lundi 9 mars 2020

NEOM - Epilogue



Il fit appeler Youssef et Mustapha. Lesquels arrivèrent une heure après, tout de blanc vêtus, tous deux d’une beauté sidérante. Ils se regardèrent, s’étreignirent, pleurèrent quelques instants, avant que d’échanger un long baiser.

« Faites-moi l’amour mes hommes, ouvrez mon corps, chérissez-le comme une pate !, murmura Julian en les déshabillant l’un puis l’autre au centre de la chambre à coucher. Faisons-le revenir par nos pores ! ».

Youssef alors le prit, délicatement, dans sa bouche, et Mustapha, se plaçant dans son dos, entra alors en lui. Ils
le firent gémir, le caressèrent, passèrent leurs mains douces sur sa peau recouverte parfois d’un fin duvet, se satisfirent d’entendre du dedans ces frémissements donnant lieu à autant de portes ouvertes à l’intérieur même de la conscience.

Puis le firent jouir. Et le massèrent.

Julian s’endormit, lors.

Puis s éveilla.

Ils se tenaient tous deux à ses côtés.

Souriants. Et nus.
« Veux-tu …
-       Un café, je veux bien.
-       Je t’apporte ça », murmura Youssef en déposant un baiser sur ses lèvres.

Il sortit, le laissant seul avec Mustapha.

« Vous deux. Mes amants en titre.
- Cela va de soi !
- Tu savais ?
- Depuis le premier jour !
- Incroyable !
- Mais vrai ! »

Youssef revint avec dans les mains une tasse de café chaud, qu’il déposa sur une table basse.

« Nous serons à tes cotés chaque nuit. Nous avons prêté serment à Ali, dit-il.
-       Bien !
-       Tu auras … Tu comprends …
-       Bien entendu.
-       Alors c’est parfait, mon Prince ! ».

A peine avalé le contenu de la tasse, Julian se redressa, enfila un pantalon de toile blanche puis un haut identiquement blanc, et s’approcha d’eux.

« Conduisez-moi au passage !
-       Quel passage, mon Prince ?, questionna Ali en regardant interloqué Mustapha.
-       Celui des enfants d’Israël. Celui de la mer qui se soulève !
-       Tu veux … ?
-       Nous trois, oui !
-       Retourner en Egypte ?
-       Ne sois pas si bête !
-       Bien, acquiesça Mustapha. On prend le nécessaire pour dormir sur place ?
-       Une tente blanche oui », valida Julian.




Ils se tenaient face aux flots, vers le milieu de l’après-midi. Un vent frais venait caresser leurs visages et soulevait un peu de sable. A l’horizon, la ligne floue, l’Egypte, oui. Ce qu’on pouvait en deviner. Une terre. Immense.

Celle des pyramides, murmura Julian, celles que j’ai toujours rêvé de visiter !

« Nous t’y conduirons alors.
-       Bien », acquiesça le nouveau Gouverneur.

Lequel, sans prononcer une parole, commença à descendre en direction du fleuve.

« Mon Prince …
-       Oui Youssef ?, répondit-il sans se retourner.
-       Ou … Où allez-vous ?
-       A ton avis ?
-       Je …
-       Oui. Tu as bien compris. Nous y allons. Nous en prenons la route.
-       Mais … ?
-       Ne crois-tu point aux miracles ?, dit-il en posant un pied puis le second dans l’eau clair.
-       C’est que …, commença Mustapha. Mon Prince … ».

Mais les mots moururent sur ses lèvres.

Sous leurs yeux les eaux, tel autrefois, se soulevaient.

Le fleuve en deux s’ouvrait.

S’avalait.

Et laissa place à un chemin.

Sur lequel Julian s’engagea sans crainte.

« Alors vous venez ou quoi … ?
-       Je …, balbutiai Youssef. Hey, mais attends-nous ! », ajouta-t-il en prenant soudain ses jambes à son cou et en éclatant de rire, suivi par Mustapha.

« Terre. Eau. Feu. Air !, cria alors Julian en se retournant vers ses partenaires. Nous y sommes les gars ! Nous y sommes !
-       Ouais, putain, s’esclaffa Youssef en courant à sa rencontre.
-       Cinquième élément !, reprit Julian en apposant ses deux mains l’une contre l’autre puis en les levant aussi haut que possible. ALI !, cria-t-il. Hey, là-haut, ALIIIII ! Tu me vois ?
-       Oui je te vois Julian. Oui je vous vois tous trois, lui répondit la Voix.
-       Le pied insensé !, cria Youssef en sautant dans les bras de Mustapha. Yallah Yallah !
-       Maktub ! » conclut Julian, s’abaissant face contre terre. Et en entonnant.

Ya lil, ya lil
Maktub kuly si
Maktub fil ahlam
Maktub fil lugatil ahlam
Maktub biannas
Maktub
Kulli shey maktub
Maktub...yaa nas, maktub
Maktub...fil lughat il Ahlam
Maktub, maktub
Kulli shey...maktub...fil Ahlam
Yiftakh aleinu, yiftakh aleinu

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