jeudi 5 mars 2020

NEOM - chapitre 62



Tous deux gagnèrent la grand-salle du Temple, là où avait lieu la cérémonie de mariage, et rejoignirent à l’entrée Latifa et Selim. Ali s’avança vers eux en premier, leur souffla quelques mots à l’oreille. Puis prit la tête de leur petit cortège et vint se placer au tout premier rang, suivi de Julian.

Latifa et Selim, de par leur rang, se contentèrent des dernières rangées.

Julian se retourna sur la foule des présents, dont les visages livides de créatures bottoxées étaient sur-éclairés par les lumières artificielles des caméras. Aux quatre coins de cette immense salle ou trônait au centre de l’autel la statue de Moloch, les chaines de télévision du monde entier tournaient, ne perdant rien des bruissements des stars de cinéma et de la chanson, ainsi que des présentatrices et présentateurs vedettes ici présents.

Une assemblée hollywoodienne de zombies, pensa Julian, qui connaissait chacun de visage sans forcément mettre un nom dessus, tant lesdites créatures des majors produisaient ce qu’il considérait comme un authentique crachat au visage de leurs arts.

« Je vous reconnais !, murmura une femme, actrice de renom sans talent aucun, à la droite de Julian à ce dernier. Vous avez, non ne me dites pas, joué dans …
-       T’as encore abusé de trop de coke !, l’interrompit aussitôt Ali en la fusillant du regard. Repoudre-toi, tu fais honte à cette cérémonie.
-       Je …, balbutiai la créature, mais … Oh chéri, se retourna-t-elle en direction d’un éphèbe plus jeune qu’elle d’au moins vingt ans qui était à sa gauche, cet homme m’a insultée. Fais quelque chose !
-       File-moi ton bras ! », marmonna l’éphèbe épilé de près en sortant de la poche de sa veste une seringue.

Puis lui saisissant de force la main, il planta l’aiguille et la regarda au fond des yeux.

« Voilà, vieille peau, tu peux planer à nouveau et enfin fermer ta gueule !
-       Merci, fit Julian.
-       De rien. Je suis de la jaquette aussi. Entre filles on se doit un minimum de solidarité, non ?
-       Et elle ?
-       Bah, ma banque !
-       Riche ?
-       Je la dépouille vite, que crois-tu ! Elle est tapée, suffit juste d’attendre le bon moment pour que la mémoire de ses différents comptes offshore lui revienne. Les codes, cette conne les a écrits nulle part. Alors j’attends.
-       T’as …
-       Il m’en manque trois, après je la largue. De toutes façons elle est foutue de chez foutue. Aux studios ils l’ont faite doubler par un I.A. Elle est tellement stone, qu’elle croit qu’elle était encore sur les plateaux hier, alors que ça fait plus de deux ans qu’elle n’a pas tourné un plan.
-       Bigre !
-       Les quatre cinquièmes du public ici c’est pareil. Juste des images vidées de toute substance humaine. Programmés depuis l’enfance ou l’adolescence pour beaucoup. Les électrodes, les piqures de LSD dans les studios entre les prises, à la longue …
-       Et toi ?
-       Bah … Une sangsue ! Comme toi !
-       Moi non. Moi je l’aime !
-       Arrête ton char, je vais chialer ! ».

On entendit un immense murmure depuis les dernières rangées. Le Suzerain, tout d’or recouvert et ceint d’une couronne rouge sang, venait de faire son entrée aux bras de cette mariée blême, au visage figé dans un sourire absent. La naine qu’on fêtait semblait terrorisée sous son masque factice, comme si une main armée d’un poignard était glissée sous sa robe à lui taillader le sexe.

« Je parie qu’Ari lui a fait mettre un lombric inoffensif dans la chatte, rien que pour rire !
-       Pourquoi il ferait ça ? Ca risquerait de lui bousiller sa noce
-       La conne est tellement soumise que tu verras, elle en montrera pas plus. Elle te lâchera un OUI tellement guttural qu’on croira à un orgasme. Trop drôle ! ».

Le couple royal s’avança, et le Grand Monarque apparut, vêtu de noir et de rouge.
Il tenait dans sa main gauche un compas et dans la droite une petite pyramide surmontée d’un œil.

« Prosterne-toi, Pandora ! », cria-t-il à l’adolescente.

Et avec lui tous les présents crachèrent au sol.

Le Vicaire comme l’époux avaient, quant à eux, maculé la mariée.

Laquelle leva vers eux un visage implorant.

« Encore O Maitre !, supplia-t-elle.
-       Connasse, ricana Ari en haussant les épaules et en adressant un clin d’œil à Julian. Bon, alors c’est OUI ou MERDE ? ».

Les caméras de télévision s’étaient toutes rapprochées de l’autel.

« Oui !, gémit Pandora, à terre et possédée.
-       A toi Vicaire !
-       Approche, Vilaine ! ».

D’un geste brusque il lui arracha d’un geste sa robe. Et un serpent glissé en son sexe apparut.

« Inoffensif mais gourmand !
-       Haaan, gémit Pandora, se roulant alors sur la dalle froide, devant une foule exultant et lâchant des râlés.
-       Vas-y ! Vas-y ! Fourre-la, fais la saigner !
-       LUCIFER ! LUCIFER ! hurlèrent alors les présents.
-       Haaaaaaan », hurla alors Pandora, perdant soudain son sang.

Ari alors s’agenouilla face à elle et, se saisissant de sa robe déchirée, la lui tendit.

« Essuie-toi ! Et vas te laver ! Ca va t’as gagné, t’es devenue Reine !
-       Ah, ah !, cria soudain l’adolescente en se relevant. Je suis la Reine ! Je suis la Reine !
-       La reine des connes !, se gaussa Ari en se retournant vers ses sujets, lesquels éclatèrent tous d’un rire aussi faux que monstrueusement étiré.
-       Tous au salon !, conclut le Vicaire. Allez, mes enfants ! Ce jour, on boit, on bouffe, et on baise ! ».


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