jeudi 24 juin 2021

Assa Traoré ou l'irresponsabilité essentialisée

 

" Les victimes c'est nous " : le culot de cette fille, dont je me demande bien à quel titre elle se retrouve à la barre à encore déballer ses salades habituelles, est stupéfiant.

C'est qui, Assa, ce " nous " ? Ta glorieuse fratrie ? Les " noirs racisés " ? C'est elle, ce sont eux qui sont au banc des accusés ? Ou plus prosaiquement l'un de tes frères, Bagui de son prénom, 29 ans, dont 15 ans non stop dans la délinquance tout terrain, violences, vols, commerce de stupéfiants, extorsions en tous genres. Et tentative d'assassinat sur des flics, raison pour laquelle il est actuellement jugé.

Vous, victimes ? Si ton multirécidiviste de frangin, qui a accumulé dans sa brillante et courte biographie un bon paquet de victimes parfaitement anonymes dont tu ne parles et ne parleras jamais parce que cela ne cadre pas avec ta posture de cible systémique, n'avait pas une fois de plus violé la loi du pays qui t'a accueillie, toi, tes parents, tes frères et soeurs comme il en a accueilli des millions d'autres dont une immense majorité ne fera jamais le millième du bruit que tu fais, jamais ton petit frère ne serait mort. Paix à sa mémoire, il est mort tragiquement bien trop jeune, mais les faits sont liés et s'imbriquent les uns aux autres, cela s'appelle la causalité, c'est tragique mais hélas c'est ainsi ... Les nombreuses victimes de Bagui, d'Adama et des autres avaient les mains propres, et lorsque leur route a croisée celle de tes frères, aucun micro ne s'est tendu, pas plus qu'une paire de menottes, il n'y eut ni poursuites, ni heurts, ni soulèvements, ni caillassages, ni tribunes, ni défilés, ni rien. Juste des faits divers tristement sordides chassés loin des couvertures de l'actualité.

" Bagui n'est pas parfait ", as-tu dit à la barre pour sa défense. Va donc dire cela à ses victimes, ca les fera bien rire.

Tu réclames à corps et à cri que justice soit faite pour Adama, pour vous tous Bagui inclus, pour sa mémoire ? Tu prends le pays à témoin en te montrant tout autant sinon davantage juge et partie que ces forces de l'ordre que tu condamnes dans leur ensemble a priori comme étant racistes par essence ? Ces gendarmes au nombre de trois (dont, pas de chance, deux antillais ...) qui n'avaient pourtant pas pris tes deux frères en chasse parce qu'ils s'appelaient Traoré ou parce qu'ils avaient la peau noire mais bel et bien parce que pour la nième fois l'un des deux était encore et encore recherché comme délinquant notoire après je ne sais combien de peines prononcées sans être exécutées puis de courts séjours en prison.

"Je me retrouve à la barre du mauvais côté. Je me retrouve avec ma famille du côté des coupables, pas du côté des victimes ", dis-tu. Ou comment abolir les crimes et délits de l'un par l'instrumentalisation de la mort de l'autre. J'appelle cela de l'irresponsabilité essentialisée posée en axiome. Couplée d'une posture victimaire assise sur du vide : car non, Assa, tu n'es pas à la barre parce que tu es accusée, tu n'es pas à la barre parce que tu es coupable, tu n'es pas, pour te citer " du mauvais côté ", tu es entendue comme témoin au procès de ton frère qui est là pour des faits très précis, et ce procès n'est point celui des Traoré.

Tu réclames, Assa, que justice soit faite, tu l'exiges, tu exiges que la justice de France se mette à ton service et à tes pieds et épouses sa thèse, qu'elle te rende justice, qu'elle vous venge, qu'elle fasse de toi et des tiens des victimes par essence qualifiées de systémiques ? Eh bien laisse-la donc travailler et instruire à charge et à décharge sans prendre son enceinte pour ta propre tribune ! Joue-la modeste, joue-la discrète, cesse de nourrir et de confondre ton combat personnel avec les cendres de George Floyd, une authentique victime d'un policier raciste, lui ! Deviens une citoyenne francaise digne au même titre que toutes les autres, la porte t'est ouverte à toi comme à tout le monde, ni plus ni moins. Tu n'es ni Angela Davis ni une passionaria, juste une militante activiste juchée sur une paire de Louboutins et payée sur fonds privés d'une ONG de George Soros, démesurément mise au pinacle par un système médiatique dégoulinant de bienpensance victimaire qui t'a offert un costume bien trop grand et veut nous faire croire que tu représenterais un modèle pour la jeunesse et une " chance pour la France ". Toi qui n'as pour le moment strictement rien accompli dans ta vie, sinon faire l'instagrameuse protestataire, faire la UNE de Time et prendre par la force le costume de victime en lieu et place de dizaines de milliers d'autres anonymes de toutes origines au parcours aussi respectable qu'irréprochable.

Va les voir, ces anonymes, va à la rencontre de ces victimes des violences, policières oui mais pas seulement, de toutes les violences.

Tu risques d'être surprise du nombre d'entre elles, pas plus racistes que racialistes, pour qui tu représentes un contre-exemple absolu de cette cause dont tu t'es emparée à leur insu.



2 commentaires:

  1. Résumé aimable mais circonstancié d'une famille dont la délinquance est devenu tradition avec celle de parler au nom de victimes colorées abstraites dont elle ne se soucie que pour faire carrière. Les victimes factuelles elles du concret n'ont qu'à se taire, lui pardonner et se considérer comme de l'ordinaire bétail.

    RépondreSupprimer
  2. aujourd'hui c'est un grand jour ou mes souhaits vous sont destinés. Bon anniversaire à vous, cher Christophe, recevez toute mon amitié de la France qui ne vous oublie pas. Vos articles sur le blog sont très intéressants, toujours très bien écrits. Bientot un nouveau livre?

    RépondreSupprimer