jeudi 1 juillet 2021

Manu se refait une virginité sur le dos des femmes

 

Ignorant crânement la magistrale biffle balancée par deux fois en pleine tronche à ses candidats marcheurs sacrifiés sur le charnier des régionales, notre bien-aimé Pol Pot des beaux quartiers s'en est allé chevaucher son destrier des grandes causes humanistes universelles qui ne mangent pas de pain. Trois jours de pince-fesses chic et choc à plancher sous l'égide de l'ONU sur l'égalité hommes femmes et à enfiler les grands discours dégoulinant de bons sentiments : quoi de mieux pour retomber tel un culbuto aimablement sur son arrière-train avant que de reprendre comme si de rien était son tour de France estival des patelins nettoyés de ses gaulois réfractaires ?

On ne peut qu'admirer la faculté de notre roitelet à ignorer les coups aussi habilement que le réel, et tel un Zelig en chemise blanche amidonnée à habiter les décors d'une actualité en trompe l'œil construite par une armée d'hommes soja tout droits sortis d'Euro-RSCG. Après Mc Fly, Carlito, Justin Bieber et les DJ de la cour de l'Élysée, voilà notre banquier d'affaires à la remorque des femmes battues et ostracisées, la grande cause avec un C majuscule de son quinquennat, ex-aequo avec le sauvetage de la planète, nous rappelle sans rire le recruteur en chef de Sibeth et de Marlène.

Allant distribuer les versets de sa jupiterrienne parole sur ce sujet o combien crucial dans ELLE, la gazette des ménagères CSP+ de 40 ans et plus, le voilà qui se complaît à nous faire part de ses avis définitifs du jour sur à peu près tous les sujets touchant le sexe faible, depuis les bracelets anti-rapprochements imposés aux maris violents jusqu'à l'exposition des nombrils de nos adolescentes dans les cours scolaires. Découvrant sur le tard, zemmourisation des esprits oblige, la montée des chouineries racialistes et intersectionnelles en toile de fond des discours sur les inégalités sociales, notre lénifiant monarque extrait soudain de son logiciel un certain Kevin, homme blanc habitant Amiens qui soudain traversant la rue ne trouve plus qu'une porte fermée - pas mieux qu'un vulgaire Traoré. Les temps changent !

Bref, comme à son habitude, notre serial menteur de la Maison Rothschild commente de haut et de loin un réel qu'à sa guise il tord tantôt à gauche tantôt à droite selon ses intérêts boutiquiers du moment. Philosophant depuis les sommets de son Aventin en égrenant les fiches cuisines rédigées par son staff, il se mue en une sorte de couteau-suisse des chroniqueurs de Touche pas à mon poste, deux pincées de progressisme universaliste matinées d'un nuage de lait conservateur, on touille, on mélange, on ratisse à tout-va, on dit tout puis son contraire en une molle synthèse, on drague la beurette branchée en même temps que la rombière versaillaise à serre-tête et on s'en retourne au Palais avec le sentiment du devoir bien fait.

Après sa séquence galipettes, vannes à deux balles, rires enregistrés et tapes dans le dos à destination des boutonneux pré-pubères, Manu la Dragouille endosse le costume du gendre idéal compassionnel, plus féministe qu'Alice Coffin et Caroline de Haas réunies. A un an du scrutin, notre Président des Riches se réinvente papa-noyelle la hotte pleine de nobles promesses envers la gent féminine : féminicides, discriminations à l'embauche, avortement, endométrioses, tout y passe en une novlangue aussi rodée qu'aseptisée. Avec une sincérité aussi bouleversante qu'un discours de fin de dîner de gala de charité animé par Henri de Castries et Emmanuel Lechypre.

Les gueuses en gilets jaunes, les fêtardes de la rave de Redon, les manifestantes des défilés contre la réforme des retraites, les étudiantes faisant la queue à la soupe populaire et autres infirmières en manque de reconnaissance salariale, tour à tour ignorées, frappées, molestées, gazées, éborgnées, précarisées et méprisées depuis quatre années sur ordre du chef suprême apprécieront à n'en pas douter à leur juste mesure les éléments de langage distillés sur papier glacé.






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