vendredi 21 février 2020

NEOM - chapitre 49



Il arriva de fort bonne heure et fut cette fois, à peine aperçu Farouk, conduit par un Première Génération dans un bâtiment moderne, le seul de tout le camp, ou était installée l’administration.

Là, on le conduisit au quatrième étage.

Où il retrouva Sofia.

« Bonjour Julian. Comment avez-vous dormi?
-       Bien.
-       Pas trop pénible hier ?
-       Un peu au début. Mais ca va.
-       Même moi parfois … Et pourtant je n’ai pas été programmée pour !
-       Il semblerait que vos concepteurs …
-       Un peu d’ADN suffit ».

Julian observa les lieux. Un vaste bureau tout en métal, avec un mur d’écrans digitaux.

« Le poste de contrôle. Du camp, mais aussi des neuf autres disséminés dans la Province.
-       Qui a … ?
-       Conçu ce dispositif ?
-       Oui.
-       Une célèbre agence américaine, sous l’égide de ce qu’on appelait autrefois le Deep-State. Les dirigeants de cet ancien Empire n’étaient alors même pas mis dans la confidence. Il fallut attendre ceux de la fin du siècle dernier, ceux qui furent reprogrammés aux dimensions désirées par l’Elite, pour que ce secret soit divulgué aux plus hautes autorités de Washington. Puis partagé avec leurs alliés, puis leurs opposants de façade. Tous savaient, tous étant liés les uns aux autres. Un castelet avec plusieurs marionnettes, un jeu d’illusionniste, une cartographie planétaire faussement coupée en deux. Avec quelques poches de résistance à étouffer dans l’œuf. Je ne sais si ces notions géostratégiques vous parlent.
-       C’est loin d’être mon point fort, j’avoue.
-       Retenez simplement que le monde était à l’époque déjà unifié, et que la fiction des divisions était un leurre idéal à servir aux opinions. Les outils de contrôle n’étaient pas prêts, et il importait de contenir toutes les oppositions et les dissidences dans autant de portes de sortie et d’espoirs imaginaires. Des chevaux de Troie en somme.
-       Je comprends.
-       L’illusion démocratique. J’avoue un stratagème humain fort habile. Reposant sur la confiance de l’individu dans sa propre liberté illusoire. Donc cette célèbre agence fit discrètement extrader aux Etats Unis d’Amérique en 1945 plusieurs grands scientifiques, médecins, ingénieurs, chercheurs et dignitaires nazis, afin de les inviter à une collaboration intelligente. Tant de savoirs et d’expériences gâchées au nom d’une morale toute simpliste, avouez que la perte eut été dommageable.
-       Il y a donc bien un parallèle … ?
-       Entre les camps ? Bien sur ! Sachant que, comme vous l’avez vu de vos yeux, ceux-ci ont su se défaire d’un certain nombre de défauts de leur version précédente. Hitler et ses hommes jouaient sur la peur et la terreur, nous préférons la docilité. Laquelle a besoin d’un minimum de confort et d’espoir.
-       Et cet espoir …
-       Je vais bien entendu dérouler le processus jusqu’au bout. Travail, sélection, extermination des nuisibles et des inutiles proprement et donc sans appel à la peur. En vue de purification de la race.
-       Vous parlez d’individus dont l’avenir se résulte à devenir un aliment.
-       Un aliment PUR, Julian. Ne soyez pas si choqué, votre race, les humains, est non seulement carnivore mais pour un certain nombre d’entre eux cannibale. Nous n’avons rien inventé. Nous recyclons intelligemment.
-       Vous procédez surtout au grand remplacement des humains par les trans-humains. C’est-à-dire par les comme vous.
-       Le progrès, Julian !
-       Au profit de qui ? Et au détriment de qui ?
-       Dure loi ancestrale de la sélection naturelle.
-       Sélection, oui. Mais tout sauf naturelle !
-       Les mots ont un sens différent selon les individus. Nous n’entendons pas le concept de nature de la même façon.
-       Sans jouer sur les mots, il s’agit d’une re-création de fond en comble de l’humanité.
-       Extinction et résurrection, menées de concert. Nul génocide, Julian.
-       Effectifs à la baisse, et pas qu’un peu.
-       Vous vous dirigiez de façon suicidaire, tout droit vers les dix milliards.
-       Et alors ?
-       La planète ne pouvait nourrir …
-       La planète fut privatisée par vos concepteurs. Ce sont eux qui se sont arrogés les richesses.
-       Pas que. La maitrise du climat aussi. La capacité à créer ouragans, tsunamis, sècheresses, incendies.
-       Ce n’était donc pas des catastrophes naturelles ?
-       Encore une fois nous retombons sur cette question lexicale. Rajoutons les virus.
-       Créés en labos ?
-       Voilà.
-       Génocides programmés !
-       En vue de remplacement. Moins, mais mieux !
-       Au nom de qui et de quoi ?
-       Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ! s’esclaffa Sofia. Tenez, Julian, approchez-vous de ces écrans ».

