mercredi 7 juillet 2021

Au rayon des invendus, je demande Xavier Bertrand !

 

Il s'y voit déjà, le Séraphin Lampion de la droite républicaine. A peine réélu dans son bunker provincial par un peu plus de 16% des inscrits, voilà que cet adipeux carriériste déserte ce bureau apparemment trop petit pour lui pour se parer des atours du grand rassembleur providentiel partant à la rencontre des vrais gens aux quatre coins de l'hexagone - lui qui n'est même pas capable de s'imposer au sein de sa propre famille politique, au sein de laquelle il s'est attiré un nombre impressionnant d'inimitiés en tous genres à force de la jouer solo et de trahir tout le monde. Famille qui, ô surprise, s'est précipitée pour lui savonner sa rampe de lancement et tâcher de le faire rentrer à la niche. On peut compter sur eux pour lui pourrir la vie, à ce petit jeu des peaux de bananes et des petites haines recuites entre bons amis, nos têtes d'ampoule LR sont insurpassables.

Après le JT de TF1 hier au soir, on s'en ressert une couche chez Bourdin dès l'aube, sur fonds de sondages censés nous faire croire en une imaginaire Bertrand-mania surgissant des limbes. Vivement le publi-reportage dans Paris Match avec sa douce et tendre et ses quatre rejetons autour du barbecue dans le jardin, l'interview-vérité sur prompteur chez Ruquier et les séquences FR3 Régions suivant le pépère en polo Raph Lauren fushia serrant les louches au kilomètre dans les kermesses de la France profonde. Qu'on le veuille ou non, on va en bouffer tout l'été, de ce vieux poulet périmé à peine sorti de l'emballage qu'on veut nous refourguer avec un label Cordon Rouge millésime 2021. Faire du neuf avec du vieux : quand on n'a que ça en stock, que faire d'autre sinon recycler ? Il parait que c'est bon pour la planète ...

On serait bien en peine, à l'écouter dérouler ses formules lénifiantes à base de "clarté", "d'esprit de responsabilité", de "sincérité" et de "devoir de transparence" débitées sur un ton mielleux avec une langue de bois typique d'un politicard de métier, de trouver sept différences entre ce qu'il propose et ce que fait le gouvernement de Jean Castex, Castex dont il est un proche, comme il est proche de Darmanin. Sur sa liste des régionales, pas moins de 20 marcheurs, excusez du peu, pour le changement de logiciel on attendra. Son projet, celui auquel il est censé phosphorer depuis quatre ans minimum, se résume à "ma pomme pour cinq ans non renouvelables afin de tout redresser". Le catalogue de propositions suivra avec l'équipe - croyez-le sur parole.

Pensez printemps : le retour ! Aussi creux dans le texte, niaiserie exceptée.

Plastic Bertrand, c'est comme une synthèse poussive entre la mégalomanie de Sarkozy, l'absence de colonne vertébrale de Hollande et la morgue de Macron : une espèce de chamallow uniquement mû par une ambition personnelle inversement proportionnelle à son charisme, et qui ferait merveille comme animateur vedette de la Chance aux chansons. Un apparatchick aux airs de faux gentil, présent dans le castelet des loosers depuis 25 ans au moins, dont on ne connait que trop toutes les ficelles et toutes les postures, qui n'a jamais réussi à être autre chose qu'un second couteau aux dents affutées. Et qui s'imagine sans rire, avec sa tête de proviseur rondouillard qu'aiment tant chahuter les élèves dissipés, incarner la figure d'autorité d'un général des armées. Le genre d'invendu qu'on remet dans le rayon sur son cintre juste après l'avoir jeté dans le caddie parce qu'une remise de 30% nous aura un bref instant aveuglé.



1 commentaire:

  1. C'est bien un politique néolibéral ! Un enfumeur de première grandeur ! Sa posture d'alerteur responsable est bien dans la droite ligne de la "Dictature Néolibérale" !!!

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