lundi 24 février 2020

NEOM - chapitre 52



Ils s’étaient levés à 5h45, au lever du soleil. Avaient tous deux préparé un sac à dos. Puis après avoir avalé un café, ils prirent le sentier qui montait sur les cimes de la montagne.

Ils marchèrent plus d’une heure avant d’arriver dans la dense forêt.

De là, on n’apercevait parfois presque plus le ciel bleu, tant la végétation était dense.

Sans un mot, leur marche les conduisit, sur ce chemin de terre séchée, vers le sommet. Qu’ils atteignirent, deux heures et demie après le départ.

Puis ils redescendirent lentement, prenant grand soin de ne pas glisser.

Jusqu’à parvenir à un terre plein.

Puis à un village.

Quelques dix maisons, pas davantage.

Un adolescent recouvert d’un chapeau de paille, qui passe à vélo et les observe avant de reprendre sa route.

Au loin, derrière les maisons - l’Océan !

Ils s’avancèrent.

Puis parvinrent sur une plage de sable blanc, à la lumière aveuglante.

Face à une eau turquoise, presque transparente.

Sur la plage, deux barques défoncées, recouvertes par des corbeaux noirs, immobiles.

Julian tomba genoux, en avant, devant tant de beauté.

C’était stupéfiant de calme, d’apaisement et de grandeur.

A sa gauche une paroi emplie d’arbres dont certaines branches penchaient vers l’eau.

Face à eux, une ile minuscule, à moins de cinq cent mètres.

Une plage immense, déserte.

Dieu du ciel, murmura t-il, regardant son homme.
Lequel, comme lui, ne disait mot.

Ici les mots n’avaient pas leur place.
Seul le silence.
Et la contemplation.

Ils s’avancèrent vers l’eau, se dévêtirent, y pénétrèrent.
Se mirent à genou, cote-à-cote.
Immobiles, un temps long, une heure sans doute, sans un mouvement.

Le soleil brulait la peau, il devait être onze heures trente.

As-tu faim ?, demanda alors Ali.
Oui !
Alors viens !



Une table, en bois, recouverte d’un toit en paille, dans le jardin d’une maisonnée.

Une vieille femme à la peau ridée qui lentement s’avance avec dans les mains un plat.

Deux poissons, énormes.

Elle les sert.
Revient avec de l’eau.
Pose deux verres, puis s’en retourne à l’intérieur de chez elle.

Ils sont tous deux face à face. Sans un mot.

Dégustent.

Ils se regardent, se contemplent, se regardent se regarder l’un l’autre.

Le temps est suspendu.

Le temps leur appartient.

Demeurons ici un jour et une nuit.

Pas un mot ne fut prononcé mais le vœu partagé quand même.

Magie de la nature et du monde …

Ce monde en perdition leur avait réservé une alcôve.

Pour eux seuls.



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