’Inde (qui les a multipliées par 15) et la Turquie (qui les a multipliées par 3). Nouveaux clients à qui nous rachetons en sous-main et sans trop le dire du pétrole russe à prix fort.

Quant aux embargos sur les micro processeurs et les semi conducteurs qui étaient censés mettre à terre l’économie de l’armement et de produits de grande consommation : là encore la Russie a trouvé la parade. Selon une enquête de l’agence Reuters, la Russie parvient à contourner les embargos sur les semi conducteurs en multipliant les importations depuis Hong Kong, la Turquie et l’Estonie. Quant aux micro processeurs, l’Arménie fournit le différentiel. Soient en tout 2.6 milliards de composants électroniques occidentaux achetés malgré les sanctions.

Face à l’économiste de plateau qui fait mine de découvrir les lois de marché élémentaires en se retranchant derrière celle des grands principes, notre cher David s’emporte presque : « Mais ces sanctions nous ont pénalisé ! », lâche t-il avec plus de six mois de retard comme sil venait de découvrir la formule secrète des hydrocarbures.  « Oui on se sanctionne nous-mêmes », finit par avouer, dépité, le pauvre économiste, avant d’ajouter in fine : « Mais comment pouvait-il en être autrement ? ».

Mis au pied du mur par le rapport de ce Vatican de la Mondialisation Libre et Non Faussée qu’est à leurs yeux le FMI, nos va-t’en-guerre adeptes de la fessée punitive n’ont plus guère de choix que d’admettre s’être plantés dans toutes les grandes largeurs depuis fin février 2022, sans toutefois aller jusqu’à s’en excuser. C’est pas moi c ‘est l’autre ! Autrement dit tous ces pays voyous. Soit au bas mot entre les 2/3 et les 3/4 de la planète qui ont refusé de les suivre dans ce combat perdu d’avance.

Ce qu’on savait pourtant depuis le début.

Laissons si vous m’y autorisez de côté les discours russophobes autant que les envolées poutinolâtres habituelles, desquels l’auteur de ces lignes se tient à juste distance, tant vis-à-vis des uns que des autres. En temps de guerre comme en temps de paix, il est coutume que d’avoir recours à l’arme de la propagande, qu’elle soit d’état ou de nature idéologique, et les deux forces en présence ne s’en sont jamais privées. C’est comme on dit cyniquement « de bonne guerre ».

Ce que loin des postures adoptées sur nos plateaux depuis un an bientôt démontrent les faits, à cette heure où inflation, liquidations judiciaires, dépôts de bilans et appauvrissement d’une part significative de la population occidentale se multiplient, c’est que l’ensemble des orientations et décisions prises par les dirigeants occidentaux se sont révélées, plus que contre productives, suicidaires. Nos champions auto-proclamés du maniement des tableurs Excel se voient dorénavant désavoués par les institutions qu’ils vénèrent et ne peuvent guère qu’hocher de la tête en espérant que l’on regarde ailleurs. Hier l’ONU, forcée de reconnaître qu’à la seule exception de l’Afrique du Sud la politique dite de sanctions économiques prise à l’encontre d’un pays mis au banc des accusés s’était toujours montrée inopérante. Et aujourd’hui le FMI. C’est plus qu’un simple rappel à l’ordre, c’est un désaveu.

Un désaveu qui mériterait – soyons fous – des sanctions.

La petite innovation du jour concernant la Russie, c’est qu’à l’inefficacité systémique de la guerre économique qui lui est faite s’est rajoutée dans la pochette surprise le fait d’avoir tiré une balle dans le pied des intérêts de son propre peuple. Que vous soyez convaincu que le diable se loge au Kremlin ou à Kiev n’y change rien : tous deux y avez perdu. Dixit le FMI.





jeudi 2 février 2023

La gauche la plus bête du monde

 

Contester avant de se décider. Tel est le mot d'ordre de la Nupes qui, en cette nouvelle journée de mobilisation, apparaît dans tous ses états. En cause, le tirage au sort surprise intervenu mardi 31 janvier en conférence des présidents de l'Assemblée, tranchant le débat sur la motion référendaire qui sera débattue la semaine prochaine au Palais Bourbon, avant l'examen du projet de réforme des retraites. Un recours au hasard, censé départager les deux textes quasi-identiques qui étaient en concurrence : celui des communistes - cosigné par le PCF, le PS, EELV et LFI -, et celui du Rassemblement national. Or c'est celui des lepénistes qui a eu gain de cause, alors que les élus de gauche estimaient que leur motion - déposée avant celle du RN - devait être, selon le règlement, celle qui aurait dû être mise d'office à l'ordre du jour.

