vendredi 14 février 2020

NEOM - chapitre 42



Il rejoignit son appartement vers vingt-heures épuisé, après toute une journée à découvrir l’ensemble des services fonctionnels et de contrôle de Mantra. Beaucoup à assimiler en peu de temps, avec Sofia constamment dans les basques, impossible de souffler.

Il s’affala sur le canapé, commanda une bière puis deux, refusa le repas. Pas grave, la bière ça nourrit, picolons pour une fois se dit-il. Besoin, plus que recharger les batteries, digérer ces horreurs, me familiariser avec ce qui va advenir pour y mettre la bonne distance.

« Vous ne pouvez rien y faire Julian.
-       Je suis pris au piège, la voix !
-       Vous êtes dans un labyrinthe dont vous découvrez les rails au fur et à mesure. Mais vous avancez !
-       Cette mission est … Ecœurante ! Je suis sur qu’ils me testent !
-       Plus que probable ! Bon, au fond vous faites un job. Si ce n’était pas vous …
-       C’est plus qu’un job, c’est de l’inquisition ! Avec ça, la seule bonne nouvelle, c’est que quoi que je fasse après mon âme est damnée. Et que je partirai aux cotés d’Ali.
-       Rien n’est jamais sur ou acquis. Une séparation sur la ligne d’arrivée peut signifier une authentique césure. Ou au contraire …
-       Que voulez-vous dire ?
-       Aux enfers chacun est seul. Au paradis une âme peut voguer ou elle veut puis revenir.
-       Seule !
-       Oui mais …
-       Je l’aurai visité, la belle affaire !
-       Bien, Mal, Enfer, Paradis. Bien faire, mal faire. Un mal pour un bien, l’enfer pavé de bonnes intentions. Pas simple la vie, Julian !
-       A qui le dites-vous !
-       Ca vous change de vos programmes informatiques et de vos équations.
-       Bref je fais quoi ?
-       Ce que vous avez à faire !
-       D’ici à ce qu’ils aient prévu un attirail de torture et me le collent sous le nez in extremis.
-       Ils ne vous demanderont jamais de vous salir les mains.
-       Non en effet, mais assister à mes propres sentences. Ca leur ressemble tant ! Strogler, souvenez-vous !
-       Oui.
-       Pourquoi ?
-       Pourquoi grandir Julian ?
-       Pourquoi vivre ?
-       Pour pouvoir entre autres répondre à la fin à cette question essentielle. Celle du sens. Celle de l’essence.
-       L’essence …
-       La part divine de l’essence !
-       L’autre aussi ?
-       L’une ne va jamais sans l’autre. De même que l’ombre sans la lumière. Mais …
-       Mais quoi … ?
-       La lumière en soi peut se passer de l’ombre, et le bien du mal. C’est cela, ce que nous vivons. Une purification énergétique passant par des phases …
-       Où l’on plonge la tête dans la boue !
-       Vous avez Ali, Julian.
-       Certes.
-       Le bien donc …
-       Depasse le mal il est vrai. Mais voyez. Je vis une vie privée idyllique et une vie professionnelle cauchemardesque.
-       Feriez-vous des cauchemars ?
-       Non !
-       Alors cet adjectif est une pose.
-       Ce qu’ils me demandent …
-       Ils demandent au conducteur d’effectuer des taches précises. Le voyageur intérieur, lui, fait strictement ce qu’il veut. Simultanément. A vous de savoir vous situer sur le bon canal, Julian.
-       Donc ?
-       J’ai tout dit ».

Julian avala la dernière gorgée de sa seconde bière. Puis vit le second cellulaire, celui qu’Ali lui avait confié, vibrer.

« Ça va ?, demanda l’écran.
-       FAME.
-       Ah !
-       J’y vais demain.
-       OK.
-       Interroger.
-       Ah !
-       Tu vois ?
-       Très bien. Pas de panique !
-       Glauque !
-       Pas qu’un peu ! Mais pas la mort.
-       Si ! Justement !
-       Sauve les âmes, Julian !
-       Comment ?
-       Tu sauras chéri. Je te fais entièrement confiance ! Tu fais quoi, là ?
-       Je picole.
-       Bourre toi la gueule, va vomir, et au lit !
-       Bon plan !
-       Je t’aime.
-       Moi aussi ».



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