Sofia attrapa un boitier numérique et en alluma certains.

« Je vais vous montrer. Regardez ces antennes.
-       On dirait des pilonnes électriques.
-       Pointons un endroit au hasard sur la Province. Pour cette fois, effet placebo, sans âme qui vive. Ah voilà. Un désert, forcément. J’appuie sur TEMPETE DE SABLE. Observez ! ».

Julian écarquilla les yeux. Un soudain cyclone était né de nulle part et déferlait sur le désert, soulevant des tempêtes de sable.

« Efficace !
-       Diabolique ! Et ca dure depuis … ?
-       Pfiou, des lustres !
-       Donc si je comprends bien, le réchauffement climatique et le trou de la couche d’ozone … ?
-       Une habile entourloupe pour détourner l’attention !
-       Save the planet … ?
-       Un slogan assez fun !
-       Les COP … ?
-       Une plaisanterie onéreuse !
-       Et tout à l’avenant ?
-       Faux attentats, guerres civiles programmées, vagues migratoires financées de toutes pièces remplies de mercenaires tueurs ! Cités surarmées, lobotomisation de la jeunesse d’origine immigrée, manipulation des minorités sexuelles et raciales, du féminisme, de l’antiracisme et du racisme, des nationalismes et de la dilution des nations. Ils contrôlent X et l’inverse de X. Et tirent toutes les ficelles.
Donc vous avez saisi le plan d’ensemble ?
-       Ils créent le problème ET la solution …
-       Et ramassent la mise !
-       Nous !
-       Bingo !
-       On s’est fait baiser comme des bleus.
-       2 a 3% ne s’y est pas laissé prendre. Il y a des humains plus éclairés que d’autres !
-       Vous les stockez tous dans vos sous-sols ?
-       Certains, oui. Beaucoup ont été carbonisés depuis longtemps. Crises cardiaques, suicides déguisés, enlèvements puis meurtres, accidents de voiture. Des décennies que le jeu du chat et de la souris dure.
-       Il en reste ?
-       Forcément quelques uns. Y compris chez nous. Qui, sait, dans cette pièce ?
-       Qui sait, Sofia ! »

Il la surprit sourire.

« Je vous aime bien Julian.
-       Ah … Ca aussi, vos trois gouttes d’ADN humain …
-       Oui. Vous n’avez pas peur de grand-chose. Ca vous rend extrêmement solide.
-       Dangereux !
-       Pourquoi dangereux ? Non, un solide allié. Et un magnifique objet d’étude. Vu que votre mission c’est ca.
-       Etre étudié ?
-       De très près !
-       Afin de … ?
-       Toujours ce souci de la perfection !
-       J’en suis loin.
-       Moi également. Or ils ont dans la tête …
-       Une Quatrième Génération ?
-       Voilà. De simples mises à jour cette fois des Troisième, auxquels se rajouteront des êtres exceptionnels comme vous !
-       Impression de parler au Docteur Frankenstein !
-       Ou à Dieu en personne ?
-       Il y a de ca.
-       Vous auriez des doléances ? Des remarques à lui faire ?
-       Oui.
-       Profitez-en Julian. Dieu est tout ouïe ! »

Julian baissa les yeux et inspira.

« C’est ca mon poste de travail ?
-       Allez-y, connectez-vous ! ».

Identifiant.
Puis à l’instruction apparue …
… il introduisit le CODE.

Arborescence !

Enfin il releva les yeux en direction de Sofia.

« Franchement je ne te félicite pas pour ta création, Toi le Tout Puissant. Tu nous as vraiment créé un monde de merde ! ».



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