Il n'en sera rien. Un verdict vivement contesté par les élus de la Nupes, qui ont écrit une lettre à la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour le regretter. Dénonçant une «décision arbitraire» et «scandaleuse», les quatre groupes de gauche demandent l'annulation de ce tirage au sort. «Choisir son opposition de confort qui ne combat ni dans l'Assemblée ni dans la rue le jour d'une énorme mobilisation populaire : la honte !», a notamment tancé Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI au Palais Bourbon.

" Ouin ouin, on veut pas voter leur texte, on veut pas jouer avec eux, c'est rien que des fachos ".

Dieu que cette gauche est bête ! Dans les cortèges des 19 et 31 janvier, on trouvait évidemment de tout en termes d'électeurs, et notamment des charters entiers d'électeurs du RN, dont les conditions sociales n'ont rien à envier à celles des électeurs de la
Nupes. Seulement voilà, au combat de fond, que le RN comme d'habitude déserte parce qu'ils ont poney, piscine ou pépitos, la gauche comme toujours sort la carte Vichy. Celle-là même qui envoie leurs électeurs originels dans les rangs du RN.

Etonnez-vous avec ça que le RN monte à chaque scrutin et que la gauche mélenchoniste soit vue aux yeux de l'opinion comme plus radicale et plus dangereuse que le parti à la flamme tricolore. Ces gens-là ont perdu tout sens tactique
et se confondent avec leurs caricatures de citadins bobos déconnectés des réalités de la France profonde. La pureté morale au-dessus de tout, et l’échec au bout du mur des lamentations.

La politique, ça n'a rien à voir avec la moraline, c'est un combat où on se rend coup pour coup et où on construit des alliances de circonstance pour mieux les détruire dans la foulée. Quand on combat une réforme aussi néfaste rejetée par 72% des français, on ne fait pas le tri, on prend les voix et on se compte. C'est ce principe de bon sens qui a été à l'origine du NON au référendum de 2005. Tu signes une motion référendaire RN ? Tu signes juste un texte avec une pince à linge s'il le faut, mais tu signes. Surtout quand neuf mois auparavant tu as fait le castor et que tu t'es persuadé
contre toute logique que ton chef allait entrer à Matignon pour justifier ton vote.

Du coup, la mère Le Pen une fois encore sort la tête haute sans se fatiguer, elle dont le groupe signe à peu près toujours contre les intérêts de la base. La gauche désunie peut hurler, ça ne change rien au cours des évènements. La seule qui soit actuellement habile, c'est elle. Elle ne produit rien sinon des postures et des discours, elle ne se mêle pas aux combats de boue et vient à la fin de l'examen procéder au ramassage des copies.

Résultats des courses ? La motion référendaire est morte-née, les multiples amendements Nupes enterrent l'utilité de la commission parlementaire, les débats en hémicycle seront encore une fois du pur théâtre où les hurlements des uns recouvriront les braillements des autres. Et tout se jouera en coulisses avec des petits arrangements entre amis à Matignon.

Enfin l'article 47.1 sonnera la fin de la récré après 20 jours. Direction le Sénat !

Et qui une fois de plus en sortira vainqueur dans l'opposition ? Le RN, pardi ! Ce qui fait parfaitement l'affaire pour Macron et pour les siens, pour qui une victoire en 2027 du RN permettrait de se faire une cure de virginité 5 années durant pour mieux revenir le coup suivant. On applaudit bien fort l
a gauche la plus bête du monde qui aura fait la courte échelle à la bête immonde.

Sur le RN - quelques petits rappels utiles :

1/ Lors du précédent débat sur les retraites, en 2019, Marine Le Pen avait déjà été absente. Comme lors des débats sur l’Impôt sur la fortune, la taxe sur les profiteurs de crise, la nationalisation des autoroutes ou le Référendum d’initiative citoyenne (RIC).

2/ Lorsque Marine Le Pen est présente, elle vote contre l’intérêt des travailleurs : contre la hausse du SMIC, contre le gel des loyers, contre le blocage des prix.

3/ Mais lorsque Marine Le Pen est présente, elle vote pour les intérêts du capital : contre la taxation des super-profits, contre l’imposition des multinationales, contre une réforme de l’impôt sur les sociétés qui favoriserait les petites et moyennes entreprises.

