vendredi 25 mars 2022

Séquence World War Zemmour et les zombies de la Villette


Encore un coup de com de la team Bolloré, pas le premier, loin de là, avec le déplacement du sauveur auto proclamé de la France éternelle dans une de ces zones repoussoirs à la frontière du périph, la si bien nommée Colline du Crack, sorte de poubelle humaine à ciel ouvert où s’entasse tout ce que le vivre-ensemble a rejeté à la marge. Une sorte de concentré de misères et de violences que pouvoirs et oppositions se refilent comme un mistigri, la Préfecture de Paris rejetant la faute sur la Mairie de la Ville Lumière, laquelle botte en touche et accuse le gouvernement, lequel est pris pour cible d’un extrême à l’autre et monté en épingle comme illustration parfaite du laisser faire poussé dans ses derniers retranchements. Avec au milieu des riverains de tous bords excédés, horrifiés, atterrés, compatissants pour certains mais à bout de nerf devant tant d’impuissance de cet État censé d’abord et avant tout leur assurer le minimum, et qui s’est auto-émasculé tout en se bouchant le nez.


Autant dire du pain béni pour le zébulon de cette reconquête en panade que pareil terrain de jeu où se sont enchevêtrées toutes les mauvaises herbes qu’il dénonce, celles d’un monde qui pourtant semble lui convenir comme un gant, un monde du grand capital où les premiers de cordée comme son ami Bolloré s’enrichissent goulûment des trésors de cette Afrique dont ils pillent les ressources, créant de fait un appel d’air du sud vers le nord pour des millions de miséreux entassés ça et là comme du bétail dans les bidonvilles de ce nouveau siècle. Et dont cette sinistre colline constitue le versant le plus glauque.

A vingt jours du premier tour, Zorglub tente de reprendre la main avec une séquence trash-TV imaginée par le think tank piloté par la jeune Sarah Knafo avec l’ami Morandini dans les basques, s‘exhibe sous les caméras de CNEWS dans ces coins-là où l’on se bouche le nez, et se fait mousser les pieds dans le fumier sur un mode faussement compassionnel où l’on joue cyniquement la défense des braves et honnêtes gens contre la lie de l’humanité en se gardant bien de taxer cette dernière de mots outrageants. En agitant la solution miracle de la toute fin de campagne, ce fameux chiffon rouge de la remigration, avec moi on prend tous ces zombies à la World War Z, on les renvoie tous sans faire de détail à l’expéditeur par paquets de mille, on s’attendrit surtout pas, fini, ça, l’attendrissement, la compassion, l’envie de tenter quelque chose de pas trop crade, des trucs de gonzesse, la France Gargamel se meurt, la France Zemmour est sur le point de rendre l’âme, envahie de pouilleux, d'islamistes, de racailles mal blanchies, de gauchistes, d’hommes soja et de LGBTistes racialistes. Alors on sort le scalpel et on les balance tous dans un charter. 

Cette France-là, celle qu’a réveillée le polémiste de la droite non pas tant extrémiste que radicale, celle qui remplit ses meetings jusqu’à plus soif et ne sent plus pisser depuis des mois, cette France-là que rejette viscéralement deux bons tiers des français, est en train de faire sécession à force de se replier sur elle-même et de s’être convaincue d’incarner le Vrai, comme hier les tenants de la pensée unique s’étaient eux aussi convaincus que leur vision angélique dégoulinant de bons sentiments était la seule et la bonne. Bon courage pour recoller les morceaux une fois réélu Jupiter !

Aveuglés par leurs croyances, voilà que les militants les plus dévoués de cette reconquête en débandade en sont réduits à se convaincre de l’existence d’un vote caché qui va surgir dans les urnes et porter leur héros jusqu’au second tour. Ben voyons, on se rassure comme on peut ! Comme le plus banal des politiciens, leur Z botte en touche quand on lui demande pour qui il se prononcerait si d’aventure il échouait. En son fort intérieur – l’homme est loin d’être sot -, il le sait qu’il va se le prendre, ce râteau, et se faire littéralement souffler la place par celle-là qu’il qualifiait de nulle. Cette Marine dont la nièce piaffe en coulisses et attend le 10 avril pour de cette reconquête ramasser les morceaux.

Cette séquence putassière au possible de la Porte de la Villette n’aura servi à rien, sinon à tenter d’occuper le terrain en faisant son intéressant et en clivant sur le dos des misères. Pas plus qu’Hidalgo Zemmour ne reviendra plus jamais traîner ses guêtres dans ce cloaque à quelques petits kilomètres des beaux quartiers où il vit en paix. Il y est allé, il a serré des louches, a essuyé quelques quolibets, évité quelques projectiles, les images sont dans la boîte, prêtes à tourner 24 heures en boucle sur les réseaux sociaux. Du cirque, aussi grotesque que les crâneries de Sarkozy sur la dalle d’Argenteuil.

Et puis ? Eh bien ma foi, comme pour les salariés de Whirlpool en 2017 : rien ! La campagne est achevée, on a replié le matériel et on est passé à autre chose. Un "Carnets de campagne" du Z à gros tirage, au hasard ...



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