vendredi 18 mars 2022

Valoche ou le calvaire d'une pauvre petite fille riche


Pauvre Valoche, dont la campagne s’est transformée en long chemin de Damas avec feux de détresse enclenchés, et qui, à l’exception d’une éphémère embellie au lendemain de sa désignation aux primaires de ce parti prêt à être dépecé une fois réélu Jupiter, n’en finit pas d’encaisser semaine après semaine humiliations, trahisons, moqueries et déconvenues. Et qui commence enfin à comprendre qu'attendre un soutien de la part de Sarkozy est aussi vain qu'espérer freiner son inexorable chute. Elle boira donc le calice jusqu'à la lie, et restera dans les annales comme une compétitrice sérieuse au titre de précieuse ridicule de l'année, juste derrière Annie Dingote, hors concours toutes catégories.

Dernier épisode en date : le baiser de Judas du poulbot de l’Élysée, lâchant à la cantonade qu’il ne verrait pas d’un mauvais œil la reddition de la dame contre un plat de lentilles, entendez par là un maroquin ministériel sous son auguste présidence. Autant dire un retour à la case départ pour la gourgandine qui se croyait aussi grosse que le bœuf, et que personne n'imagine sérieusement crédible à la tête d'autre chose qu'un exécutif de seconde zone. Malicieusement sadique, le petit monarque accrédite ainsi tout haut l’idée fort répandue que Pécresse n’est rien d’autre qu’un ersatz, sa pâle photocopie en jupons déguisé en clone de Wauquiez le temps d’un scrutin, Madame 20h02 comme la qualifie Zemmour, bref une force d’appoint et rien de plus. Et surtout, un second couteau, autrement dit une N moins 2, rien d’autre qu’une simple exécutante du logiciel libéral libertaire, une dame du "fais comme je t'ai dit de faire" sous le joug d’un chef, hier Chirac puis Sarkozy, et demain Macron. Macron dont elle psalmodiera alors avec des trémolos dans la voix la chanson de geste, comme autrefois Edouard Philippe, Bruno Lemaire ou Darmanin l’ont fait sans complexes, avec cette morgue et cette assurance propres aux derviches tourneurs des ambitions caressées dans le bon sens du poil.

On te connaît Valoche, on t’a cernée Pécresse, depuis le temps que tu traînes tes escarpins versaillais dans les allées du pouvoir, tantôt débiteuse professionnelle des éléments de langage du pouvoir en place, tantôt complaisante opposante en trompe-l’œil, une centriste de droite parmi tant d’autres, accessoirement multi-millionnaire grâce à une jolie entourloupe de Macron, toujours prête à serrer le kiki des plus démunis pour leur plus grand bien, à tailler dans les dépenses et dans les effectifs de fonctionnaires, à nous endormir avec cette notion ô combien pratique pour les nantis de « mérite », et à fermer les yeux comme le font tous tes congénères sur les biens si mal répartis du haut de la pyramide.

Chez Valoche la ventriloque, tout, depuis le début, part en sucette, tout sonne faux, à contre temps, jamais dans le ton, on chausse des convictions comme on enfile un tailleur, on dit l'inverse d'hier et le contraire du lendemain sur le même ton, on apprend par cœur ses fiches cuisines et ses dossiers techno, et comme le font parfois certains laborieux on finit par perdre le sens de ce qu'on recrache comme un singe savant. A un tel point que la regarder se vautrer dans la moindre de ses prises de parole avec pareille constance en devient plus que gênant, presque sadique. La voix poussive, le regard vitreux, la bouche qui n’en finit pas de se tordre à force de gêne d'être placée au milieu de l’estrade, la gestuelle robotique, les sourires forcés, le visage qui se ferme comme une huître : impression désagréable d’assister malgré nous au naufrage d’une apprentie comédienne balancée sur scène et contrainte de réciter du Phèdre face à un impitoyable jury, plutôt que de faire ce pourquoi elle est faite, de la figuration pour une pub Soupline. La voir froncer du sourcil comme un automate avant que de se lancer dans une diatribe poussive, c’est un peu comme la maîtresse de notre enfance, celle qu’on aimait tant chahuter, la vieille fille sans autorité et sans charisme, celle qui devait s’y reprendre à dix fois pour imposer un silence qu’on rompait aussitôt qu’elle s’époumonait à nous ordonner d’ouvrir nos cahiers, celle qui attirait les ricanements et qui rentrait chez elle le corps lourd d’avoir une fois encore échoué à occuper une place pour laquelle pour rien au monde elle n’était préparée. On s'amuse de loin à voir dévisser Pécresse, mais au fond de nous on s'en voudrait presque d'y avoir cédé. Tellement le spectacle fait pitié.

Valérie Douglas, on l’aura compris, c’est la dernière pelletée de terre sur le cadavre des LR, celle à qui on attribue déjà le chapeau du décès d’un vieux machin en fin de vie depuis 2017 et qui ne servait plus guère qu’à entretenir des carrières en attendant les redditions à Jupiter. A 10 ou 11 %, elle achèvera la bête à ses dépends, apparaîtra sur nos écrans le soir du premier tour la mine grave, nous chantonnera l’air bien connu du front républicain contre la peste brune, se prendra quelques sauts de merde de la part de ses corréligionnaires, et attendra bien sagement le coup de fil d’Édouard Philippe, prête à jouer des coudes s'il le faut pour obtenir, comme on dit, un « grand ministère régalien » à la hauteur de sa pseudo stature.




1 commentaire:

  1. Naufrage bien prévisible qui n'alimentera aucune pitié en con encontre. On fait son lit comme on se couche et dans son cas ce n'est que mérité. Dommage que cela ne soit pas encore la norme pour le reste de la faune politique Française.

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