4/ Quand les députés du RN sont présents sur les retraites, ils veulent vider les caisses de retraite et fragiliser la sécurité sociale. Comment ? En proposant la mise en place de primes exonérées de toutes cotisations sociales. Le RN préfère mettre en place des primes sans cotisations que de taxer les ultras riches. Pour rappel, une taxe de 2% sur la fortune des 42 milliardaires français suffirait à financer le déficit des retraites. Quand on l'interroge sur cette proposition, Marine Le Pen hausse les épaules et parle de "solution simpliste" qui ne résoudrait rien.



mercredi 1 février 2023

Réforme des retraites : zizanie au sommet !

 

Cacophonies en do majeur dans l’ensemble des crémeries du castelet politique, au lendemain de la seconde journée de mobilisation des retraites. Tandis que jusque dans les plus petits villages de France et de Navarre on voyait se profiler d’immenses défilés réfractaires, et que le 1er février faisait une nouvelle fois valser les étiquettes, depuis les péages autoroutiers jusqu’aux tarifs de l’électricité (fin du gel du tarif réglementé pour 23 millions de ménages) en passant par les tarifs des taxis, nos professionnels de la profession s’en donnaient à cœur joie en ressuscitant la Zizanie d’Astérix. Ayant dévalisé la veille le stock de poissons de Bonnemine, les voilà qui à peine lâchés sur les tréteaux commencent à se chamailler entre eux telles des harpies. C’est à qui aura la saillie la plus vacharde, à qui fera le croche-pied le plus fourbe, à qui prendra le mieux la lumière, à qui se démarquera le mieux de ses congénères. En quelques heures, alors que défilaient les cortèges avec calme et dignité, un capharnaüm bordélisé, auquel le ministre de l’intérieur en personne avait donné le top départ, s’échappait par salves des quatre coins du royaume.


« Monsieur Mélenchon et ses amis défendent une idée gauchiste, bobo, celle d’une société sans travail, sans effort », avait lâché le locataire de la place Beauvau dans une interview publiée dimanche 28 janvier dans Le Parisien. Et de fustiger « la négation du travail » au sein de la NUPES, dont certains membres défendent un « droit à la paresse », en contrepoint d’un gouvernement et de sa majorité qui seraient les héros du « travail, des valeurs de l’effort, du mérite et de l’émancipation. »


Et BAM, à peine déclarées les hostilités que le pétard mouillé du premier flic de France se prend une soufflante à la matinale de France Info par le toujours furibard Alexis Corbière : « Il y a une thématique qui monte qui consiste à dire que la gauche instaure une culture de la paresse. Il y a des permanences de l’Histoire. Ils reprennent des thématiques de l’extrême droite des années 30, voire même du maréchal Pétain en 40 ».


Point Godwin dans les gencives dès potron-minet : on a à peine avalé une gorgée de café qu’on se prend déjà une dosette des fantômes d’Hitler et du « Maréchal nous voilà ». Tout dans la nuance !


Rebelote le lendemain, cette fois sur France Inter. « Je ne dirais jamais à quelqu’un qui doute de cette réforme, qui s’oppose à cette réforme parce qu’il a un travail pénible, qu’il est un paresseux… C’est quelqu’un qui se lève le matin, qui va travailler dans des conditions difficiles, je ne me permettrais pas ». Cette fois c’est Gabriel Attal, le collègue de Darmanin, qui s’y met, en lui accrochant aimablement un sparadrap en plein milieu du nez. Avant de l’achever d’un : « Cela ne vous aura pas échappé, j’essaie de pacifier un les choses et d’être dans un dialogue de fond sur les différents sujets ».


Et comme si ce n’était pas assez, voilà le père Bayrou, pas vraiment un as de la castagne, qui sort le Karscher et le finit aux fumigènes sur BFM : « Je n’aurais pas utilisé ce genre de langage car il y a une question de rapport au travail qu’il faut prendre au sérieux. Ce genre d’affrontements » ne constitue rien d’autre que « la plus mauvaise manière d’engager le débat ».

On n’est jamais aussi bien servi que par ses amis.

Du côté de ces réticents supplétifs à la macronie que sont les députés LR, ça tonne à tout va à l’approche de l’iceberg, chacun tremblant pour sa pomme de connaître le cimetière des éléphants avant l’échéance de 2027.

Soucieux d’apparaître à la tête d’un parti de gouvernement, leur toujours vert Président Éric Ciotti répète pourtant que sa famille politique sera « au rendez-vous » de la réforme, dont il dit mesurer « l’impérieuse nécessité » tout en voulant en « atténuer la brutalité ». Une volonté d’apparaître dans le camp des « responsables » partagée par le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, son ex-adversaire en finale du congrès LR en décembre.

Patatras ! A peine la ligne définie que des quatre coins de ses rangs les récalcitrants se mettent à donner de la voix. « Moi, sur le terrain ce week-end, je n’ai pas rencontré une personne qui m’a dit qu’il fallait voter pour la réforme, y compris parmi les militants LR », le charrie Antoine Minot, député de l’Oise, aussitôt repris a cappella par son collègue lotois Aurélien Pradié : « Plus les semaines passeront, plus les Français mesureront les injustices massives de l’actuelle réforme des retraites. Les femmes, les mères, ceux qui ont commencé à travailler à 20 ans, ou avant 20 ans sans 5 trimestres validés. Les travailleurs », tweete t-il obstinément sourd aux consignes du chef. Ressuscité des morts, Xavier Bertrand ne rate pas une occasion de dénoncer une réforme « profondément injuste ». Laurent Wauquiez, quant à lui, estime que le « principe de responsabilité consiste à ne pas s’opposer à cette réforme », tout en considérant que celle-ci comporte « des lacunes ». Quant à Valérie Pécresse, à peine guérie de son score d’avril dernier, elle tente en vain de donner de la voix et d’appeler ses ouailles à la raison.

Dur exercice pour nos « ni ni » préférés : où comment se faire mousser sans se renier tout en tirant la jupe d'Elizabeth Borne en quête de bonbons à ramener dans sa circonscription. Pas facile d'être cohérent avec ce qu'au printemps dernier on promettait au pays quand le samedi en arpentant les allées du marché de sa propre circonscription on peine à trouver quelque supporter prêt à défendre la ligne de l'avant-veille. Alors on sort la loupe à la recherche de quelques grammes de justice sociale, on se contorsionne au moindre micro tendu, on passe dix fois sa langue sur ses lèvres avant d'esquiver en beauté, on se retranche derrière un avis qu'on ne manquera pas de justifier a posteriori par de prétendus coups de boutoirs en commission parlementaire. Et on s'émerveille de prendre ce peu de lumière avec la peur au ventre de retomber aussitôt dans l'oubli.

Quant à nos chers extrêmes, depuis qu’une astuce des présidents de groupe a donné l’avantage à la motion du RN contre celle de la NUPES, c’est festival de lâchers de nains et boules puantes à tous les étages.

« Je le dis pour le groupe écologiste, nous ne voterons pas cette motion référendaire », assène, catégorique, l’inénarrable Sandrine Rousseau sur Europe 1 ce mercredi. « Non pas que sur le fond nous ne souhaitions pas ce référendum, nous le souhaitons. Mais par contre, nous l’avons décidé et nous le ferons pendant toute la mandature, nous ne pouvons pas collaborer avec un mouvement fascisant comme l’est le Rassemblement national, avec les racines qui sont les siennes et qui viennent de la collaboration française. Il n’en est pas question ».

Et re-Point Godwin dès l’aube !

« Vous êtes les idiots utiles du gouvernement, leur avait balancé la veille en commission parlementaire le député RN Thomas Ménager, accusant la Nupes de « bordéliser » la commission. Vous faites un cadeau au gouvernement, ils sont tous très heureux de ne pas parler du report de l’âge légal ». Et sa collègue Laure Lavalette de renchérir : « Mettez de côté votre incontinence législative ! ».

« Si vous n’avez pas envie de travailler dans cette commission, partez, faites autre chose, allez vous promener ! », leur répondit aussitôt Antoine Léaument de la Nupes.

Où que l‘on tende l’oreille, ce ne sont qu’invectives, croches pieds, noms d’oiseaux et trahisons entre amis dans les bosquets. Un bel exemple donné à des concitoyens qu’en temps normal ils n’ont de cesse de réprimander comme on le fait envers une classe dissipée. Et un signe manifeste qu’en ces jours où des tréfonds du royaume monte la grogne et meurent en silence commerçants, artisans, personnels de soins suspendus, SDF et petits vieux sans famille, rien ne prévaut à leurs yeux que ces querelles de préau d’écoles indignes des mandats qui leur ont été confiés.